Pourquoi le roman ? En posant cette question au seuil de son livre, Marthe Robert installe d'emblée son lecteur au coeur d'un des problèmes les plus mystérieux de toute la littérature. Quelle est la force obscure qui pousse les hommes à raconter des histoires ? Aucune des définitions données jusqu'à présent pour expliquer un genre à la fois si universel et si disparate n'étant satisfaisante, Marthe Robert prend pour point de départ le texte célèbre de Freud sur " le roman familial des névrosés " pour démontrer - avec des arguments purement littéraires - que tout roman a pour origine le même besoin de bousculer l'ordre des choses, de changer la vie, qui entraîne le petit enfant à se rêver des parents imaginaires meilleurs, plus forts et plus beaux que sa famille réelle.Du conte de fées et du feuilleton populaire aux plus hautes créations littéraires, le héros romanesque est toujours soit l'Enfant trouvé, qui refait le monde à sa guise, soit le Bâtard, qui cherche à imposer sa volonté au monde. Ou plutôt, l'Enfant trouvé et le Bâtard sont indissolublement liés dans toute figure romanesque, car ils reflètent les deux exigences contradictoires mais simultanées du romancier, l'exigence " romantique " et l'exigence " réaliste ", la nostalgie du Paradis perdu et l'ambition conquérante. Selon que l'une ou l'autre de ces exigences se montre la plus forte, on a soit les romanciers de " l'autre côté ", les Cervantès et les Defoe, soit les romanciers de " tranches de vie ", les Balzac et les Flaubert, mais tous, quels qu'ils soient, secrètement écartelés entre le refus scandalisé du monde et le désir d'un bouleversement réparateur.Ce résumé très grossier ne saurait rendre l'admirable complexité des analyses de Marthe Robert. C'est tout le paysage romanesque qui change insensiblement sous nos yeux, une nouvelle histoire du roman qui s'écrit, une nouvelle méditation sur l'éternel rêve humain qui se poursuit sans faiblir dans ces pages.
Nombre de pages
368
Date de parution
03/10/1988
Poids
418g
Largeur
133mm
Plus d'informations
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EAN
9782246159711
Titre
ROMAN DES ORIGINES ET ORIGINES DU ROMAN
Auteur
Robert Marthe
Editeur
GRASSET
Largeur
133
Poids
418
Date de parution
19881003
Nombre de pages
368,00 €
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A strictement parler, il n'y a que deux façons de faire un roman : celle du bâtard réaliste, qui seconde le monde tout en l'attaquant de front ; et celle de l'enfant trouvé, qui, faute de connaissances et de moyens d'action, esquive le combat par la fuite ou la bouderie.".
En France, comme un peu partout dans le monde, Kafka a été l'objet d'innombrables spéculations et interprétations, souvent contradictoires. Il est devenu, en même temps que le chef de toute littérature "noire" ou d'avant-garde, un maître à penser, une sorte de philosophe déguisé en romancier et en poète. L'étude de Marthe Robert se propose de ramener l'attention sur l'aspect de cette oeuvre que les commentaires laissent généralement dans l'ombre : la technique du récit romanesque qui seule permet de saisir la pensée de Kafka dans le mouvement de son travail poétique.
Ce livre retrace l'itinéraire solitaire qui a conduit Freud à ses découvertes. Marthe Robert aborde sa vie et son ?uvre avec la sensibilité de l'écrivain et du critique. Elle réussit merveilleusement à nous restituer le Freud authentique - tel qu'il fut et tel qu'il vécut en son temps - tout en rappelant les influences littéraires qui ont modelé son style et formé sa pensée. Conçu initialement pour une série d'émissions à la radio, La Révolution psychanalytique s'adresse à un large public.
Comme je n'en finis pas de m'interroger sur la littérature et surtout sur les rapports exacts des choses écrites avec la vie, je me propose de consigner ici, dans une sorte de Journal non daté, les remarques et questions qui me viennent à l'esprit en relation avec ce que je lis, sans tenir compte du genre des textes ni même de leur qualité. Dans ce recueil que j'intitule {Livre de lectures}, par antiphrase, cela va de soi, car on n'y trouvera pas de ces modèles fournis par les anthologies, et encore moins les certitudes sur quoi se fondent les manuels, je n'envisage nullement de citer oeuvres et auteurs pour en faire la critique, fût-ce au sens scientifique et technique que le mot prend désormais pour nous, mais bien plutôt de relever au jour le jour ce que le fait littéraire a de flou, de fuyant et d'incompréhensible au fond sous ses airs rassurants de phénomène classé. Je veux en somme demander aux livres qui me sont tombés un jour entre les mains ce qu'il en est de la littérature en général, ce qui justifie son extraordinaire pouvoir social et de quel fonds mal exploré elle tire toujours sa satisfaction.
Depuis tant d'années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, la, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre". Séduite à l'âge de quatorze ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, Vanessa Springora dépeint, trois décennies plus tard, l'emprise que cet homme a exercée sur elle et la trace durable de cette relation tout au long de sa vie de femme. Au-delà de son histoire intime, elle questionne dans ce récit magnifique les dérives d'une époque et la complaisance d'un milieu littéraire aveuglé par le talent et la notoriété.
Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la première fois. Tel est le projet de cet album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié. Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l'appui et l'amitié d'Anne Goscinny, à ce "Roman des Goscinny" - un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny. Sa naissance, dans le Paris des années 20, au coeur d'une famille juive, exilée de Pologne et d'Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fuit les progroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L'enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René : le dessin, le rire, puis l'écriture. Catel nous emmène dans un voyage familial marqué par l'histoire, entre l'Amérique et l'Europe. Tandis que le jeune René cherche sa voie, lui le "paresseux contrarié" , une partie de la famille meurt dans les camps d'extermination. René part à New York, frappe à toutes les portes, dessine et vit dans la pauvreté avec sa mère. A Bruxelles puis à Paris, il trouvera peu à peu sa vocation : non pas dessiner, mais écrire, scénario, sketchs, histoires. Goscinny crée, avec Uderzo, le personnage d'Astérix, qui devient très vite célèbre dans le monde entier ; mais aussi le Petit Nicolas avec Sempé. Et il est le grand scénariste de Lucky Luke et de Iznogoud. C'est aux portes du "célèbre village gaulois" que s'arrête le premier tome du "Roman des Goscinny" : alternant avec force et tendresse des épisodes de la vie de "René" ; et ceux racontés par sa fille Anne à son amie - donnant une vérité, une drôlerie et une émotion à ce projet fondateur.
Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l'âge de 23 ans sous les aboiements d'une meute de chiens, il entame une vie d'exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir ajamis vraiment quitté Montréal. Après l'Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L'Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l'exil : est-ce une expérience aussi terrible qu'on le dit ? En revenant sur ce qu'on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l'esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! Le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : " Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage " . Si les exils ont leur part d'arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. De Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l'Amérique à l'Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d'autres.
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