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Jusqu'à ce qu'ils me disent. Lectures 2015-2020
Rappaport Shoshana ; Samoyault Tiphaine
BRUIT DU TEMPS
16,00 €
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EAN :9782358731829
Ce livre est un recueil de notes de lecture publiées entre 2007 et 2020. Elles concernent une trentaine d'oeuvres d'écrivains européens, pour l'essentiel, français, anglais, allemand, suisse et russe (d'Emily Brontë à Muriel Pic). Si Shoshana Rappaport y évoque bien certaines affinités électives (Woolf, Plath, Tchekhov), l'absence de Marina Tsvétaïeva, qu'elle avait évoquée fraternellement dans un précédent volume, suffit à faire comprendre que ce recueil ne prétend en aucune façon à dresser un panorama exhaustif de ses goûts en littérature. En revanche, d'une lecture à l'autre - de la redécouverte enthousiaste des vers du Kamasutra au plaisir de lire les lettres de Beckett, Boussole, de Mathias Enard ou la Chronique des sentiments, d'Alexander Kluge - ce recueil ouvert aux quatre vents des sensations complète le portrait d'une lectrice sensible, au plus haut degré, à la matière émotive du langage. Les notes sont réparties entre quatre chapitres : "Demain, qui sait, nous serons libres" , "Un autre usage du monde" , "Fixer la beauté" , "Tout près des oiseaux" , qui chacun renvoie, plus ou moins, à une dimension du réel : amoureuse, géographique, esthétique, spirituelle. Ce qu'écrit Shoshana Rappaport de l'oeuvre de J. -B. Pontalis révèle peut-être ce qui la retient dans ses lectures, et qu'elle voudrait mettre au jour : "entre le portrait d'un autre et un autoportrait, parler ''davantage à travers soi que de soi''. Au préalable, chercher à saisir l'état intermédiaire, tel entrelacs indistinct, où surgit une parole livrée au monde lorsqu'elle n'est pas entravée". Au fil des notes ("vicissitudes de la lecture, errance") surgissent des interrogations qui lui sont essentielles. Chez Shoshana Rappaport, l'art de la lecture est une autre façon de faire retour sur soi : "Peut-on dire non à sa propre vie ? " , "Une femme peut-elle ou non renouer avec un ancien amant ? " , "Le plaisir s'enseigne-t-il ? " , "Comment parvenir à se ''décentrer'' sans se délester de ce que l'on est, partant de ce que l'on deviendra, rencontre faite ? " , "De quoi (s') est-on éloigné ? De quoi vit-on séparé ? " , "En quoi la lecture dite ''littéraire'' est-elle cathartique ? " A ces questions délicates, qu'on se formule aux heures de souffrance, la lectrice oppose toujours une protestation de vitalité : "Amants soyez inventifs" , conseille-t-elle à son lecteur. Dédié à sa fille, ce livre peut se lire comme une déclaration d'amour à la vie sous toutes ses formes. Reprenant à son compte une notion d'Hélène Merlin-Kajman, l'auteur se propose de "de défendre, non pas un patrimoine littéraire, non pas un corpus prescrit, mais une zone privilégiée, une zone à défendre (ZAD), dans laquelle les échanges peuvent et doivent avoir lieu, espace ouvert, nécessaire, sans lequel il n'y a pas de littérature".
Nombre de pages
176
Date de parution
18/11/2022
Poids
174g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782358731829
Titre
Jusqu'à ce qu'ils me disent. Lectures 2015-2020
Auteur
Rappaport Shoshana ; Samoyault Tiphaine
Editeur
BRUIT DU TEMPS
Largeur
120
Poids
174
Date de parution
20221118
Nombre de pages
176,00 €
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- Est-ce une femme ? - Est-ce un homme ? - Mais que vous importe qui parle ? Tour à tour seules ou plurielles, singulières ou communes, des voix esquissent le récit d'une rencontre, d'un amour magnifié, d'un inévitable malentendu. S'enchaînent, selon le rythme syncopé de la milonga, les émotions traversées, la complicité, le rire, l'échange, le rêve, la troublante perplexité. Dansée sur la scène du théâtre de la pensée, ici la vie n'est pas un songe, mais parfois la source d'une méprise délicate. Comme un tango. La vida es una milonga.
