Les registres matricules du XIXe siècle, établis pour recenser les conscrits, fournissent une description physique de chaque recrue. L'idée-force de ce livre est d'utiliser ces renseignements pour vérifier, si, dans le département de la Manche, la spatialisation de ces variables est aléatoire ou si l'on observe à l'inverse des concentrations dans des secteurs cohérents. Les résultats obtenus sont nets et dessinent des zones de peuplement homogènes. Ils montrent une profonde coupure oblique du département selon une ligne Granville-Saint-Jean-de-Daye. Les marqueurs s'opposent très nettement sur une ligne qui rappelle l'isoglosse de Joret, mais surtout la ligne des Tots de Lepelley. La cartographie obtenue est fortement corrélée à celle des zones de l'implantation scandinave. Lucien Musset ne croyait pas à une colonisation en masse de la Normandie par les Scandinaves... en dehors de petits territoires, comme la Hague. Les Scandinaves se sont installés dans ce petit territoire très faiblement peuplé, principalement sur les côtes. La conjoncture étant favorable, la population côtière a pu se développer, et son empreinte génétique a prévalu sur celle des rares autochtones. Par contre, lorsqu'ils se sont installés dans des zones plus densément peuplées, leurs caractères qui, rappelons-le, sont souvent récessifs, ont été noyés au profit de caractères dominants des populations antérieures. Les apports humains postérieurs ont été limités et n'ont guère modifié un patrimoine génétique mis en place dès le haut Moyen-Age et transmis jusqu'au XIXe siècle au travers d'une quarantaine de générations humaines.
Nombre de pages
118
Date de parution
20/11/2017
Poids
193g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782917232729
Titre
La presqu'île aux yeux clairs
Auteur
Renard Jacques-Marcel
Editeur
SPM LETTRAGE
Largeur
155
Poids
193
Date de parution
20171120
Nombre de pages
118,00 €
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Depuis une vingtaine d'années, l'histoire militaire, traditionnellement centrée sur l'événement, laisse le pas à une histoire des combattants. C'est ainsi qu'elle a réintroduit le prisonnier de guerre dans le patrimoine mémoriel de la Première Guerre mondiale. Ce conflit révéla en effet l'importance et la gravité de la question des prisonniers (nombre, état de santé, durée et conditions de leur captivité, etc.). Aujourd'hui, les historiens débattent âprement sur le thème de la captivité de guerre. Les uns voient dans les stalags de la Grande Guerre les embryons du totalitarisme, pour les autres cette guerre serait le dernier conflit de l'Ancien Régime européen, pendant lequel les règles auraient été respectées par la majorité des acteurs. Ce livre expose la captivité de guerre dans ses aspects quantitatifs au travers d'une étude sérielle du fichier national des prisonniers de guerre allemands. Ce fichier, riche de plus de 400 000 fiches nominatives fournit des informations précises sur le parcours de chaque prisonnier depuis la capture jusqu'au rapatriement (déplacements, hospitalisations, etc.). Il s'agit donc d'un extraordinaire support qui autorise une mesure fine des flux, des déplacements, des conditions de mortalité, de l'importance des rapatriements, renouvelant totalement une perception jusqu'alors forgée au prisme des témoignages. La solidité du chiffré permet en outre de souligner les excès de certains récits, mais valide également la qualité de certains autres, notamment celui de Casar von Hofacker, qui plus tard sera impliqué dans l'attentat visant Hitler, et dont nous avons pu consulter la correspondance inédite pour la période de la Grande Guerre.
Réconcilier la culture et l'économie, conférer aux industries culturelles un rôle primordial, corriger les inégalités d'accès à la culture : voici le bilan d'une politique mais aussi une réflexion prospective.
Jacques Renard, haut fonctionnaire engagé dans la culture depuis trente ans, propose, à partir de son expérience personnelle, un examen de l'état présent de la politique culturelle et du ministère de la culture. "Un pavé dans la culture" est un cri d'alarme soulignant l'absence de dessein du ministère de la culture, les difficultés à accueillir l'innovation, une administration fatiguée, cloisonnée, une atonie de l'Etat alors que le monde culturel ne cesse d'évoluer. L'auteur apelle de ses voeux la relance de la politique culturelle. Il en explore les pistes et en dessine les orientations.
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Tant les Français que les Suisses n'ont jamais vu leur histoire de cette manière, sous le prisme que propose cette biographie. Le comte Louis-Auguste-Augustin d'Affry, bourgeois-patricien de Fribourg, natif de Versailles et général au service de France, a littéralement accumulé les plus hautes fonctions militaires : colonel des Gardes suisses, Lieutenant-général dès 1758, Administrateur général des Suisses et Grisons (1771-1792) au service de France. Moins connu est son rôle déterminant au service de la diplomatie française, suisse, et franco-suisse. Sous prétexte que son rôle a été effacé, et apparemment secondaire, il fut écarté de la plupart des études portant sur cette période. Et pourtant, ce valeureux militaire comblé d'honneurs fut le représentant informel du Corps helvétique et de l'établissement suisse en France. Nommé ministre plénipotentiaire de France à La Haye en 1755, il croise (le fer avec) Casanova, notamment. Il réussit à maintenir les Néerlandais dans la neutralité pendant la Guerre de Sept Ans. d'Affry tira de ses expériences diplomatiques un goût très prononcé pour le double jeu, lequel eut tout lieu de s'épanouir abondamment durant les quatre premières années de la Révolution française. Malmené par ses pairs et rejeté par ses compatriotes helvétiques, il a longtemps incarné un aspect embarrassant de l'imagerie de la Révolution française en général et de la terrible journée du 10 Août en particulier. Pour étayer coûte que coûte l'alliance franco-suisse, il soutint scrupuleusement le pouvoir légalement établi en France, mais quand arriva pour Louis XVI le temps de laisser à la représentation nationale la primauté du pouvoir, ce tacticien politique remarquable repositionna sa loyauté et se transforma en quelque sorte en baromètre du rapport des forces en présence en France. La stratégie de l'ambiguïté a un prix et une légende noire s'est emparée de la mémoire de l'atypique d'Affry. Né sous Louis XIV, il survécut à Louis XVI.
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