Lorsque Thalès de Milet prétendait que la terre flottait sur les eaux, il tentait en ces temps premiers de la philosophie de répondre à une interrogation qui hante encore l'esprit humain : comprendre la structure de l'univers, connaître le monde qui l'environne, tout particulièrement cet étrange objet qui lui permet de vivre : le globe terrestre. L'existence même du globe terrestre est un appel incessant à l'interrogation sur l'origine, au questionnement sur la nature et sur la place occupée par l'homme dans cet univers qui l'écrase, lui fournit la vie et lui offre l'aventure de décrypter les inconnus qui s'offrent à lui. Les hommes du Moyen Age n'ont pas échappé au questionnement de la Terre. Ils l'ont parcourue, dans les possibilités de voyages offertes à l'époque. Ils l'ont écrite, décrite, rêvée. Ils ont bâti des théories tentant d'expliquer les phénomènes naturels qu'ils pouvaient observer directement ou que les ouvrages savants de l'Antiquité leur proposaient. Mais la terre, c'est aussi, depuis les premiers temps de la pensée grecque, un des quatre éléments qui régissent la structure profonde de l'univers, comme les complexions et humeurs qui agitent ce microcosme qu'est l'organisme humain. La terre c'est le lourd, c'est le grave par excellence, qui tend vers le centre du monde. C'est le froid et le sec, c'est la source de tous ces métaux que l'homme rêve de maîtriser, de transformer. Derrière celui qui regarde le sol et imagine, se profile l'alchimiste. Le Moyen Age, surtout à partir du XIVe siècle, a été aussi une époque où l'alchimiste a joué un rôle non négligeable dans la constitution du savoir. D'où la nécessité, si l'on veut englober tout le discours portant sur la Terre, de faire une place à l'alchimie. Pris dans la richesse, le foisonnement de cette pensée et de cette écriture multiformes par excellence qu'offre le Moyen Age, le thème de la Terre se révèle donc être un vecteur fondamental d'étude des savoirs et des mentalités de l'époque.
Nombre de pages
336
Date de parution
03/05/2000
Poids
534g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782252028834
Titre
Terres médiévales
Auteur
Ribémont Bernard
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
160
Poids
534
Date de parution
20000503
Nombre de pages
336,00 €
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Le théâtre en langue française naît à la fin du XIIe siècle avec le Jeu d'Adam et s'inscrit donc dans la tradition, existant déjà en latin, du théâtre religieux ; mais il se dit dans la langue que parle le peuple, opérant ainsi un pas décisif vers une désacralisation du théâtre, qui va progressivement quitter l'espace exclusivement religieux pour conduire au théâtre profane du XIIIe siècle. Cette nouvelle forme de théâtre en français ne chasse pas pour autant le drame religieux. Le théâtre religieux et le théâtre profane se développeront de concert, même ils s'interpénètreront : la farce, une invention du XVe siècle, servira d'intermède dans les grand drames religieux du temps, les mystères, et certaines de ces pièces, comme Pathelin, annonceront la comédie. Celle-ci, avec la tragédie, formera les bases du théâtre nouveau qui se développe à partir du tournant du XVIe siècle, qui signe au passage la mort du théâtre des mystères médiévaux. Cet ouvrage propose un parcours permettant de découvrir la richesse, la complexité et l'inventivité d'un théâtre trop peu connu du public contemporain, et qui mérite d'être redécouvert.
Qui s'intresse la littrature mdivale, particulirement aux textes qui fleurissent aprs 1250, rencontre sur son chemin de lecteur un tre trange : le dit. Annonc par un titre, une rubrique ou un incipit du copiste, ou bien revendiqu par l'auteur lui-mme, ce terme pose problme par la complexit des champs qu'il recouvre. Le prsent recueil n'a pas pour ambition de rsoudre tous les problmes qui demeurent poss propos du dit. Il s'agit plutt de prsenter, travers des tudes de teneurs trs diverses, un parcours de dcouverte de ces textes, encore trop peu tudis. Nous esprons ainsi pouvoir contribuer, fort modestement, mieux les comprendre, mieux les apprcier, mieux les aimer. Paradoxalement, le pote veut ici dire, au moment o la parole, le chant, cdent le pas l'criture. Il s'agit alors pour nous de tenter de recevoir au mieux le message de ceux qui, dans l'acte d'crire pour dire, nous ont peut-tre propos de lire pour comprendre.
Entre la lubricité effrénée et l'ascèse exigée par une Église castratrice -extrêmes que l'on prête généralement au sexe médiéval dans les productions modernes plus ou moins frelatées, mais à succès- il est sans doute nécessaire d'opérer une mise au point sur l'amour et ses pratiques dans le monde médiéval. Tel est l'objet de cet ouvrage qui, sans détourner pudiquement les yeux (bien au contraire!) de quelques rudes gaillardises, se penche aussi sur des problèmes plus sérieux, relevant de la médecine, du droit ou de la théologie, avec l'ambition de donner au lecteur un aperçu de tous les champs dans lesquels amour et sexe pouvaient se dire, s'écrire, se cacher, mais aussi se faire. . . Bernard Ribémont est professeur de littérature médiévale à l'université d'Orléans. II a publié de nombreux ouvrages et articles sur l'encyclopédisme médiéval, sur Christine de Pizan mais aussi sur la réception du Moyen Age à travers les siècles. Il dirige les Cahiers de recherches médiévales.
Dans l'épopée médiévale, des thèmes centraux structurent de façon récurrente le discours sur le droit et la justice : la vengeance, l'honneur, la trahison. Dans ses absolus, la chanson de geste projette un idéal de justice qui demeure toujours sous le regard de Dieu, même dans des situations d'injustice flagrante. Mais, dans ses multiples linéaments, la chanson de geste rend également compte des courants qui traversent la société médiévale en matière de règlement de conflits. Elle entend souvent donner l'illustration d'une norme, ce pourquoi le traître est un personnage clé, car celui qui transgresse révèle en même temps. Cette norme lui échappe aussi, à cause des tourbillons de la fiction, de la logique de la création d'une part, mais, d'autre part, parce que les pratiques judiciaires du Moyen Age offrent aussi une vraie palette de comportements et de conceptions, même avec la régulation progressive qui s'opère sous la double pression de la construction d'un Etat moderne et de l'influence du droit savant. La chanson de geste n'est-elle pas alors une véritable " machine judiciaire ", non exclusivement, certes, mais profondément, selon une mécanique aux robustes rouages, toutefois sujette à étonnantes variations, pouvant aller jusqu'au grippage ? A une telle question tentent de répondre les contributions réunies ici, à la suite d'un colloque s'étant tenu à la Faculté des Lettres d'Orléans, les 21 et 22 juin 2007 dans le cadre du programme de recherche La lettre er le droit.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.