Itapé et Sapukai sont les deux villages où se déroule et s'étend l'action de Fils d'homme, depuis l'époque du dictateur Francia jusqu'au milieu de notre siècle, après la terrible guerre du Chaco. Les habitants d'Itapé vénèrent un Christ lépreux planté au sommet d'une colline car l'église lui a refusé abri et protection. L'histoire de Sapukai est à jamais marquée par les rébellions agraires du début du siècle et par l'explosion d'un train chargé de dynamite dans la gare où attendaient civils et soldats. Cette parabole, qui embrasse un siècle d'histoire du Paraguay autour de trois personnages messianiques - Gaspar Mora, Casiano Jara, Cristobal Jara - et d'un narrateur ambiguë et traître, Miguel Vera, a pour centre et pour raison d'être l'homme paraguayen, crucifié chaque jour par l'inclémence humaine et chaque jour ressuscité à l'espérance. Bouleversant toute chronologie, lesneuf parties de ce roman, qui s'articulent selon un ordre non linéaire, sont autant de variations sur la résistance de l'homme à l'élimination physique et à la dégradation morale. Aujourd'hui publié dans une nouvelle traduction, fils d'homme demeure, depuis sa parution à Buenos aires en 1960, un des chefs-d'?uvre de la littérature latino-américaine.
Nombre de pages
370
Date de parution
01/01/1998
Poids
501g
Largeur
145mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782020220958
Titre
Fils d'homme
ISBN
2020220954
Auteur
Roa Bastos Augusto
Editeur
SEUIL
Largeur
145
Poids
501
Date de parution
19980101
Nombre de pages
370,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Avec Le Procureur, Augusto Roa Bastos nous emmène dans un univers où l'amour, paisible et transparent, est soudain détruit par les atrocités commises au nom de l'ordre, de la morale et de l'honneur. Longue et inquiétante lettre posthume qu'un journaliste paraguayen vivant en France, Félix Moral, adresse à sa femme. Chimène, ce livre du désir et de l'échec est tissé sur l'envers d'une dictature : l'exil. L'organisation d'un meurtre, d'un " tyrannicide " est le fil qui traverse le récit de Félix moral, tantôt Mémoires, tantôt hymne à l'amour, tantôt opérette absurde et sanglante. Le Procureur, né des cendres d'un premier manuscrit brûlé il y a plusieurs années, vient compléter le retable d'Augusto Roa Bastos sur la grande tragédie paraguayenne. Il reprend, en même temps que le thème du pouvoir absolu, le sujet qui hante toute l'?uvre de l'écrivain : la responsabilité de l'individu devant le monde et devant l'histoire.
Un homme fatigué, fugitif, rescapé de mille batailles, le corps et l'âme marqués de cicatrices douloureuses, tente de prendre le chemin de l'exil. Il est le seul survivant d'une tentative d'évasion dans laquelle les autres prisonniers ont péri ensevelis sous les décombres d'un tunnel. Il n'a pas de nom, pas de voix. Mais le train qui devrait le conduire vers la paix et le repos l'emporte dans un voyage initiatique vers la mort, vers la rencontre finale avec les fantômes de son passé et les haines ancestrales qui rongent son peuple. Augusto Roa Bastos, mêlant autobiographie et fiction, poursuit son grand cycle paraguayen avec ce roman porté par une émotion que la plume du maître ne rend jamais excessive mais qui, cependant, bouleverse.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...