Heidegger annonce, en 1927, que l'impropriété de toute existence effective, celle de la présence dans le monde, devrait toujours être reconnue comme la vérité de l'être de l'étant, cet être-dans-le-monde, cela qui y est jeté sans raison, sans raison transcendante s'entend. Parce qu'il est jeté dans le monde, et qu'est-ce que le monde? il s'interroge nécessairement sur la signification de sa présence. Cette interrogation est l'illusion transcendantale selon laquelle il se persuade qu'il est en lui d'appréhender l'absolu de l'être dont il participe. Voilà ce dont la phénoménologie analytique de Sein und Zeit entend débarrasser l'homme. Aussi s'agit-il de révéler ce que l'appropriation de l'impropriété de son existence, par l'être du monde séculier, dévoile: une appréhension, l'angoisse propre à l'existence de la présence inaboutie, qui se méconnaît et ignore son temps propre. Aussi Sein und Zeit est-il écrit sur le mode du sollen: ce qui doit être. Car cette présence est d'une façon obligée; elle est préoccupée, reçoit d'avance ce qui l'occupe; elle est de toute apparence fallacieuse; elle est passagère et par cette raison même destructrice de toute valeur, si la valeur est l'absolu, sans prédicat: ce qui vaut. La pensée contemporaine découle de cette tristesse: il n'y a rien d'autre à chercher. Ce il, qui précède le nous, est cependant l'imposture de notre civilisation.
Nombre de pages
291
Date de parution
12/11/2010
Poids
355g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296132894
Titre
Heidegger, l'être en son impropriété
Auteur
Riviale Philippe
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
355
Date de parution
20101112
Nombre de pages
291,00 €
Disponibilité
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Faut-il le rappeler ? La Révolution française dura dix ans, de 1789 à 1799. Loin d'être un lever de soleil - la " belle révolution " de 1789-1791 - suivi d'une irrésistible dérive, l'événement révolutionnaire épousa une ligne brisée où alternèrent abîmes et points culminants. La conjuration de Babeuf est un de ces points en ce qu'elle révèle la contradiction entre l'affairisme républicain issu de Thermidor et l'impulsion sans cesse renaissante de l'émancipation du peuple. Tombeau de Gracchus Babeuf où il importe de faire entendre la visée ultime propre au Tribun du peuple - ce que Charles Baudelaire appelait, à propos du babouvisme, " la suprématie de l'idée pure " -, ce livre met en scène les différents visages de ce personnage énigmatique, proche, à certains égards, du " promeneur solitaire ". Il rompt délibérément tant avec l'historiographie marxiste, qui faisait de Babeuf un précurseur du mouvement communiste, qu'avec la vulgate libérale, qui en fait soit un dément, soit un jacobin attardé ; à la fois anthologie des principaux écrits de Babeuf et commentaire raisonné de ceux-ci, il montre au contraire que, face à la glaciation de la Révolution, Babeuf eut pour vocation de rendre la parole aux opprimés et, dans le climat de liquidation du Directoire, de faire résonner de nouveau l'impératif du bonheur commun.
Dans cet essai l'auteur s'est donné pour tâche de dégager la leçon de Fichte. A suivre Philippe Riviale, Fichte serait le frère savant de Gracchus Babeuf : selon lui, ils partagent le même désir de faire venir la vie en nous, de dénoncer l'imposture de la civilisation marchande et de la propriété, fondées sur le déni du moi, tel qu'il est en son impulsion originaire.