La plupart des habitants d'un pays développé ne sait pas d'où vient l'eau qui coule au robinet, où partent les déchets jetés à la poubelle, quels types de sols sont sous nos pieds, quand est la prochaine pleine lune, quand planter quels légumes, quel oiseau chante le matin à nos fenêtres. Parler de biorégion, c'est se demander où et avec qui nous vivons en ce sens large, pour réapprendre de ces lieux où nous sommes et pour cohabiter avec d'autres vivants. Une biorégion, c'est un lieu de vie où toutes les parties prenantes s'efforcent de vivre ensemble de façon pérenne. En repartant des bassins- versants, des microclimats, des types ou de sols, de la vitalité de la faune et de la flore, nos territoires habituels se redessinent. Une introduction au biorégionalisme, un mouvement qui nous invite à réhabiter la Terre.
Le texte part du constat que ni le savoir ni même la prise de conscience environnementale ne suffisent à déclencher l'action, et propose de dépasser les impasses binaires et culpabilisantes pour poser frontalement la question de l'agir, en invitant la science à ne pas seulement documenter le désastre, mais aussi à identifier concrètement ce qui doit être fait - et ce qui ne doit plus l'être. En ciblant des projets dévastateurs à abandonner et en articulant savoir et pouvoir, il offre une alerte d'un nouveau type, plus opératoire que déclarative, en confrontant chacun à sa puissance d'agir et en transformant l'écoanxiété en clarification des responsabilités et des actions possibles, ici et maintenant.
Au travers d'une enquête qui nous mènera de la philosophie à l'architecture en passant par la critique sociale et l'écologie, l'auteur revient sur les différents concepts du mot " habiter " et les récupérations politiques qui peuvent en découler. Sa critique de l'habitabilité est aussi la critique d'un système capitaliste ethnocentré qui pense pouvoir imposer sa vision culturelle polarisée de la vie humaine sur terre et de sa valeur. Cet essai nous montre qu'il existe mille et une manières d'habiter le monde et de le penser. Il nous invite à " décoloniser notre imaginaire " selon la formule de Serge Latouche et à prendre en considération notre manière " d'être en commun ".
Rollot Mathias ; Guérant Florian ; Gauzin-Müller D
Habiter a toujours été une préoccupation majeure. Ce recueil collectif cherche à faire apparaître quelques-unes des manières qu'ont architectes, urbanistes, paysagistes, artistes, designers, chercheurs, philosophes ou historiens d'être force de proposition en la matière. Nombreuses sont les interrogations, tant les situations sont multiples et particulières selon leur implantation... De ces systèmes et de leurs logiques de rendement économique à courte vue résultent des villes sans âme, se dégradant rapidement, véritables désastres écologiques et financiers, niant l'esthétique et le ""vivre ensemble". Quelles expérimentations, quelles réflexions permettent aujourd'hui d'imaginer des issues aux problématiques écologiques, politiques, sociales, voire philosophiques, engendrées par l'omniprésence d'un habitat uniforme qui se répercute tant dans les banlieues que dans les villes nouvelles ? Refuser les modèles existants ne peut aller sans proposer des solutions concrètes vers des ailleurs plus soutenables écologiquement, mais aussi humainement parlant. Cela ne peut se faire qu'en retrouvant une alliance créatrice entre experts et habitants, une harmonie entre l'autonomie des habitants et la valorisation des compétences architecturales. Il s'agit de créer de nouvelles manières de "faire avec" les lieux, les habitants et les habitudes en place pour porter un nouveau regard sur les paysages et les identités qui composent notre habitat par-delà les frontières du simple logement ; de faire en sorte que nous puissions nous emparer de la ville pour nous en restituer toutes les facettes, tous les secrets.
Sens des lieux, biorégionalisme, bouddhisme zen, humanités écologiques... : plus la pensée écologiste se développe, et plus l'oeuvre de Gary Snyder apparaît comme prophétique. Cette oeuvre fertile est indissociable d'une vie marquée par la sortie du système social, culturel et économique occidental. Grâce à sa proximité sensible et théorique avec Snyder, Kenneth White restitue ici les grandes lignes d'un destin où les motifs biographiques se mêlent aux motifs poétiques et politiques.