Les choses mêmes. La pensée du réel chez Aristote, Edition revue et corrigée
Romeyer-Dherbey Gilbert
ENCRE MARINE
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EAN :9782350881966
Quand on lit Aristote dans son texte, on est frappé par la fréquence du retour d'expressions comme "la science de la chose" , "à partir de la chose elle-même" , "dans la nature de la chose" ; les physiciens présocratiques n'ont pu deviner l'essence, dit Aristote, que parce qu'ils ont été "poussés par la chose elle-même" . Si ce retour insistant ne se manifeste pas toujours dans la version française du texte, c'est parce que le terme grec de pragma/? ??? ? ? recueille en lui tout un faisceau de sens que la traduction fait éclater en termes distincts : ??? ? ?? se traduit par chose, mais aussi par cause, au sens juridique du terme, et par affaire. ??? ? ?? recouvre donc le champ des choses naturelles, mais aussi celui de la politique ; qui est l'affaire de tous et la cause d'un chacun, et que les Anciens nommaient "affaires communes" et "chose publique" . Ce sens anthropologique s'est oblitéré de nos jours, si bien que la signification de ??? ? ?? est beaucoup plus large que celle du vocable moderne de chose. La largeur du champ de ??? ? ?? invite à faire porter l'analyse sur l'ensemble de l'oeuvre d'Aristote. Sous son aspect négatif d'abord, avec la critique de là sophistique et du platonisme ; sous son aspect positif ensuite, tel qu'il se déploie en trois perspectives essentielles : la relation de l'homme aux choses par la connaissance ; la nature propre de la chose concrète telle qu'elle subsiste par soi dans la nature ; la réalité politique, qui certes est l'oeuvre de l'homme, mais qui aussi subsiste à l'extérieur de lui dans la Cité d'une manière autonome comme ré-publique. On sait que les textes publiés par le Stagirite ont été perdus, et que le Corpus est constitué de notes de cours rédigées à des époques différentes. C'est dire que le philosophe méditant les écrits d'Aristote ne peut faire l'économie de considérations philologiques, lesquelles ne sont pas ici surcharge érudite mais font corps avec l'interprétation. Ainsi, l'étude précise de l'évolution d'Aristote dans sa théorie du sentir éclaire la genèse du traité De l'âme et invite à reconsidérer le problème de la date de sa rédaction. On résume souvent par le mot de "réalisme" l'inspiration de la pensée d'Aristote, réalisme "naïf" ajoutent certains naïfs pour désigner une pensée parfaitement au fait de ses présupposés. Mais si le réalisme se définit comme visée du réel, il se trouve affecté d'une énorme ambiguïté puisque la réalité est ce que tente d'exprimer toute philosophie. Une inspiration philosophique va donc se caractériser par le lieu particulier où elle invente de situer ce réel énigmatique ; si Aristote ramène la philosophie du ciel sur la terre c'est parce que, refusant de voir ce réel dans un monde idéal séparé, il veut lire l'essence dans les choses de ce monde, les ??? ? ??? ? . Le recours ici fait, à travers la pensée d'Aristote, au sens ancien de ??? ? ?? vise à revaloriser la notion de chose, à lui redonner l'ampleur qu'elle a perdue en se bornant à désigner de nos jours l'objet simplement inerte.
Nombre de pages
438
Date de parution
15/04/2022
Poids
760g
Largeur
170mm
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EAN
9782350881966
Titre
Les Choses mêmes. La pensée du réel chez Aristote
Auteur
Romeyer-Dherbey Gilbert
Editeur
ENCRE MARINE
Largeur
170
Poids
760
Date de parution
20220415
Nombre de pages
438,00 €
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Résumé : Comme il y a des poètes maudits, il y eut des penseurs maudits, et ce furent les sophistes. Le nom même de "sophiste", qui signifie "savant", détourné de son sens originel, est devenu synonyme de possesseur d'un savoir faux et trompeur. Aristote, en suivant le verdict de son maître Platon, désigna le sophiste comme "celui qui a de la sagesse l'apparence, non la réalité". Ne convient-il pas aujourd'hui, avec un simple désir de vérité historique et scientifique, de plaider pour les sophistes ? A travers les figures de Protagoras, Gorgias, Thrasymaque, Critias et d'autres, cet ouvrage s'attache à faire revivre la vie et l'oeuvre de ces penseurs itinérants qui inaugurèrent le statut social de l'intellectuel moderne.