Léger mieux puise sa matière dans la vie quotidienne de poètes lus et admirés. Articulé autour de trois grandes figures du XXe siècle, une Anglaise, une Américaine et une Russe : Virginia Woolf, Sylvia Plath et Marina Tsvetaïeva, ce livre très original essaie de restituer l'intimité d'une vie d'écrivain. La prose de Shoshana Rappaport est à la fois simple et aérienne, proche du journal et du monologue intérieur. Elle nous transporte de la table de travail au jardin en fleurs, nous rendant infiniment proches ces femmes que lie un même tourment face à la vie. Rien d'impudique ni d'indélicat, pas un mot sur leur suicide, mais au contraire une remarquable attention aux détails les plus vivants et les plus concrets de leurs journées. Tout l'art du texte est de lier ici l'infime d'une voix ou d'une silhouette à l'embellie précaire d'un ciel ténébreux. Shoshana Rappaport signe là son meilleur livre : un émouvant et fraternel hommage à trois femmes hantées par les mots jusqu'à leur mort.
Résumé : Depuis plus de trente ans, il a dressé la carte de la frontière en expansion de l'irréalité américaine. Il est un véritable trésor national (Ray Carney). Mark Rappaport, cinéaste américain indépendant, est l'auteur de vingt-deux films et vidéos. Son film de fiction The Scenic Route a été choisi comme "le film le plus original et le plus imaginatif de l'année 1978" par le British Film Institute. Mark Rappaport écrit aussi, de plus en plus, sur le cinéma. Il écrit sur ses propres films, comme sur les films, les cinéastes et les acteurs qu'il aime. Mais il le fait en développant surtout une forme neuve et très personnelle de critique, dont la fiction est le ressort interne. L'univers du cinéma s'y avère un lieu de permutations et de rencontres, autant que d'affects improbables. Marcel Proust y croise Alain Resnais à Marienbad ; Madame de... de Max Ophuls s'y transforme en film de famille ; l'héroïne de Vertigo d'Alfred Hitchcock se mue en mère d'un narrateur inattendu ; l'acteur d'Ivan le Terrible de S.M. Eisenstein et la star de L'Impératrice rouge de Josef von Sternberg, Marlène Dietrich, deviennent amants pendant leurs tournages dans un même studio ; l'acteur caché dans la "créature du lac noir" se confesse. Le cinéma se métamorphose et renaît dans ces essais d'imagination souvent écrits pour la revue Trafic, mais pour une bonne part inédits, dont leur auteur a composé un véritable livre." Raymond Bellour.
Résumé : En 1865, Abraham Lincoln abolit l'esclavage aux Etats-Unis. D'origine très modeste, Abraham Lincoln s'instruit seul et exerce toutes sortes de métiers avant de devenir avocat et de se lancer en politique. Elu président, il est porté par un objectif : mettre fin à l'esclavage.
Ce volume reproduit la traduction de La Mort à Venise commandée en 1946 à Philippe Jaccottet par l'éditeur Henry-Louis Mermod avec l'approbation de l'auteur, et publiée en Suisse l'année suivante. Miroir et statue ! Il embrassait du regard la noble figure debout là-bas au seuil de l'azur et, exalté par son ravissement, il croyait dans ce seul regard saisir le Beau en soi, la Forme en tant que pensée divine, la pleine et pure perfection qui n'existe que dans l'esprit et dont s'élevait ici, pour qu'on l'adorât, légère et pleine de grâce, une copie, une image humaine. C'était l'invasion de l'ivresse ; et l'artiste vieillissant l'accueillait sans hésitation, avidement. Il sentait son esprit tournoyer en vastes cercles, sa culture s'émouvoir, sa mémoire brasser des mythes immémoriaux appris au temps de sa jeunesse et que nulle personnelle chaleur n'avait jusqu'alors ravivés. Thomas Mann, La Mort à Venise - chapitre IV, 1912.
