Longtemps, on a entendu que la " création " est une affaire d'hommes : que les femmes sont lectrices ; spectatrices, amatrices, mais non point créatrices, ou alors à titre d'exception comme Labé, Vigée-Lebrun, Colette. Après presque trente ans de recherches féministes, nous savons que malgré la multiplication des exceptions durant le dernier demi-siècle, les conditions historiques seules n'expliquent pas les obstacles rencontrés, l'absence des femmes dans certains arts ou le manque de postérité de leurs œuvres. Devant cette résistance à la création féminine, nous avons réalisé que les champs de la culture ne sont remplis d'hommes (de certains hommes) que parce que des idées bien établies leur permettent de s'y croire attendus, des réseaux de s'y établir, des mécanismes de s'y imposer et des institutions d'y survivre et d'y faire perdurer leur mémoire. La plupart du temps, les femmes ne bénéficient que faiblement, voire pas du tout, de ces supports qui font la légitimité des créateurs. Et pourtant elles créent. Certaines, en connaissance de cause ; d'autres, dans l'ignorance ou le mépris de ces contingences ; et d'autres encore, dans l'illusion du " temps venu " de l'indifférence des sexes. Les différentes contributions proposent un éclairage sur ces questions de légitimité (ou son absence) pour les femmes écrivains et les femmes artistes, des pionnières des Beaux-Arts au cinéma de l'après-guerre.
Nombre de pages
165
Date de parution
28/05/2007
Poids
188g
Largeur
135mm
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EAN
9782296035126
Titre
Genre et légitimité culturelle. Quelle reconnaissance pour les femmes?
On entend souvent que la visibilité des homosexuel-le-s s'est accrue dans les fictions télévisées françaises depuis une douzaine d'années, en particulier depuis l'automne 1998 avec la couverture médiatique du Pacs. Peut-on pour autant réellement parler de changements ou d'évolution ? Cet ouvrage propose une analyse culturelle de la télévision hertzienne. L'un de ses objectifs premiers est de repérer et d'étudier les constructions (télé)visuelles des homosexuel-le-s et de l'homosexualité dans les fictions des dix dernières années afin d'évaluer l'ampleur des modifications. L'étude porte principalement sur les stratégies narratives à l'œuvre ; elle identifie non seulement les différents moyens par lesquels cette visibilité croissante se manifeste, mais également les possibles stratégies idéologiques implicites ou explicites de ces fictions. Cet ouvrage s'adresse aux chercheur-se-s, enseignant-e-s et étudiant-e-s en communication. Néanmoins, son approche, inédite en France, intéresse aussi les spécialistes et amateurs d'histoire culturelle et d'histoire des mentalités et des sexualités ainsi que celles et ceux qui cherchent à comprendre les spécificités d'un média de masse et ses liens avec l'histoire de la France contemporaine, dans une perspective plus sociologique.
Qui se souvient aujourd'hui de Jacqueline Audry (1908-1977), réalisatrice de seize longs métrages entre 1946 et 1969, ce qui en fait sans doute la femme la plus prolifique de l'histoire du cinéma français ? Dans cette période de l'après-guerre où elle débute derrière la caméra, "creux de la vague" d'un féminisme peinant à surmonter le retour de bâton qui suit la Libération, elle adapte notamment Colette, Sartre et Victor Margueritte, dans une démarche féministe étonnante vu le contexte idéologique de l'époque. Son parcours est exceptionnel au sein d'une industrie cinématographique française qui connaît de nombreuses mutations, du cinéma des années trente à celui de l'Occupation, de la "tradition de qualité" sous la Quatrième République à la Nouvelle Vague et l'émergence d'un cinéma "au masculin singulier" sous la Cinquième. Rompant avec la traditionnelle trinité "l'homme, sa vie, son oeuvre", cet ouvrage veut ancrer son parcours dans ces contextes spécifiques, évaluer la part du collectif dans l'individuel, prendre un itinéraire singulier comme révélateur d'une histoire plus vaste, des débuts du septième art à nos jours. Grâce aux outils et théories issus des Cultural et Gender Studies entre autres, ce livre propose une démarche intellectuelle originale et offre de nouvelles perspectives sur les films et son auteure, les genres cinématographiques et leurs personnages, les questions de réception, de transmission et de postérité.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Cet ouvrage aborde un sujet crucial pour les économies modernes à une époque où les échanges commerciaux internationaux se multiplient et où les frontières économiques deviennent de plus en plus pénétrables. Le texte met en lumière les enjeux complexes de la régularisation du commerce mondial, tout en proposant des pistes de réflexion pour adapter les pratiques douanières à ces nouvelles réalités. La réflexion de l'auteur est profonde et bien documentée, tant dans les recherches que dans les analyses. Le lecteur y est amené à réfléchir aux nouvelles stratégies à mettre en place et à comprendre les spécificités du caractère douanier.
La pensée de Dostoïevski a joué un rôle essentiel de charnière entre la philosophie rationaliste héritée de Descartes et les développements de la philosophie au XXe siècle. Elle part d'une réflexion critique sur le cogito cartésien, dans Crime et châtiment ; puis elle pose, dans L'Idiot, la question de l'être, d'une manière qui a profondément influencé la conception de l'ontologie de Heidegger - cette étude est historiquement la première qui démontre cette influence ; et enfin, dans Les Frères Karamazov, Dostoïevski développe la notion de "visage" , qui nourrira toute l'ontologie de Levinas.
L'histoire se raconte souvent au rythme des batailles. Pourtant, une autre trame la traverse : celle de la médiation, art de dépasser le conflit sans violence, pour préserver la cohésion du groupe. Des premiers rituels collectifs aux dispositifs contemporains, elle apparaît comme une fonction vitale : transformer l'affrontement en parole, organiser l'écoute, restaurer l'équilibre, éviter l'escalade. Une question anthropologique et politique est posée dans laquelle deux logiques s'opposent et se complètent : la contrainte (avec les lois, les sanctions, les institutions) qui protège mais peut aussi opprimer, et l'autonomie (avec la maîtrise de soi, la responsabilité) qui libère mais peut vaciller face aux passions. La médiation ouvre un espace intermédiaire : un tiers accompagne, les parties restent actrices, et la solution devient une justice partagée plutôt que subie. En cinq parties, ce livre suit la médiation à travers les sociétés premières, l'Antiquité, les mondes religieux, la modernité juridique et politique, puis dessine les enjeux actuels. Un fil rouge relie ces parties : comment apprendre à vivre ensemble en transformant la contrainte en responsabilité et la liberté en dialogue.