PERSONNAGESLA JEUNE.LA PLUS ÂGÉE.LE NÉON: OMNIA MORS AEQUAT.Un arbre (planté dans la terre comme un défi face aux hommes, la verticalité qui persiste, reste encore debout malgré tout qui tombe). Un ciel (son infinité, un vide impossible à combler, l'humaine condition). Des étoiles filantes (la métaphysique, la métempsycose, les esprits). Un néon marquant omnia mors aequat. En égard à tous ces éléments, aucunement réels ni indispensables, l'effondrement demeure la figure, l'émanation la plus importante.Un chant ample porté par une multitude de voix remplit la nuit. Un long silence puis...LA JEUNE. - Eh! Eh!LA PLUS ÂGÉE. - Hm?LA JEUNE. - Eh! Tu dors?LA PLUS ÂGÉE. - Hm, hm!Pause. Noir.LA JEUNE. - Eh! Eh! Eh!LA PLUS ÂGÉE. - Hm?LA JEUNE. -...?LA PLUS ÂGÉE. - Hm?LA JEUNE. - Tu dors. Tu ne dors pas?LA PLUS ÂGÉE. - Non.Pause. Noir.LA JEUNE. - Non? Regarde. Alors regarde, s'il te plaît, regarde. Touche.LA PLUS ÂGÉE. - Hm? Quoi?LA JEUNE. - Touche. C'est important. Sens-tu mon sang battre dans ta main? Touche. Tu le sens?LA PLUS ÂGÉE, insensible. - Hm, hm!LA JEUNE, impérative. - Tu dors.LA PLUS ÂGÉE. - Non. Je ne dors pas.LA JEUNE. - Alors, nous pouvons recommencer?Pause. Noir.
Nombre de pages
64
Date de parution
16/05/2011
Poids
80g
Largeur
125mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782846813235
Titre
De toute la terre le grand effarement
Auteur
Régis Guy
Editeur
SOLITAIRES INT
Largeur
125
Poids
80
Date de parution
20110516
Nombre de pages
64,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Résumé : Le jour où l'enfant voit son père pour la première fois, il a trois ans. Il vit seul au village avec sa mère. Tous les villageois se sont massés autour de la maison. Ils veulent voir l'homme qui avait semé la honte dans la famille, qui avait emmené la fille, l'avait engrossée pour disparaître après. Maintenant, il était là le très attendu, fier de sa jeune beauté. Il avait pris l'enfant dans ses bras, l'avait fait virevolter dans les airs. Puis l'avait posé à terre. "Jouons. ? M'oui Pa-pa ! Pa-pa ! Pa-pa ! ? Attends. Tu sais jouer à l'ombre ? ? C'est quoi jouer à l'ombre ? ? Tu ne sais pas ? Ce n'est pas grave. Je vais te montrer. ? Mm... Pa-pa ! Pa-pa ! Pa-pa ! ? Tu fermes les yeux. Je disparais." Depuis l'enfant l'avait cherché partout, dans tous les visages, dans toutes les moustaches, dans tous les visages d'hommes. "Aujourd'hui à l'âge où je suis vieux, je me surprends à le chercher encore... je le cherche sans répit. "
Résumé : Dans le sillage d'Emile Ollivier (Mille eaux, 1999), la collection "Haute Enfance" fait entendre ici quelques voix contemporaines de la littérature haïtienne - nouvelles ou confirmées, rebelles ou apaisées, jamais résignées. Qu'ils remontent aux sources de leur histoire ou de leur imaginaire, ces dix écrivains caribéens nous content la force de la fratrie, une jeunesse en quête d'un avenir possible, le désamour d'une mère, l'absence d'un père, l'amour, la mer, la mort... Tout ne s'écrit-il pas depuis l'enfance ?
Ici / Une femme attendN'allez pas vous demander ce que je fais là /N'allez même pas vous demander / Pourquoi perdre votre temps / Je suis seule à attendre là / Sans aucune lueur / Une flamme / Une lampe / Une bougie / Le feuNulle lune qui m'effleure / M'affleure / Dessinerait mes flancs / Dont la lumière surgissant de là-haut vaincrait le noir qui m'entoure / Pour me doucher / M'envelopper de sa robe blanche / M'éclairer / M'illuminer / M'empêcher d "être cette frêle / Incommode / Éphémère apparition pour vos yeuxJe suis seule avec moi-même / Dans cette rue des sauvages / Que les autres / Que tous les autres ont préféré laisser / FuirPersonne d'autre ne viendra / Pourquoi / Arrêtez de vous enquiquiner / Vous sécher la cervelle / Le temps vous fuit / Il n'y a que l'acte qui compte / N'est-ce pas que l'acte / Une femme debout qui attendJe n'ai nullement été abandonnée / Qu'allez-vous chercher de nouveau / Qu'allez-vous chercher / Âmes agitées / Tourmentés esprits / Intranquilles / Impatients / Que guettez-vous / Pourquoi fouiller / Esprits tortueux / Assoiffés / Rongeurs insatisfaits"
Avant-propos de Guy Régis JrLe Père fait partie du triptyque: Le Père, Le Fils, La Mère. Radiographie non moins réaliste de la famille, de ces familles caribéennes qui ne jurent que par leur départ définitif pour les USA. Ces gens: pères, mères désespérés; fils, filles désoeuvrés qui pour être plus proches de leur seul rêve escompté, de cette réalité future, s'employant à être prêts, parlent, vivent «américain», allant jusqu'à cesser toutes activités pour attendre le moment venu, tant attendu. Les enfants jusqu'à abandonner l'école. Primant une cessation de vie pour adopter celle neuve qu'ils se préparent. Des gens qui arrêtent leur vie; qui arrêtent le cours de celle qu'ils voudraient définitivement laisser derrière eux. Dans l'espoir de la revivre. Ces gens que j'ai côtoyés de près. Mon père qui vit depuis plus de vingt ans aux USA est devenu citoyen américain. Je l'ai vu partir j'avais douze ans. Quand je l'ai revu (à New York) j'en avais trente. Mais pendant toutes ces années (troublante histoire!), parce qu'on n'avait souvent aucune nouvelle de lui, il m'arrivait de penser qu'il était mort et que ma mère qui espérait fortement son retour (pour venir nous chercher), nous le cachait. C'est la raison pour laquelle dans cette histoire le père meurt. Il revient dans son cercueil. Et voilà, tout d'un coup, celui sur qui tout espoir reposait, meurt. Et tout cela: la quête incertaine de vivre mieux sur une terre jusque là inconnue, l'espérance après la traversée, se voient subitement estompées... Voilà, une bonne dose de douleur «encore», ceinturée par l'espoir impossible. Bref, ce que j'espère faire suer ces écrits.
C'est l'heure de la vengeance du règlement de comptes c'est l'heure où marchant sur mes pas tu viens me faire payer d'avoir été la plus aimée c'est ça ? et toi celle qui soi-disant n'a pas été désirée ? c'est ça ?
Résumé : Une ombre s'agite sous ses paupières baissées. Dans l'effusion lumineuse, une silhouette, qui ondule. Comme une algue. Un corbeau crie dans le cerisier. Le fils s'est endormi. La mère, pieds nus, danse calmement dans le sommeil du fils.