Le socialisme sauvage. Essai sur l'auto-organisation et la démocratie directe dans les luttes de 178
Reeve Charles
ECHAPPEE
20,00 €
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EAN :9782373090352
Désastre généralisé et crise de la représentation nous incitent à penser au présent le vieux principe de la démocratie directe, qui prit forme en 1789, traversa les époques révolutionnaires, pour se trouver à nouveau dans les mouvements de contestation. Le principe d'autogouvernement s'y est toujours heurté aux principes autoritaires de représentation permanente. Les soviets des révolutions russes et les conseils de la révolution allemande des années 1920 ont été deux expressions puissantes de cette promesse pour l'avenir, et se trouvent au coeur des réflexions développées dans ce livre. Car si le dénouement de la révolution russe a glacé pour un siècle le mouvement ouvrier, liant l'idée de socialisme à celle du totalitarisme de parti unique, l'expérience, courte mais riche, de la révolution allemande s'est révélée proche des mouvements contemporains, de Mai 68 au mouvement assembléiste du 15M en Espagne, en passant par Occupy aux Etats-Unis et par les Printemps arabes. Les courants spontanés, autonomes et émancipateurs des mouvements sociaux ont toujours été rejetés par les chefs du socialisme avant-gardiste et qualifiés de "sauvages", car leur échappant. Même s'il n'est pas stricto sensu une histoire du mouvement socialiste, ce livre en revisite de grands moments. Il les étudie et les discute à travers le prisme de conceptions hérétiques et "sauvages", et garde à l'esprit la perspective de l'émancipation, encore et toujours.
Nombre de pages
317
Date de parution
23/01/2018
Poids
365g
Largeur
131mm
Plus d'informations
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EAN
9782373090352
Titre
Le socialisme sauvage. Essai sur l'auto-organisation et la démocratie directe dans les luttes de 178
Auteur
Reeve Charles
Editeur
ECHAPPEE
Largeur
131
Poids
365
Date de parution
20180123
Nombre de pages
317,00 €
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Il n'était pas couramment admis, quand ce livre fut publié, que la République populaire de Chine était un pays capitaliste, ce qui est difficilement concevable aujourd'hui. Mais pour Charles Reeve, les changements de stratégie économique du gouvernement chinois, les luttes à son sommet, les luttes politiques massives que constituèrent les Cent fleurs, puis le Grand bond en avant et la Grande révolution culturelle prolétarienne ne pouvaient être compris sans être replacés dans les difficultés rencontrées par les dirigeants du Parti, et donc de l'État, dans le processus d'accumulation du capital. Il montre aussi comment des ouvriers, s'engouffrant dans les brèches ouvertes par le pouvoir dans l'appareil de répression par le pouvoir lui-même, tentent de faire entendre leurs revendications, avant que la répression ne s'abatte sur eux. Sans cette analyse d'un passé pas si ancien dont les Chinois d'aujourd'hui ne parlent pas, il est très difficile non seulement de déchiffrer la signification et les conséquences réelles des grandes initiatives maoïstes, mais aussi de comprendre l'évolution de l'économie et de la société chinoises au cours de ces cinquante dernières années.
En Pologne, les grèves d'août 1980 ont permis au syndicat clandestin formé en 1978 d'acquérir, sous le nom de Solidarité, une existence officielle. Sa direction forme un groupe d'« experts » qui aboutira, à Gdansk, à un premier accord avec le gouvernement dès le 31 août 1980. Mais le mouvement ne s'arrête pas pour autant ; né spontanément, il se développe de façon autonome, adopte des formes d'organisation, des modes de fonctionnement qui lui sont propres et qui peuvent entrer en conflit avec les pratiques, les intérêts, de la direction du syndicat et des oppositions politiques jusqu'alors clandestines qui rivalisent pour l'influencer. Ce sont ces formes d'organisation, ces aspirations au pouvoir ouvrier du mouvement autonome des ouvriers, mais aussi les relations qui s'instaurent entre lui, les « experts » et les « politiques » que présente et analyse Charles Reeve.
