Avis au consommateur. Chine : des ouvrières migrantes parlent
Pun Ngai ; Denès Hervé ; Simon Claire
INSOMNIAQUE
15,30 €
Épuisé
EAN :9782915694543
La Chine est devenue l'immense usine qui fournit toute la camelote dont les marchés sont inondés de par le monde. Ce " miracle " qui bouleverse l'ordre planétaire n'a pu s'accomplir que par l'exode de deux cents millions de paysans qui ont quitté leurs villages pour aller trimer dans les usines de la côte. Seize paysannes devenues ouvrières racontent leur aventure, souvent cruelle, une fois débarquées dans les villes. Bas salaires, horaires démentiels, discipline brutale, encasernement - les conditions décrites par les femmes qui témoignent dans cet ouvrage révèlent de véritables bagnes industriels. Pourtant, malgré l'exploitation féroce qui sévit dans l'" atelier du monde ", la ville a ouvert leur horizon, leur offrant la possibilité de nouer des liens amicaux ou amoureux hors du carcan patriarcal et d'échapper aux mariages forcés. Elles y découvrent aussi les grèves et la force de la solidarité ouvrière, qui font craquer les habits neufs du despotisme oriental. On lira ces témoignages - recueillis par Pun Ngai, sociologue de Hong Kong - avec d'autant plus d'intérêt que ce genre de document, rare en français, devrait titiller quelque peu la bonne (in)conscience repue du consommateur occidental...
Nombre de pages
155
Date de parution
14/06/2011
Poids
245g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782915694543
Titre
Avis au consommateur. Chine : des ouvrières migrantes parlent
Auteur
Pun Ngai ; Denès Hervé ; Simon Claire
Editeur
INSOMNIAQUE
Largeur
141
Poids
245
Date de parution
20110614
Nombre de pages
155,00 €
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Extrait de l'introductionJe ne sais pas comment j'ai survécu, mais je suis la seule qui reste vivante. Toutes les femmes de mon village sont mortes dans l'incendie. Je n'arrive toujours pas à croire à cette chance que j'ai eue d'échapper aux portes des enfers...Une survivante à l'incendie d'une usine en ChineLe 19 novembre 1993, un incendie a ravagé une usine de Shenzen gérée par un sous-traitant de Hong Kong d'un fabricant européen de jouets, marque très connue sur les marchés américain et européen. Plus de quatre-vingts ouvriers ont été tués, tous sauf deux d'entre eux étant des femmes. Cinquante autres ont été grièvement brûlés et vingt autres blessés. La tragédie a choqué la société chinoise, de même que la communauté internationale, comme si c'était le premier traumatisme infligé par le capital mondial dans la Chine de l'époque des réformes et comme si les médias avaient soudainement pris conscience et reconnu les coûts considérables supportés par les travailleurs migrants de la campagne pour prix d'un développement économique rapide. Cependant, le rêve de la modernité dans la société chinoise - la très grande confiance accordée aux forces du capital et du marché, en particulier après les promesses illusoires de l'État et du Parti communiste chinois - est marqué de manière permanente par les incendies d'usines, qui s'alimentent d'espoirs et de désirs, mais aussi des conséquences funestes du développement postsocialiste où les sacrifices des gens ordinaires et des classes subalternes sont considérés comme un élément indispensable pour le développement. Par chance, j'ai pu rencontrer Xiaoming qui, seule de toutes les ouvrières migrantes de son village, avait survécu à l'incendie de l'usine. Ce furent Xiaoming la survivante et l'incendie qui a causé l'effondrement du bâtiment de l'usine mais n'a jamais brisé les rêves des jeunes dagongmei chinoises, les filles ouvrières migrantes, qui m'ont conduite à écrire ce livre. Je ne sais toujours pas avec certitude si ce sont ces survivantes qui se nourrissaient de rêves et de désirs ou l'incendie et ces morts qui m'ont incitée à l'entreprendre.En rassemblant les éléments de cette violence sociale inéluctable faite à la vie des femmes, j'ai entamé un long parcours à la recherche d'un sujet-ouvrier chinois qui se situe dans la trajectoire de l'intégration du système socialiste étatique chinois au capitalisme mondial. J'ai également souhaité exprimer un genre mineur possible de résistance sociale dans la Chine contemporaine, pays qui se transforme rapidement en «atelier du monde» pour la production mondiale, en fournissant aux investisseurs d'énormes quantités de main-d'oeuvre bon marché et d'abondantes ressources naturelles. L'histoire de vie de Xiaoming fait immédiatement venir à l'esprit l'incendie, la souffrance et la mémoire, attirant l'attention sur un traumatisme marquant et sur la résistance sociale qui traverse la vie des dagongmei en cette période de restructuration de la société chinoise.