Unique roman de l'auteur, Six Nuits sur l'Acropole est un livre de jeunesse, esquissé dans les années 1920, mais réécrit dans la fièvre vingt-cinq ans plus tard par Séféris alors qu'il était en poste au Liban dans les années 1950 et qu'il ne se sera jamais résolu à publier de son vivant, peut-être parce qu'il craignait d'y avoir révélé trop de lui-même. Sept jeunes gens, parmi lesquels Stratis, l'alter ego de l'auteur, s'y cherchent, perpétuellement tiraillés entre la grandeur passée de la Grèce et leur refus de la réalité présente d'Athènes, entre leurs rêves d'absolu et l'omniprésente sensualité à laquelle les invitent, en ce début de 1928, la grande ville et leur " croyance à la toute-puissance du corps " (comme il est dit dans un poème de 1941). Ils forment le projet de se réunir chaque nuit de pleine lune sur l'Acropole, avec l'espoir – illusoire dans l'Athènes " rétrécie " des années vingt – d'y puiser " la force de leurs ancêtres immortels ". Le projet échouera, bien sûr, mais nul besoin de connaître déjà l'oeuvre poétique de Séféris, pour être séduit par ce portrait hachuré d'une poignée de jeunes gens en quête de cohésion et s'ébrouant dans une bohême qui nous semble encore assez neuve. Comme l'écrit le traducteur : " On peut lire ces Six Nuits sur l'Acropole comme un divertissement romanesque et moins juvénile qu'il n'y paraît, y chercher le portrait d'une ville et d'une génération où affleureraient aussi les réalités de l'époque, ou encore prêter à ce livre, sous le patronage de Dante qui introduit ce récit d'une jeunesse revisitée et l'éclaire de nouveau à la toute fin, des significations insoupçonnées. On y retrouvera dans tous les cas cette manière propre à l'auteur de s'attacher à tous les aspects du réel, jusqu'aux plus prosaïques, pour tâcher d'en entendre et d'en dégager le sens ".
Je n'ai pas envie de parler de moi, mais d'épier les pas du siècle, le bruit et la germination du temps..." Même s'il s'en défend, avec Le Bruit du temps, publié en 1925 et rédigé en Crimée dès 1923, Mandelstam signe son livre le plus autobiogaphique et donc la meilleure introduction qui soit à son oeuvre. Il y évoque le Pétersbourg d'avant la révolution et sa formation de poète: de la bibliothèque (russe et juive) de son enfance à l'étonnant professeur de lettres, V. V. Gippius, qui lui a enseigné et transmis la "rage littéraire". Mais le livre est aussi une éblouissante prose de poète, qui annonce Le Timbre égyptien. Une prose où le monde sonore du temps (concerts publics, mais aussi intonations d'acteurs, chuintements de la langue russe) constitue la base du récit, une prose qui jaillit d'un regard à travers lequel le monde semble vu pour la première fois, avec une étonnante intensité. Mandelstam compose ainsi une suite de tableaux d'une exposition sur la préhistoire de la révolution. Le livre s'achève au présent sous une chape d'hiver et de nuit ("le terrible édifice de l'Etat est comme un poële d'où s'exhale de la glace"), face à quoi la littérature apparaît "parée d'un je ne sais quoi de seigneurial" dont Mandelstam affirme crânement, à contre-courant, qu'il n'y a aucune raison d'avoir honte ni de se sentir coupable. Pourquoi traduire une nouvelle fois Le Bruit du temps alors qu'il existe déjà deux traductions en français, l'une, médiocre, dans une anthologie de proses de Mandelstam intitulée La Rage littéraire chez Gallimard, jamais rééditée; l'autre, extrêmement précise, par Edith Scherer, à L'Age d'homme, reprise dans la collection "Titres" chez Christian Bourgois? Sans doute parce qu'il fallait faire appel à un poète pour donner à entendre dans une langue d'une grande richesse, la musique et l'éclat si particuliers de cette prose. Nous avons commandé cette traduction nouvelle à Jean-Claude Schneider, admiré de poètes allemands comme Hölderlin, Trakl, Bobrowski, qui avait déjà traduit de Mandelstam, à La Dogana, des poèmes de Simple promesse et surtout le magnifique Entretien sur Dante, précédé de La Pelisse.
II est terrible de penser que notre vie est un roman, sans intrigue et sans héros, fait de vide et de verre, du chaud balbutiement des seules digressions et du délire de l'influenza pétersbourgeoise. L'Aurore aux doigts de rose a cassé ses crayons de couleur. Ils gisent aujourd'hui comme de jeunes oiseaux, avec des becs béants et vides. Cependant, tout absolument me semble contenir les arrhes de mon délire favori en prose."