Avec huit romans écrits de la main d'un maître qui détestait les tyrans, Albert Cossery fit peu de bruit malgré son goût prononcé pour la fête. Venu d'Egypte après-guerre, il s'installe à Paris où il fréquente la bohème intellectuelle et artistique du quartier de Saint-Germain-des-Prés. Il y mène une vie proche de celle qu'il exalte dans ses récits réjouissants, où l'on découvre les aventures hautes en couleur des gens de peu du Proche-Orient : traîne-savates, sans-le-sou, vagabonds, prostituées, lettrés inadaptés, ascètes et saltimbanques... La frugalité joyeuse de ses personnages, pleins d'humour et de sagesse, subvertit sans cesse l'absurdité du mode de vie occidental contemporain. D'ailleurs, Cossery disait écrire "pour que quelqu'un qui vient de me lire n'aille pas travailler le lendemain". En déshabillant les rois imposteurs et en faisant l'éloge de la paresse, ce "Voltaire du Nil", comme on l'a qualifié, magnifie l'aristocratie des moins que rien qui hantent les ruelles en riant, libres de toute possession. Au-delà d'une réflexion sur l'oeuvre d'Albert Cossery, ce livre invite à s'affranchir de la société matérialiste en conjuguant sous toutes ses formes le refus de parvenir, pour trouver, dans la simplicité et le détachement, d'autres manières de vivre.
Dans la nuit du 15 au 16 août 1882, de jeunes mineurs en rébellion contre la toute-puissance de l'Eglise, alliée au patronat des mines, font exploser la rosace et l'entrée d'une chapelle dans le bassin houiller de Saône-et-Loire. C'est le début d'une longue série d'actions qui vont secouer pendant trois ans la région de Montceau-les-Mines au rythme des dynamitages d'édifices religieux et de domiciles de petits chefs à la solde du patronat. Animés par un esprit de révolte, ces anarchistes sont connus sous le nom de la Bande noire. Ils se réunissent dans les bois ou dans les auberges pour préparer des coups qu'ils réalisent le plus souvent à la faveur de l'obscurité. Moins résignés que leurs aînés, ils ne cesseront de dénoncer la dureté de leurs conditions de travail au fond des puits, mais aussi la misère sociale qui règne au dehors, où l'impitoyable patron de la Compagnie des mines impose un redoutable ordre moral et défend les pires injustices. A partir de nombreux documents d'archives et témoignages d'époque, ce livre, récit palpitant au plus près des protagonistes, revient sur l'histoire mouvementée de la Bande noire. Il montre comment, quelques années avant les célèbres attentats anarchistes perpétrés à Paris dans les années 1890, de jeunes révoltés firent de la propagande par le fait leur meilleure arme pour renverser la table et échapper à l'enfer de la mine.
Nestor Makhno, protagoniste légendaire et damné de la guerre civile qui suit la révolution russe de 1917, déclenche un mouvement insurrectionnel autonome en organisant des paysans d'Ukraine qui brandissent bien haut le drapeau noir de l'anarchie. La "Makhnovchtchina" comptera jusqu'à 25000 partisans et la fulgurance de son action n'aura d'égal que son courage à livrer bataille : contre les armées blanches, contre les nationalistes ukrainiens et finalement contre l'Armée rouge. C'est cette épopée grandiose qui nous est racontée ici. Mais ce livre est aussi l'évocation d'un destin hors du commun, aussi tragique que celui du mouvement auquel il a donné son nom. Celui d'un homme, fils de paysans plongé au coeur de l'un des plus grands bouleversements de l'histoire, obligé de s'exiler loin des steppes qu'il a parcourues avec tant d'ardeur, et qui, après avoir erré de prison en prison dans divers pays, devint ouvrier chez Renault et mourut dans une extrême pauvreté. Voici l'un des épisodes les plus glorieux, et pourtant méconnu, de la mémoire des vaincus.
Venu du marxisme, dont il a constaté très tôt les impasses, Cornelius Castoriadis a voulu réinventer la révolution. Selon lui, la modernité voit s'affronter deux projets de société : celui d'une maîtrise rationnelle du réel et celui d'une autonomie de toutes et de tous. Le premier a donné des résultats désastreux en engendrant le règne de la technique et de l'économie. Le second reste encore à construire pour qu'advienne une société vraiment démocratique dans laquelle le peuple se gouverne lui-même, se passant de toute classe dirigeante. Castoriadis a mis en lumière les origines de ce projet d'autonomie qui remontent à la Grèce antique. Il en a analysé les expressions modernes, de la révolution russe de 1917 aux révoltes des années 1960. Mais surtout, il en a examiné les conditions pour que se développe une politique émancipatrice aujourd'hui : auto-organisation des luttes, pratique de l'égalité et sens des limites. Ce projet d'autonomie n'est pas un programme clés en main. Il est un imaginaire autant qu'une expérience. Il est un horizon, celui d'une société consciente du fait que le pouvoir est l'affaire de tous. C'est cette réflexion multiforme et souvent complexe que présente et questionne ce livre qui offre pour la première fois une synthèse claire, accessible et percutante de la pensée politique de Castoriadis.