Comment peut-on appeler des textes courts qui "ne s'ajustent véritablement à aucun genre, car ce ne sont pas des poèmes en prose, ni les pages d'un journal intime, ni des notes destinées à un développement ultérieur"? Julio Ramon Ribeyro décide de les appeler proses apatrides car "il leur manque un territoire littéraire qui leur soit propre". Ces deux cents textes, parfaits exemples de son art du fragment, révèlent un écrivain curieux et attentif, dont le regard ironique capte les moindres faits et gestes de ses contemporains. Il donne une profondeur inattendue à ces petits riens qui, bout à bout, font la vie d'un homme. De l'anecdotique il fait naître l'essentiel. Ni moralisatrices, ni gratuites, souvent amusantes, parfois mélancoliques, ces Proses apatrides nous font entrer dans l'univers d'un grand écrivain, d'un merveilleux conteur d'histoires.
Nombre de pages
100
Date de parution
16/03/2011
Poids
238g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782912667892
Titre
Proses apatrides
Auteur
Ribeyro Julio-Ramon ; Géal François
Editeur
FINITUDE
Largeur
120
Poids
238
Date de parution
20110316
Nombre de pages
100,00 €
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«Alfredo, oublié, s'approcha une fois de plus du bar. "Il faut que je danse", se dit-il. C'était désormais une question d'ordre moral. Tout en avalant son cinquième verre de rhum, il chercha vainement sa s?ur parmi la foule. Son regard croisa celui de deux hommes qui examinaient les jeunes filles avec sensualité, et il se sentit soudain en proie à un tourbillon de pensées lucides et lancinantes. "Que pouvait bien faire un garçon de vingt-cinq ans, comme lui, dans une réunion d'adolescents ?" Il avait passé l'âge où l'on s'abrite à l'ombre des jeunes filles en fleurs. Cette réflexion en entraîna d'autres, plus réconfortantes, et il jeta un coup d'?il autour de lui pour essayer de dénicher une jeune fille plus âgée, qui ne se laisserait pas intimider ni par ses façons ni par son sérieux.»
Résumé : Devenu orphelin, l'adolescent Lucho quitte Lima et le collège pour l'hacienda de son oncle Leonardo, San Gabriel, dans les Andes péruviennes. Cette maison follement hospitalière où s'y donnent des fêtes continuelles, le domaine explorable à l'infini, sont tout d'abord un paradis pour le jeune homme. En fait, il s'y trouve bientôt plongé dans un monde d'extravagance, de désordre et de passion, qu'il devra fuir à la fin comme un péril mortel. Que ce soit les adultes, l'oncle Leonardo, grand seigneur impitoyable, ses deux frères, Felipe, obsédé par les femmes, Jacinto, à demi fou, et sa femme Ema - ou les adolescents : Alfredo, Ollanto, Lola, enfants de Leonardo, dont deux sont illégitimes, et surtout Leticia, la déroutante, secrète et violente Leticia, seize ans, tous sont en proie à la même âpreté jalouse, insouciante et tragique. Les drames individuels - amours entrecroisées entre gens de la tribu - vol, ruptures et meurtre se tissent aux péripéties de la collectivité - révolte des travailleurs de la mine, tremblement de terre, ruine du domaine - dans un ample mouvement narratif, à la fois rigoureux et poétique. L'effondrement n'épargnera même pas la vierge farouche, Leticia, mystérieusement enceinte. C'est en décidant de s'écarter d'elle que Lucho, par les yeux de qui tout est vu, et qui concevait pour elle de l'amour, se sauvera aussi du chaos. Education sentimentale, apprentissage de la vie, découverte de l'injustice et de la corruption de tout l'ordre social latino-américain ? L'auteur nous laisse en décider, comme il laisse son jeune héros chercher un salut loin des Andes, dans l'attente de l'âge d'homme.
Comment avait-il fait ? Comment avait-il fait pour traverser la vie (l'horrible vie, avec ses pièges, ses coups bas, ses mensonges et ses désillusions), comment avait-il fait pour la traverser en conservant intacte cette incroyable gentillesse ? La vie qui salit, qui tord, qui abîme et détruit tout-oui, me disais-je en regardant Jan, comment l'avait-il traversée avec pour seule arme cette profonde, totale, absurde gentillesse ? Tout avait glissé sur lui sans l'abîmer." Un dimanche d'été, désoeuvrée, elle est entrée par hasard dans un club de jazz de Bruxelles. Jan était au piano et elle est tombée amoureuse. De l'homme, de l'artiste. Emerveillée par leur complicité et leur entente charnelle, elle s'investit dans cette histoire avec une ferveur qui la surprend elle-même. A soixante ans, elle sait le prix du bonheur et c'est avec une passion que l'âge n'a pas émoussée qu'elle fera tout pour le protéger.
Lorsque je rentrai chez moi ce lundi matin, Paul Martin n'avait pas quitté les lieux, contrairement à ce qui était convenu. J'en fus d'autant plus irrité que je le trouvai tranquillement allongé sur mon lit, chaussures aux pieds. J'avais pourtant signalé, dans mon annonce, que je tenais à ce que l'on se déchausse dans l'appartement. J'allais lui signifier mon mécontentement quand je m'aperçus que ses yeux étaient ouverts et son regard fixe. Parce que je n'étais pas du genre à m'affoler, je pris ses mains qu'il avait croisées sur la poitrine : elles étaient froides. Et parce que je n'étais pas du genre à accepter aussi facilement la réalité, je plaçai deux doigts sous son nez : il ne respirait pas. Aucun doute désormais, Paul Martin était mort." Armée d'un humour réjouissant, Pauline Toulet s'amuse des mésaventures d'un détective amateur maladroit, un brin misanthrope, sorte de Monsieur Hulot égaré chez Agatha Christie. En jouant avec les codes du roman policier, elle profite du regard naïf de son personnage pour épingler les travers et les absurdités du monde moderne. " Les morts manquent de correction " est un roman malicieux à la fantaisie assumée, délicieusement piquant, à ranger tout contre ceux d'Echenoz.