Comme il y a des poètes maudits, il y eut des penseurs maudits, et ce furent les sophistes. Le nom même de « sophiste », qui signifie « savant », détourné de son sens originel, est devenu synonyme de possesseur d'un savoir faux et trompeur. Aristote, en suivant le verdict de son maître Platon, désigna le sophiste comme « celui qui a de la sagesse l'apparence, non la réalité ». Ne convient-il pas aujourd'hui, avec un simple désir de vérité historique et scientifique, de plaider pour les sophistes? À travers les figures de Protagoras, Gorgias, Thrasymaque, Critias..., cet ouvrage s'attache à faire revivre la vie et l'oeuvre de ces penseurs itinérants qui inaugurèrent le statut social de l'intellectuel moderne.
Le commencement est un dieu qui sauvegarde toutes choses" disait Platon, et tel est bien le commencement grec de la pensée. Mais l'on a trop tendance à situer ce commencement dans des temps reculés, alors que sa sauvegarde ne cesse de nous accompagner au cours du temps, qu'elle investit notre présent, et tout aussi bien nous aide à dessiner notre futur. Ainsi la parole de l'origine est-elle semblable à celle de la Sybille d'Héraclite, dont la parole prophétique portait à des millénaires... Cette parole qui, si nous l'écoutons, peut former encore notre destin, ce livre tente d'en restituer quelques messages, qu'il s'agisse de l'ontologie et de la théologie, de la causalité et de la finalité, de l'éthique et de la politique, de l'art enfin, et même de l'art d'être homme.
Le concept hugolien de littérature et de philosophie mêlées, ici mis à l'épreuve, affirme l'existence chez les auteurs littéraires, sous forme non didactique et non systématique, d'une vision du monde, d'une interprétation personnelle, profonde encore qu'implicite, de questions métaphysiques fondamentales : le temps, le réel, l'amour, la subjectivité, la vie et la mort... Par leur génie expressif et par les ressources de l'art, les prosateurs et les poètes présentent à nos yeux et nous font aimer des vérités qui, sans eux, resteraient peut-être cachées au fond du puits, tant il est vrai, comme le notait Platon, que la beauté seule a ce privilège d'être ce qui éclate le plus au regard, ce qui éveille le plus le désir.
2 volumes sous coffret vendus non séparément Tome I Clémence Ramnoux consacra sa vie entière à l'étude et à la sémantique des penseurs présocratiques comme Héraclite, Empédocle ou Parménide, afin de remonter aux sources de la philosophie. Pour ce faire, elle élabora une méthode de recherche interdisciplinaire, redevable de l'histoire des religions, de la philologie, de la philosophie et de la psychanalyse. Dans ce premier volume se trouvent rassemblés les trois premiers ouvrages (La Nuit et les enfants de la Nuit dans la tradition grecque, Héraclite ou l'homme entre les choses et les mots, Mythologie ou la famille olympienne) de cette grande helléniste qui font toujours autorité. A chaque fois l'auteur a proposé de nouvelles traductions des textes présocratiques. Clémence Ramnoux n'étudie pas seulement l'évolution du mythos au logos, en s'attachant à démontrer le passage du nom des puissances divines à l'abstraction philosophique, elle s'est également intéressée aux fragments d'Héraclite en proposant une lecture non plus fondée selon la division traditionnelle - cosmologie, anthropologie, logique - mais sur une nouvelle méthode de groupement des formules de mots. Dès lors, elle éclaire les fragments d'Héraclite, en se mettant à l'écoute des mots, de leurs jeux, de leurs résonances, de leurs échos pour les entendre philosophiquement et les comprendre dans leur unité, nous faisant oublier le surnom que la tradition lui donnait : "Héraclite l'Obscur" . Dans sa présentation, Rossella Saetta Cottone dit la dette immense de la recherche française envers Clémence Ramnoux qui a su dépasser les clivages disciplinaires pour aborder une question capitale de notre culture comme celle de la naissance de la pensée rationnelle. Tome II Dans ce second volume consacré essentiellement aux études présocratiques, Clémence Ramnoux reconnaît l'apport de Nietzsche en montrant que le retour aux sources archaïques permet de comprendre comment de l'éloignement progressif des dieux vont naître les commencements de la philosophie. Cette dernière se détachera peu à peu du mythe (encore largement présent chez Platon), pour faire émerger la pensée abstraite, toujours en mutation, fille adultérine de la pensée archaïque. C'est à l'aune de ces rencontres agonistiques entre penseurs anciens que la philosophie s'affirmera. Dans une suite d'articles sur les présocratiques, on découvre ce glissement du mythe à la pensée rationnelle, déjà en germe avant Socrate. Avec la traduction commentée du Poème de Parménide, l'auteur montre l'importance de la transmission des textes anciens dont il faut aussi savoir faire une étude critique. Un choix d'articles peu connus, jusqu'alors dispersés et difficilement accessibles, permet de mieux comprendre les relations complexes - à la fois complices et novatrices - de Clémence Ramnoux avec la pensée contemporaine, notamment avec la psychanalyse et avec la philosophie de Bachelard. Cette nouvelle édition en deux volumes des oeuvres majeures de Clémence Ramnoux, entièrement revue et corrigée, est enrichie d'une Table de concordances des fragments orphiques, d'un Index des sources, d'un Index général, d'une Bibliographie raisonnée des oeuvres citées par l'auteur et d'une Bibliographie de ses oeuvres et des articles qui lui ont été consacrés.
