Jacques Le Goff (1924-2014) a été l'un des très grands historiens de son temps. Il est l'auteur d'une oeuvre immense, consacrée pour l'essentiel à l'histoire du Moyen Age, qu'il a renouvelée en profondeur. Ce livre en explore les ambitions, les objets et les démarches. Il réunit les contributions présentées à l'occasion d'une journée d'hommage organisée en janvier 2015 par l'Ecole des hautes études en sciences sociales et par la Bibliothèque nationale de France. Aux très nombreux lecteurs de Jacques Le Goff, mais aussi à ses collègues et à leurs étudiants, il permettra de situer l'oeuvre dans le " moment " intellectuel et scientifique des années 1960-1980, de prendre la mesure de son rayonnement international et de rappeler la présence de l'homme public : un homme toujours soucieux de faire connaître les résultats de la recherche à un public élargi, passionné par les médias, mais aussi un citoyen engagé pour les libertés et un défenseur passionné de l'Europe en construction.
Nombre de pages
223
Date de parution
14/01/2016
Poids
260g
Largeur
120mm
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EAN
9782713225109
Titre
Une autre histoire. Jacques Le Goff (1924-2014)
Auteur
Revel Jacques ; Schmitt Jean-Claude
Editeur
EHESS
Largeur
120
Poids
260
Date de parution
20160114
Nombre de pages
223,00 €
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L'?uvre de Fernand Braudel a influencé et continue d'influencer des générations d'historiens. Les contributions de Maurice Aymard, Yves Lacoste, Jean-Claude Perrot, H.R. Trevor-Roper, Immanuel Wallestein, parmi d'autres, révèlent toute sa fécondité. L'ensemble est présenté par Jacques Revel, président de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).
Ce livre est né d'une réflexion à plusieurs voix. Il part d'un constat qui, peu à peu, a fini par s'imposer : les paradigmes classiques dans lesquels s'inscrivaient, dans leur diversité, les analyses du social sont aujourd'hui en crise. Le diagnostic peut s'entendre de deux manières au moins. Il enregistre, en premier lieu, l'usure des modèles globaux d'intelligibilité sur lesquels les sciences sociales avaient vécu depuis la fin du XIXème siècle. Il exprime, d'autre part, des demandes inédites : ainsi, du côté des historiens, celle d'une attention plus exigeante à la constitution et à la transformation des identités collectives ; du côté des anthropologues et des sociologues, celle d'une prise en compte de l'historicité des configurations sociales ; de tous ensemble, le souci d'un retour à l'expérimentation dans l'analyse. C'est précisément sous le signe de l'expérimentation que veut se placer cet ouvrage, qui est né d'un séminaire à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Il poursuit une réflexion sur les échelles d'observation qu'a amorcée depuis quelques années la micro-histoire, avec ses intuitions, ses réalisations, ses tensions. Le petit est-il meilleur à penser que le grand, le détail que l'ensemble, le local que le global ? Quels gains procure, avec quels effets et quelles apories, l'étude intensive d'objets très limités ? Il ne s'agit point ici de proposer une solution clé en main, mais bien plutôt de s'interroger de façon ouverte sur les dimensions pertinentes de l'objet de connaissance et sur les niveaux d'analyse les plus propres à rendre raison de la construction du social. Que se passe-t-il en effet si, par hypothèse, on modifie les conditions de l'observation et de l'analyse qu'elle rend possible ? Choix de l'objet, échelles d'observation, variations d'échelle, exception et généralisation sont autant de thèmes parcourus qui ouvrent à une discussion sur les modalités du raisonnement dans les sciences sociales et sur les formes de sa mise en récit.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.