La maison de Mario Praz fut l'une des rares merveilles apparues dans la Rome du XXe siècle. Et ce livre est sans doute le chef-d??uvre du grand esthète, qui nous guide en sa demeure comme au sein d'une forêt enchantée. Ici s'entrelacent l'itinéraire d'une vie et le jeu des correspondances entre les arts plastiques et la littérature. Le Palazzo Ricci, puis le Palazzo Primoli, dont le "professeur" n'est que le modeste locataire, deviennent au cours des années, et grâce à son intelligence de collectionneur, de véritables musées des styles néoclassique et Empire. Mais les précieux objets, points de départ de subtiles interférences entre leur description, leur origine, leurs propriétaires successifs, les conditions dans lesquelles ils ont été acquis et les souvenirs personnels qu'ils évoquent, répondent moins au goût de la possession qu'à la pure jouissance du coeur. Leur amoureuse contemplation donne à cet humaniste des temps modernes l'occasion de promener son lecteur, avec tout le charme d'un style vivant, de l'Antiquité à nos jours, du Pen Club aux grands antiquaires romains, et de lui décrire avec la même maîtrise la célèbre coiffeuse de l'impératrice, la bibliothèque d'un condottiere ou d'humbles figures de cire. Une richesse de thèmes et de registres qui rapprochent La maison de la vie du "livre total" dont rêvaient les romantiques. D'autant que le culte de l'oeuvre d'art, lutte inconsciente contre la fugacité de la chair, recouvre une secrète recherche métaphysique.
Nombre de pages
544
Date de parution
25/11/1993
Poids
739g
Largeur
149mm
Plus d'informations
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EAN
9782070729487
Titre
La maison de la vie
Auteur
Praz Mario
Editeur
GALLIMARD
Largeur
149
Poids
739
Date de parution
19931125
Nombre de pages
544,00 €
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Promeneur impénitent - visitant avec la même passion, le même appétit de surprise, lieux, choses et textes -, Mario Praz se proposa, sur le tard, de revenir sur ce que le temps et l'occasion lui avaient permis - ou imposé - d'écrire durant plus de cinquante ans. Il choisit donc le meilleur de lui-même pour composer ces "voix derrière la scène" , anthologie personnelle, comme Borges en fit une, où les textes, reliques, essais retrouvés prennent une coloration diverse et composent la mosaïque imparfaite d'un autoportrait. De Piranèse aux néoclassiques, des romantiques anglais aux décadents italiens, de réminiscences enfantines à l'évocation de collections disparues et d'objets désirés, c'est un fascinant musée imaginaire que Praz réunit dans ces pages à la prose admirable, ouvrant comme toujours chez lui, sur un jeu sans fin d'échos et de résonances, de distorsions et de filiations imprévues. Tentative désespérée de saisir cette voix que l'on entend indistinctement derrière la scène de toute vie, ce livre est la plus belle introduction qui soit à l'art unique qu'avait Praz de transformer le savoir en fiction, et de trouver dans l'érudition d'innombrables sources de merveilleux.
Satan, le mâle persécuteur, et la femme fatale à la beauté de Méduse : telles sont les trois figures cruciales dans lesquelles s'est projetée la sensibilité érotique du romantisme, depuis le crépuscule des Lumières jusqu'au «décadentisme» de la fin du XIXème siècle. Autour d'elles fleurissent les perversions, la morbidité, le sadisme et son double le masochisme, que le grand critique italien Mario Praz décrit en inventoriant toutes les oeuvres qui, en France, en Angleterre et en Italie les ont pris pour thèmes. Entre les différentes littératures nationales, entre celles-ci et les beaux-arts se dessine tout un réseau d'analogies et de secrètes correspondances qui éclairent les pulsions secrètes du XIXème siècle, et la lutte que s'y livraient Eros et Thanatos, la vie et la mort.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.