Raabe Wilhelm ; Le Rider Jacques ; Fournier Pierre
CIRCE
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EAN :9782842425074
Un 15 novembre, dans les rues d'une grande ville, les visages moroses s'illuminent quand tombent les premiers flocons de l'hiver à venir. Témoin de cette métamorphose, Johannes Wachholder, un presque sexagénaire esseulé, démocrate "en des temps de détresse" (Hölderlin), conçoit alors un projet dont il espère qu'il lui permettra de traverser cet hiver qu'il redoute : tenir la chronique des événements de sa rue en y entrelaçant ses souvenirs et, particulièrement, ceux, lumineux, de l'enfance de sa fille adoptive. A-t-il trouvé la formule qui lui permettra de tenir à distance la dépression qui le menace ? Et ce succès, si succès il y a, peut-il désamorcer durablement la profonde mélancolie qui l'habite ? Tenu aujourd'hui, comme le grand romancier réaliste de langue allemande du dix-neuvième siècle, Wilhelm Raabe (1831-1910) avait 23 ans quand il écrivit ce premier livre. Salué à sa parution par la critique, LaChronique de la rue aux Moineaux était trop novateur, formellement, pour les lecteurs de son temps et ne rencontra le succès que vingt ans plus tard, au prix d'un complet malentendu : son nouvel éditeur l'ayant présenté comme un "classique intemporel" , le public du Deuxième Reich ne sut pas y voir le livre de la génération des déçus de 1848 qu'il est, mais un récit conventionnel pour journal des familles. Ce n'est que depuis les années soixante du siècle dernier que les spécialistes prennent la juste mesure de ce texte dont l'importance réside "et dans son adéquation à son temps, son rapport étroit avec les conditions politiques et sociales qui l'ont vu naître, et dans sa rupture avec lui, par sa forme annonciatrice du futur". (Ulrike Koller)
Nombre de pages
249
Date de parution
07/04/2023
Poids
318g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782842425074
Titre
La chronique de la rue aux Moineaux
Auteur
Raabe Wilhelm ; Le Rider Jacques ; Fournier Pierre
Editeur
CIRCE
Largeur
140
Poids
318
Date de parution
20230407
Nombre de pages
249,00 €
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Raabe Wilhelm ; Cassagnau Laurent ; Le Rider Jacqu
Faisant écho à son premier roman La Chronique de la Rue aux Moineaux (Circé, trad. P Foucher) le roman tardif de Wilhelm Raabe (1831-1910) Les Archives du Chant des Oiseaux, publié en 1896, porte dans son titre même la problématique centrale de cet écrivain majeur du réalisme allemand : l'opposition entre une existence bourgeoise réussie mais étroite, et l'attrait d'une vie de bohéme dans laquelle toutefois l'individu risque de se perdre. Par ailleurs le titre renvoie à la difficulté de faire coïncider le passé consigné par écrit et la mémoire fragmentaire, de construire, à partir de documents d'archives, une narration ordonnée qui puisse rendre justice au passé vécu subjectivement. Apprenant la mort tragique de son fantasque ami d'enfance Velten Andres, le juriste et bon père de famille Karl Krumhardt se replonge dans ses archives personnelles pour tenter de retracer sa jeunesse marquée par cette personnalité à la fois forte et fragile, notamment les sentiments d'amour-haine qui, tout au long de sa brève existence, ont lié Velten Andres à une jeune voisine, Helene Trotzendorff. Le récit des années d'apprentissage de ce trio a pour cadre le "Chant des Oiseaux", quartier idyllique d'une petite ville de province dont la sociabilité est menacée par l'industrialisation et l'urbanisation. Interrompant régulièrement le fil de la narration pour souligner l'impuissance des archives à dire la complexité des sentiments humains et à restituer le passé, Karl Krumhardt voit sa confiance dans l'écriture ébranlée. Par ce roman, dans lequel transparaissent les désillusions de Wilhelm Raabe qui avait placé beaucoup d'espoirs dans l'unification de l'Allemagne sous la houlette de Bismarck, l'auteur s'inscrit dans cette modernité romanesque qui au XXe siècle explorera sans relâche les mécanismes de la mémoire.
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.