Eloge de la simulation. De la vie des langages à la synthèse des images
Quéau Philippe
CHAMP VALLON
21,00 €
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EAN :9782903528676
La simulation est un nouvel outil d'écriture : elle fonde d'autres raisons, d'autres visions ; elle ouvre de nouveaux territoires à la création et à la connaissance. Nous étions habitués à trouver dans les langues naturelles un inépuisable réservoir de formes et d'images. Et pourtant nous mesurons chaque jour les limites de la langue, ses impuissances, et ses faux-semblants. Comme solution partielle, on propose dans cet essai de considérer les mathématiques comme un art de la manipulation symbolique. Avec l'aide infatigable des calculateurs numériques et, bientôt, symboliques, elles nous fournissent des métaphores inédites, inénarrables, indicibles, en faisant proliférer des " êtres mathématiques " doués d'une autonomie, d'une " vitalité " propres (attracteurs étranges, structures dissipatives, hiérarchies enchevêtrées, dynamiques chaotiques...). L'intense productivité des calculateurs permet même de simuler des " êtres " non élucidés mathématiquement comme les fonctions " semi-calculables " ou les automates infinis de Church. Fuyant les cercles morts de la tautologie, les mathématiques conquièrent le flou, l'incertain, l'approximatif, mais aussi le " biologique ", le " vivant ", l'" autonome ". Loin d'être confinés dans le ghetto des spécialités, ces systèmes symboliques fraient des pistes nouvelles et sensibles, comme les images de synthèse... Ces images " numériques " sont entièrement saisies par le langage - informatique ou logico-mathématique. Dès lors, elles peuvent disposer de l'arsenal des " modèles " déjà évoqués. Aussi assistons-nous à la genèse d'un art roboratif, fait d'images fluides, vivaces ou rêveuses, mues par les secrets enlacements des algorithmes diserts.
Nombre de pages
256
Date de parution
01/09/1993
Poids
416g
Largeur
158mm
Plus d'informations
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EAN
9782903528676
Titre
Eloge de la simulation. De la vie des langages à la synthèse des images
Auteur
Quéau Philippe
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
158
Poids
416
Date de parution
19930901
Nombre de pages
256,00 €
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Comment la " réalité virtuelle " influe-t-elle sur nos façons de voir le monde, sur nos relations avec les autres, sur notre sens du " réel " ? N'est-ce pas l'image même de l'homme qui se modifie, à mesure des évolutions technologiques ? La société planétaire qu'on nous annonce saura-t-elle nous redonner le sens du " bien commun " ou bien signera-t-elle le triomphe du marché ... Une révolution est en marche. Nous pouvons cependant encore l'infléchir. Raison de plus pour tenter de mieux mesurer, dès aujourd'hui, ses enjeux, son ampleur, ses conséquences.
L'auteur, directeur de recherche à l'INA, pose le problème de savoir si le virtuel, qui propose une autre expérience du réel, est une mode passagère et par là anodine ou, au contraire, une rupture profonde avec la réalité, ses représentations et plus généralement avec le monde. Les images de synthèse "à la différence des images photographiques ou vidéographiques, (...) sont d'abord du langage", à ce titre elles instaurent un nouveau rapport entre le langage et l'image. Le fait que les techniques du virtuel soient arrivées à maturité va entraîner un coût croissant, qui le rendra de plus en plus accessible à un public plus vaste. Se pose alors la question du statut de cette réalité intermédiaire, des mondes virtuels créés par ordinateur, dans lesquels il est possible de s'immerger, d'évoluer et même d'agir, c'est-à-dire d'abandonner la position extérieure de spectateur. Cette question impose une réflexion d'ordre éthique et philosophique dont l'auteur propose d'établir les bases. --Futuribles--
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...