Ordinateurs " intelligents ", réalité virtuelle, animaux transgéniques, clones : notre quotidien ressemble de plus en plus â un univers de science-fiction. Demain, nous croiserons dans la rue les androïdes de Blade Runner et les créatures métalliques de La Guerre des étoiles. Une accumulation sans précédent d'innovations techniques efface la frontière entre naturel et artificiel, vivant et inanimé, humain et machine. Les robots pensants seront-ils la prochaine étape ? Allons-nous nous transformer en cyborgs, en hommes bioniques, hybrides de chair et de circuits intégrés ... De la légende de Galatée à celle du Golem, le rêve de recréer l'humain hante la culture occidentale. Aujourd'hui, le mythe ancestral de l'homme artificiel est devenu une entreprise active, au croisement de l'électronique, de l'informatique, de la physique, de la chimie et de la biologie. Ce cocktail détonant multiplie les moyens d'intervention sur le corps humain et son environnement. Et nous expose au danger d'une société entièrement réglée sur le modèle de la machine. Source de puissance, la technique risque de devenir asservissante dans un contexte où les gènes sont brevetés et où le vivant est traité comme une marchandise. Construire un nouveau Meilleur des mondes ou faire naître un progrès véritablement libérateur : tel est le choix crucial auquel nous confronte l'utopie moderne de l'homme artificiel.
On l'aurait presque oublié, la cigarette a d'abord été le symbole de la modernité, le compagnon fidèle de la civilisation contemporaine. Un mouvement antitabac d'une puissance sans précédent la désigne désormais comme l'ennemi public numéro un. Venue des pays anglo-saxons, cette croisade internationale se justifie par l'objectif évidemment légitime de protéger la santé publique. Mais il est clair que sa portée dépasse le combat contre le cancer et les maladies cardiovasculaires. Ce livre s'attache à élucider le sens véritable des mutations qu'exprime le désamour de la cigarette, en présentant d'abord le dossier scientifique de ses effets. Quels sont exactement les méfaits du tabac ? Quels risques précis fait-il courir à la santé du fumeur ? De son entourage ? Est-il assimilable à une drogue ? Que nous apprennent à cet égard les récentes découvertes de la biologie et de la génétique ? Au-delà du souci d'informer et de mettre en garde, il apparaît clairement que le discours antitabac contribue à la mise en place d'un certain type de société. Lorsque le choix d'un plaisir, fût-il nocif, est dénoncé comme un comportement inadapté, voire condamnable, il est temps de s'interroger sur les motivations profondes qui se cachent derrière le discours de la prévention.
Journaliste au Nouvel observateur, Michel de Pracontal a publié plusieurs essais. Auteur de nouvelles, il a participé à des anthologies. Romancier, il a publié récemment au cherche midi La Femme sans nombril et Risques majeurs, salués par la critique.
Voici l'histoire d'une découverte scientifique clandestine. Depuis plus d'un demi-siècle, les preuves qu'il existe d'autres formes d'intelligence que celle des humains - non pas dans l'espace intersidéral, mais sur Terre - s'accumulent. Nombre d'animaux, et pas seulement les grands singes, fabriquent et utilisent des outils, construisent des habitats, chassent en équipe, déchiffrent les intentions d'un congénère, recourent à la ruse. C'est la dimension sociale de la vie animale qui, observée sur le terrain, au-delà des seules performances individuelles étudiées au laboratoire, débouche sur la reconnaissance de ce qu'il faut bien considérer comme de véritables comportements culturels, inventés, appris et transmis. Cette enquête sur les moutons écossais, les mésanges anglaises, les macaques japonais, les chimpanzés de Tanzanie, les corbeaux néo-zélandais, les baleines des mers froides, etc., et les remarquables chercheurs, et surtout chercheuses, qui les ont observés, nous en dit long sur notre humanité !
