Consacrés aux usages de la mesure des effectifs de partis politiques de gauche en France, les deux premiers articles examinent les pratiques et usages du dénombrement des membres du Parti socialiste (F. Cépède) et du Parti communiste français (P. Boulland). Deux articles relèvent de l'histoire de la mesure : O. Reguin étudie la transmission des mesures agraires dans l'espace italien, de l'Antiquité au Moyen Age, en posant l'hypothèse d'une étape byzantine ; G. Serra décrit l'élaboration, par la Commission économique pour l'Afrique des Nations unies, d'indicateurs de développement pour mener les réformes libérales à partir de 1980. Deux autres articles appliquent des méthodes statistiques à des objets d'histoire. Au départ d'une base de données prosopographique relatives aux officiers d'Etat de Lorraine sous la première modernité, A. Fersing aborde la question de la catégorisation à partir de la structure des données, explorées par une analyse des correspondances multiples et une classification ascendante hiérarchique. L. Herment et E. Memel analysent la diffusion spatiale des différents engrais commerciaux en France au milieu du XIXe siècle en s'appuyant sur un SIG et un modèle de régression logistique suivi d'une analyse en composantes principales.
Nombre de pages
240
Date de parution
02/05/2019
Poids
316g
Largeur
160mm
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EAN
9782713227523
Titre
Histoire & Mesure Volume 33 N° 1/2018 : Varia
Auteur
Prochasson Christophe
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
316
Date de parution
20190502
Nombre de pages
240,00 €
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La question morale est devenue l'un des aspects, et non des moindres, de la question sociale. Pour le pire et le meilleur, on peut même s'attendre à ce que la première s'installe à la place de la seconde. De la même façon que la question sociale prit progressivement, au cours du XIXe siècle, les teintes chatoyantes de la politique, la question morale est en train d'absorber, sous nos yeux, toute la politique, son langage comme son horizon, ses ressorts émotionnels comme son répertoire d'actions collectives. On l'a vue surgir au centre de la dernière campagne présidentielle de 2007 durant laquelle s'affrontèrent d'ailleurs moins deux morales que deux moralismes. Porté tout à la fois par les deux adversaires du second tour, à gauche Ségolène Royal, à droite Nicolas Sarkozy, le discours sur de prétendues "valeurs", où se mêlent dans le plus grand désordre l'égalité, la fraternité, le travail, la famille voire l'économie de marché et le contrôle des frontières, tend à éliminer les controverses d'idées. Faut-il s'en réjouir, faut-il le déplorer ? C'est à quoi s'emploient à répondre les pages qui suivent en s'appuyant sur l'histoire ". Un essai original et musclé, qui éclaire l'actualité par l'histoire dans une langue aussi fluide que rigoureuse.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.