Les temps sont mûrs pour définir un nouveau type de comparatisme indo-iranien, qui serait fondé sur une approche globale de littératures pareillement constituées à des fins liturgiques : la védique et la mazdéenne. Telle était la conviction commune aux organisateurs du colloque intitulé Aux sources des liturgies indo-iraniennes, qui s'est tenu à l'Université de Liège, les 9 et 10 juin 2016, avec l'appui du Fonds National pour la Recherche Scientifique. Le présent volume, fondé sur les contributions présentées à ce colloque, est destiné à permettre à des indianistes et à des iranistes spécialisés dans ces questions de faire le point sur l'état des connaissances en présence les uns des autres.
Les religions du monde contemporain se référent presque toutes à un livre que leurs fidèles considèrent comme sacré. L'Avesta, qui servit dans les communautés zoroastriennes d'Iran, d'Inde et dans leur diaspora, semble appartenir à cet ensemble, en témoignant des origines de la religion préislamique des tribus iraniennes. Quelque chose toutefois exige une attention plus insistante. Presque toujours abordé comme l'expression théorique d'une doctrine religieuse ou le miroir d'une histoire et d'une géographie révolues, l'Avesta est aussi une machine littéraire dont il faut démonter les rouages. C'est-à-dire analyser avec précision le mode de transmission, les particularités de structure et les intentions liturgiques qui ont présidé aux assemblages textuels. Telle est l'ambition de ce livre retraçant l'évolution des recherches depuis les origines jusqu'aux avancées du XXIe siècle, qui ont révolutionné les thèses couramment admises jusqu'alors.