Les années 1950 et 1960 ne sont pas seulement, en littérature, celles des ingénieurs du Nouveau Roman et des doctes de Tel Quel. Loin de leurs recherches abstraites et laborieuses, des rêveurs plus audacieux ont maintenu la tradition du roman historique et d'aventures, comme Marc Messager. Son Cargo du crépuscule (1962) emprunte à l'Histoire, car il se déroule sur la côte méditerranéenne juste après la Libération ; mais il introduit surtout une bande de gangsters dans le château d'une Belle endormie, à la recherche d'un trésor trompeur et, pour l'un d'entre eux, à la découverte d'une amitié vraie. Jean-Benoît Puech résume puis commente ici ce roman que plusieurs cinéastes contemporains ont été tentés de porter à l'écran. On imagine l'adaptation qu'un Fritz Lang aurait pu en réaliser. Certaines ?uvres nous aideraient-elles, ou leur relecture, à comprendre mieux nos propres obsessions ?
Nombre de pages
80
Date de parution
12/04/2019
Poids
140g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782377920402
Titre
Moonfleet 1947
Auteur
Puech Jean-Benoît
Editeur
FATA MORGANA
Largeur
125
Poids
140
Date de parution
20190412
Nombre de pages
80,00 €
Disponibilité
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Chacun des textes de ce recueil pose à sa manière la même question : Qu'est-ce qu'être lu ? Nous lirons donc ici des études à propos de récits qui ne sont pas encore écrits, dont les auteurs hypothétiques mettraient en scène, paradoxalement, ce qui échappe à tout public : l'art de créateurs sans oeuvres, d'oeuvres sans commentaires, de commentaires sans lecteurs et peut-être l'art en personne sans créateur. Autant dire l'impossible, pourtant cet impossible semble se manifester dans ces histoires de fantômes ou ces mystérieuses aventures d'enfants autistiques, d'adolescents masochistes, d'officiers de la Grande Muette, de faussaires peu pressés d'avouer leurs talents, de prêtres emportant dans la tombe le secret de leurs confessions. Mais ces figures trop humaines de ce qui ne se laisse pas lire se souviennent bientôt qu'elles doivent à l'écriture et à son commerce leur secrète existence.
Ce livre est un recueil de dix récits. Les neuf premiers se présentent comme des articles critiques sur des romans peu connus, où l'intrigue, la narration, le romanesque même l'emportent sur le commentaire. Le dixième prend la forme d'une brève auto-biographie de l'homme qui a écrit les neuf "comptes rendus" précédents. Cette autobiographie finale, qui semble sincère, devrait permettre de comprendre pourquoi le critique a choisi de nous faire connaître des oeuvres certes attachantes mais pourtant mineures au regard de plus grandes ou de plus célèbres. On voit bien que ces aventures de genres très divers, du roman policier à la fable de science-fiction en passant par le feuilleton réaliste, la comédie dramatique ou le roman d'analyse, ont "un air de famille", dans leur contenu et même dans leur forme. Puis on devine qu'elles sont pour le critique, lecteur sérieux mais imaginatif, des transpositions d'expériences qu'il a vécues personnellement mais qu'il n'aurait pas su exprimer ni communiquer, faute d'être lui-même romancier.
Ne croyez pas - sous prétexte que vous avez réglé leur compte aux dieux, avec ou sans linceul de pourpre, en quatre coups de cuiller à pot, et mis l'univers en bouteille, et parce que vous vous faites fort d'exorciser toute chose en l'appelant par son nom, comme on sonne un domestique, et de regarder le soleil bien en face quand ça vous chante - ne croyez pas que c'en est fait pour autant de l'Ombre inexorable qui vous hante et vous guide à chaque pas, lors même qu'elle semble vous suivre comme un chien. Voici l'éternelle Astrologie, à quoi beaucoup de sagesse vous ramène - si un peu de science vous en éloigne. Ainsi soit-il ! Léon-Paul Fargue, dans cet avant dernier livre, jamais repris, vient "rechercher l'illustration vivante des décrets astrologiques". Il y fait briller autant de constellations qu'il aura eu de vies à remplir et donne, par une ivresse verbale, une vision cosmique aussi sérieuse que cocasse : après Paris, ce sont les astres qu'il arpente pour y promener son "âme délinquante et ? ère". Pour cette édition Pierre Alechinsky réalise douze encres reproduites en pleine page.
L'attirance est pour Blanchot ce qu'est, sans doute, pour Sade le désir, pour Nietzsche la force, pour Artaud la matérialité de la pensée, pour Bataille la transgression : l'expérience pure du dehors et la plus dénudée. Encore faut-il bien comprendre ce qui est désigné par ce mot : l'attirance, telle que l'entend Blanchot, ne prend appui sur aucun charme, ne rompt aucune solitude, ne fonde aucune communication positive. Le seul essai essentiel sur Maurice Blanchot.
Ecrivain surréaliste, à la fois poète, conteur, romancier et essayiste, André Pieyre de Mandiargues a entretenu d'étroites relations avec l??uvre écrite et peinte d'Henri Michaux, son ami. Son monde où pulsions et fantasmes bousculent le réel, où une liberté onirique aux con?ns de l'imaginaire et du désir lézarde le quotidien (dans un trouble merveilleux), coïncide par plusieurs frontières avec celui de Michaux. Personne n'était alors mieux placé pour poser sur ?ce très haut phare à feu noir? un regard aussi profond que personnel. Dans ces trois textes Michaux devient un voyant, une sorte d'Aède qui entrevoit dans les ténèbres les contours nets des origines, naissance de toute chose : aimons-le !