Devenu orphelin, l'adolescent Lucho quitte Lima et le collège pour l'hacienda de son oncle Leonardo, San Gabriel, dans les Andes péruviennes. Cette maison follement hospitalière où s'y donnent des fêtes continuelles, le domaine explorable à l'infini, sont tout d'abord un paradis pour le jeune homme. En fait, il s'y trouve bientôt plongé dans un monde d'extravagance, de désordre et de passion, qu'il devra fuir à la fin comme un péril mortel. Que ce soit les adultes, l'oncle Leonardo, grand seigneur impitoyable, ses deux frères, Felipe, obsédé par les femmes, Jacinto, à demi fou, et sa femme Ema - ou les adolescents : Alfredo, Ollanto, Lola, enfants de Leonardo, dont deux sont illégitimes, et surtout Leticia, la déroutante, secrète et violente Leticia, seize ans, tous sont en proie à la même âpreté jalouse, insouciante et tragique. Les drames individuels - amours entrecroisées entre gens de la tribu - vol, ruptures et meurtre se tissent aux péripéties de la collectivité - révolte des travailleurs de la mine, tremblement de terre, ruine du domaine - dans un ample mouvement narratif, à la fois rigoureux et poétique. L'effondrement n'épargnera même pas la vierge farouche, Leticia, mystérieusement enceinte. C'est en décidant de s'écarter d'elle que Lucho, par les yeux de qui tout est vu, et qui concevait pour elle de l'amour, se sauvera aussi du chaos. Education sentimentale, apprentissage de la vie, découverte de l'injustice et de la corruption de tout l'ordre social latino-américain ? L'auteur nous laisse en décider, comme il laisse son jeune héros chercher un salut loin des Andes, dans l'attente de l'âge d'homme.
Nombre de pages
288
Date de parution
26/02/1969
Poids
230g
Largeur
114mm
Plus d'informations
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EAN
9782070273263
Titre
Chronique de san Gabriel
Auteur
Ribeyro J-R
Editeur
GALLIMARD
Largeur
114
Poids
230
Date de parution
19690226
Nombre de pages
288,00 €
Disponibilité
Epuisé
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«Alfredo, oublié, s'approcha une fois de plus du bar. "Il faut que je danse", se dit-il. C'était désormais une question d'ordre moral. Tout en avalant son cinquième verre de rhum, il chercha vainement sa s'ur parmi la foule. Son regard croisa celui de deux hommes qui examinaient les jeunes filles avec sensualité, et il se sentit soudain en proie à un tourbillon de pensées lucides et lancinantes. "Que pouvait bien faire un garçon de vingt-cinq ans, comme lui, dans une réunion d'adolescents ?" Il avait passé l'âge où l'on s'abrite à l'ombre des jeunes filles en fleurs. Cette réflexion en entraîna d'autres, plus réconfortantes, et il jeta un coup d'?il autour de lui pour essayer de dénicher une jeune fille plus âgée, qui ne se laisserait pas intimider ni par ses façons ni par son sérieux.»
Comment peut-on appeler des textes courts qui "ne s'ajustent véritablement à aucun genre, car ce ne sont pas des poèmes en prose, ni les pages d'un journal intime, ni des notes destinées à un développement ultérieur"? Julio Ramon Ribeyro décide de les appeler proses apatrides car "il leur manque un territoire littéraire qui leur soit propre". Ces deux cents textes, parfaits exemples de son art du fragment, révèlent un écrivain curieux et attentif, dont le regard ironique capte les moindres faits et gestes de ses contemporains. Il donne une profondeur inattendue à ces petits riens qui, bout à bout, font la vie d'un homme. De l'anecdotique il fait naître l'essentiel. Ni moralisatrices, ni gratuites, souvent amusantes, parfois mélancoliques, ces Proses apatrides nous font entrer dans l'univers d'un grand écrivain, d'un merveilleux conteur d'histoires.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.