Jacques Pimpaneau a consacré la majeure partie de sa vie à la Chine et s'est évertué à faire apprécier en France les subtilités sociales et culturelles du monde chinois. Ni autobiographie ni savant ouvrage, ce récit relate à petites touches un parcours singulier, commencé par l'étude du chinois à Paris et un séjour à Pékin à la fin des années 1950, lors du "Grand Bond en avant" et de la famine qu'engendra cette politique économique désastreuse. Ce cheminement a abouti à ce qui, somme toute, reste important aux yeux de l'auteur, ce qu'il a retenu de la culture chinoise après avoir tout oublié. "Sinologue m'a toujours paru une insulte, car se prétendre spécialiste de la Chine est ridicule ", proteste-t-il. Outre les anecdotes et réflexions dont regorge ce livre, l'auteur y évoque les écrivains et les artistes qu'il a connus - notamment ceux qui ont marqué son regard sur la Chine et à qui il doit de n'avoir été ni maolâtre ni "expert" ès-chinoiseries, mais simplement, comme s'en souviennent ses anciens étudiants, un professeur pas comme les autres, pour lequel "les différences entre les cultures sont bien moindres que celles qui existent partout entre classes sociales".
Bertrand André ; Schneider André ; Dumontier Pasca
En 1966, un groupe d'étudiants contestataires fut élu à la tête de l'AFGES (Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg), alors branche locale de l'UNEF. Leurs sympathies allaient aux anarchistes, à Max Stirner, à Makhno et à Durruti, mais aussi aux surréalistes et aux dadaïstes. Les contacts pris par certains d'entre eux avec l'Internationale situationniste se concrétisèrent par la rédaction de l'emblématique pamphlet De la misère en milieu étudiant. Les prises de position publiques et les actions concrètes qui entourèrent la diffusion de ce brûlot ne laissaient aucun doute : ces étranges et dangereux élus syndicaux oeuvraient à la dissolution de leur syndicat après avoir dilapidé ses fonds en fêtes et en propagande subversive. Ils ne visaient rien d'autre qu'au renversement révolutionnaire de la société - dans le but de libérer la vie quotidienne de l'aliénation du travail salarié, pour "vivre sans temps mort et jouir sans entraves". Ces exigences élémentaires et leur début d'application causèrent un immense scandale, relayé largement par la presse de l'époque, tant en France qu'à l'étranger. On s'accorde à dire que ce scandale fut à la fois le prélude et le ferment des événements de Mai 68. Il est raconté ici pour la première fois en détail par deux de ses principaux acteurs. Les documents et les témoignages qui étayent leur récit dévoilent les dessous de cette aventure, qui propulsa les situationnistes - leur style et leur critique radicale - sur le devant de la scène médiatique.
On s'entre-tue plus que jamais au nom de Dieu et de ses divers prophètes sur cette fichue planète. Partout, même au "pays de Voltaire", les fanatiques de tout poil - à barbe, papillotes ou tonsure - tentent d'imposer leur morale sépulcrale, fondée sur des fables puériles et les plus absurdes superstitions. L'opium du peuple est devenu l'amphétamine des fous de Dieu. Certes, le retour du religieux se nourrit des multiples névroses et frustrations qu'engendre la société marchande... Et certes, le commerce de la foi prospère grâce à l'ignorance crasse et à la jobardise des croyants... Mais ce n'est pas une raison pour accorder des circonstances atténuantes à ceux qui vendent du vide à ces gogos et les manipulent : prêtres, imams, rabbins, gourous et autres bonzes, dont la cause commune, le grand oeuvre ténébreux, le but affiché ou secret, demeure l'asservissement de l'humanité. Les 144 citations rassemblées ici constituent une réfutation plurielle - tantôt sévère, tantôt souriante - de la notion de Dieu et des sectes qui s'en réclament, mais aussi une dénonciation des mystagogues qui en vivent et des illuminés qui en meurent. Pour choisir ces aphorismes et propos, nous avons mis à contribution quelques-uns des innombrables esprits libres qui ont signalé, au fil de leurs écrits, l'imbécillité et l'hypocrisie qui forment la substance de toute religion.
Le narrateur est interpellé dans son jardin par une cucurbitacée, qui se présente sous le nom de professeure Coloquinte. Elle lui confie la tâche de recenser les multiples dangers qui menacent la vie sur terre en raison de ce "putain de facteur humain", comme dirait Hubert Reeves. Au fil d'une enquête sur les méfaits mortels des pesticides, l'enfouissement irresponsable des déchets nucléaires, les tonnes de gaz à effet de serre expédiées dans l'atmosphère, le narrateur prend conscience de l'emballement des nuisances écologiques provoquées par l'espèce humaine. Il comprend aussi qu'elles sont inéluctables, en raison de la nature même du mode de domination actuel, et seront bientôt irréversibles si la dictature du fric n'est pas renversée au plus vite.