Londres, 2222. Une mégalopole peuplée de robots, dirigée par des artefacts, un gigantesque centre commercial bombardé de messages publicitaires. Venus d'une autre planète, quatre visiteurs cherchent une espèce introuvable : l'humanité. Pourquoi les bipèdes ont-ils disparu d'une Terre qui ne porte aucun signe de destruction globale ? Angela Darwin, Cari Turing, Albert Vienne et Max Well mènent l'enquête à cent à l'heure entraînant le lecteur de surprise en surprise. Quelle étrange raison pousse nos héros à se passionner pour un vieux film porno intitulé Gorge profonde ? Quel fil secret relie Linda Lovelace, la star qui a déniaisé une génération d'Américains, à Gorge profonde, l'informateur secret du scandale du Watergate ? Comment Edgar Hoover, le patron du FBI, a-t-il dissimulé la véritable histoire de la bombe atomique ? Que s'est-il vraiment passé à Roswell, Nouveau-Mexique, en 1947 ? Quelle conspiration a réduit au silence Richard Tell-Mann, jeune physicien prodige qui a participé au projet Manhattan ? Traqués par les redoutables Men in Black, Angela et ses compagnons se lancent sur les traces d'une mystérieuse femme sans nombril croisée près de Trafalgar Square. Au terme d'une haletante course-poursuite, ils découvriront l'incroyable vérité - ou comment les Etats-Unis de l'après-guerre ont donné naissance à un monde sans chair. Mais cette catastrophe douce est-elle irréversible ? Le suspense dure jusqu'à la dernière ligne. Un roman époustouflant, subtilement teinté d'érotisme, qui tient le lecteur en haleine de la première ligne à la stupéfiante révélation finale.
Ce livre fut écrit au jour le jour. Il a duré le temps de l'amour qu'il dit, qui est le temps où cet amour valait d'être dit. Il a commencé comme lui, dans l'émerveillement, il a fini comme lui dans le désabusement. Entre les deux, une vieille histoire : celle du bonheur sans cesse invoqué, sans cesse atermoyé, et en filigrane sa décomposition, mot à mot, puis de geste en geste. Ç'aurait pu être un journal de bord, au bord d'une Absence annoncée. Mais en amour - passion oblige - me quittent mon regard " clinique ", mes envies de lucidité. En somme, j'ai de la tendresse pour mes égarements, et j'en ai pour les " égarantes ". Après tout, c'est déjà bien assez que dans mes écritures qui parlent de la société en général au lieu de parler de la Femme en particulier, je ne puisse m'empêcher d'être impitoyable plus souvent qu'indulgent. Nous, amants au bonheur ne croyant... n'est donc pas un livre qui désespère de l'amour. C'en est un qui, pour désespérer de l'amour heureux, n'en sait peut-être pas moins, même confusément, pourquoi sa vraie grandeur, à l'amour, secrète, inexplicable, c'est de ne l'être pas, heureux, mais surtout de ne point vouloir à tout prix l'être.
Donc, jadis, je suis allé vers les mots pour leur odeur, leur chair et pour le bruit très érotique qu'émettaient leurs enjambées sur les pages de tel livre, sur les lèvres de telle bouche. Donc, j'ai commencé à écrire d'instinct ce que ma conscience espérait pour son agrandissement et mon esprit pour sa libération. Donc, ce donc est l'autre nom que je donne au rythme qui m'a mis dans l'impérieuse nécessité de faire oeuvre littéraire des mouvements les plus intimes de ma vie organique. Donc, c'est ainsi que mon corps a écrit ce qu'il a écrit à la température des sensations et des désirs que lui inspirait sa relation amoureuse ou polémique avec les fondements de l'être, selon que cet être puisait l'essentiel de sa respiration dans un souffle d'avant le cadastre ou selon qu'il l'abandonnait à la mécanique des inhalations de concepts. Donc, ce livre fait monter le son d'une existence passée à rendre sa musique familière à l'obscur tonnerre du dernier des crescendos, celui-là même qui a sans doute manqué au Boléro de Ravel pour être assourdissant tout en demeurant indiciblement mélodieux. Donc. Marcel Moreau Biographie de l'auteur Né en 1933 en Belgique, Marcel Moreau a construit une oeuvre majeure dont quatre grands titres, Quintes, L'Ivre Livre, Le Sacre de la femme et Discours contre les entraves, ont récemment été réédités. Dans Des hallalis dans les alléluias, l'auteur se soumet à une bouleversante et ultime interview avec la femme de son dernier souffle...