D'abord, les noms ont été réservés à l'appellation des personnes, les mots à celle des choses. Surtout, deux théories ont été écartées: celle qui voit dans le mot le reflet de la chose (l'onomatopée) - une reprise du cratylisme - et Ille qui tient le mot pour né dans l'arbitraire (le n'importe comment, à la suite d'une convention). A l'opposé, est soutenue la théorie d'une inséparabilité du mot et de chose, mais aussi est analysé le pouvoir du mot d'élever et d'essentialiser ce qu'il indique. Dans cette hypothèse, deux questions s'imposaient: comment alors expliquer la création de ce mot (l'onomaturgie)? Est-il possible, ensuite, d'en arriver à une science du mot et sur quelle base fonctionnera-t-elle (une épistémologie a minima)? A la fin, on s'interroge sur le sigle, l'éponyme, le bilinguisme. On répond même à la question: A quoi sert pareille analyse? Biographie de l'auteur François Dagonet, philosophe, a enseigné dans plusieurs lycées, puis à la Faculté des Lettres de nm, enfin, à celle de Paris 1-Sorbonne.
Paulina Luz aurait pu demeurer la célibataire neurasthénique embarrassée par cette psychose ménagère dont Freud nous parle. Mais son ambition réprimée, son sacrifice au profit du garçon dernier-né, n'avait plus de sens dès lors que celui-ci était donné pour mort. La seule solution était la mort propre, la mort définitive du dire, un délire si pauvre qu'il n'intéressait même pas les psychiatres réunis à son chevet. Elle deviendra la proie et l'emblème de la psychiatrie moderne du xxe siècle. Rien ne sera épargné pour la soigner : des vitamines, des comas, des chocs douloureux jusqu'à l'insupportable, la chirurgie salvatrice, les neuroleptiques enfin... Rien ne sera épargné, rien ne conduira à la rémission de son mal. Seule son agitation sera réduite, mais au profit seulement d'une vie plus calme pour les autres : elle restera ainsi jusqu'à sa mort, sans que son rebut puisse trouver un désir pour s'accrocher au monde, un petit rien pour décoller du théâtre de sa terreur. L'histoire de Paulina Luz, femme universelle, aux prises avec la psychiatrie moderne de son siècle, vaut en elle-même pour les archives du c?ur et de la mémoire. Mais elle sert aussi pour éclairer cette autre modernité : ces cent ans à venir qui compromettent le destin de nos désirs derrière les affirmations péremptoires de la science, de l'image, de l'évaluation et de la ségrégation par le " handicap ". Dans notre siècle à nous, tout peut se dire jusqu'à l'obscénité. Pourtant, ce dire déshabité, communicationnel, publicitaire, épris de croissance et de mondialisation, ennemi de la saveur vernaculaire des dialectes, fait pendre comme un pantin, un corps " machinique " schizophrène, machinal, hygiénique, ausculté, biologique et neuronal, sacrifié en ADN sur l'autel de l'idolâtrie génétique.
La Puissance de la vie : ainsi pourrait être nommée "l'intuition philosophique" de Jean-Marie Guyau, et ainsi déclaré que c'est bien la philosophie morale qu'il faudrait placer au centre de cette oeuvre pour la comprendre et en juger, au centre de la nébuleuse de questions que nous-mêmes, modernes, pouvons encore nous poser sur nous-mêmes et sur l'avenir. Il s'agit donc d'offrir dans ce livre la première interprétation systématique de l'ensemble d'une oeuvre malheureusement délaissée, mais aussi de faire pièce à la "volonté de puissance" , et encore d'offrir aux contestations contemporaines du repli du "bien" sur le seul "juste" la proposition d'une philosophie de l'amour sans idéalisme ni prophétisme comme base d'une pensée morale conséquente. L'analyse de la belle Esquisse de Guyau à la lumière de toute son oeuvre révèle, au croisement du darwinisme, de la psychologie des profondeurs et de l'impératif de généalogie, une philosophie audacieuse et féconde, riche de perspectives pour qui veut penser les problèmes moraux de la vie ordinaire.