Sur une période de près de cinquante ans (de 1946 à 1990), et en marge de son oeuvre principale le roman-fleuve, La danse de la vie humaine (publié par Christian Bourgois, 1989-1994), le distingué romancier anglais Anthony Powell a collaboré à diverses publications traitant ainsi de ses auteurs favoris. Ses "Ecrits sur les écrivains" sont merveilleusement agréables à lire éclairés, érudits, singuliers et remarquablement utiles. Son art est, avant tout, informel, personnel, tout différent de celui des théoriciens de la littérature, et particulièrement des Français. Son approche est à mille lieues des contorsions intellectuelles des "déconstructionistes" car elle naît des seules affinités ou antipathies de l'auteur. Il y développe ce qu'il aime ou n'aime pas et le pourquoi de ses goûts, mais il ne prétend jamais les imposer au lecteur. Ce livre est un guide stimulant, par l'étendue des sujets et des auteurs qu'il aborde : Les Européens (depuis le Satiricon de Pétrone jusqu'à Lampedusa) ; les Français (d'Abélard à Rimbaud), les Américains (de Poe à Capote) et, en majorité, les auteurs anglais selon les périodes - fin de siècle, Bloomsbury - mais aussi ses grands contemporains (Waugh ou Naipaul entre autres). Powell ne pontifie jamais, et ses points de vue ne se font ni doctrinaires, ni condescendants ou hautains. Il fait souvent preuve d'un humour irrésistible tout de flegme et de détachement. Le ton est presque celui de la conversation. Le lecteur en arrive même à se croire dialoguant librement avec un écrivain qui sait aussi se révéler, à l'occasion, un peu cancanier sur les auteurs qu'il a pu connaître et qui parfois s'oppose violemment aux idées reçues, s'en prenant par exemple à l'"horrible" Hehtigway. Powell n'essaie pas d'établir des lois immuables, persuadé qu'il n'existe pas de finalité à la critique. Mais il provoque en nous une roborative émulation de l'esprit. Outre la lucidité et la nervosité de sa prose, et le plaisir que provoquent ses opinions souvent donquichottesques, comme ses plongées aux origines sociales et historiques des écrivains, ce qui confère à cette sélection un charme tout particulier, c'est l'expression d'une personnalité étonnamment attachante. On reproche quelquefois à la critique littéraire d'être une occupation stérile ; Powell prouve avec éclat qu'un bon critique joue un rôle vital dans l'affinement du goût du lecteur.
Date de parution
02/12/1995
Poids
360g
Largeur
120mm
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EAN
9782714305275
Titre
Écrits sur les écrivains. Convictions singulières
Auteur
Powell Anthony
Editeur
CORTI
Largeur
120
Poids
360
Date de parution
19951202
Nombre de pages
0,00 €
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Peintres ratés, banquiers ambitieux, jeunes filles volages ; dans le Londres de l'entre-deux-guerres que décrit Anthony Powell, tous se croisent dans une valse sans fin. Nicholas Jenkins, son héros, cherche sa place dans le monde. Entraîné dans la danse, entre les soirées mondaines extravagantes et les milieux artistiques londoniens, il dessine une galerie de portraits savoureuse et fascinante. Les Mouvements du coeur est le deuxième tome de l'oeuvre majeure d'Anthony Powell, La Ronde de la musique du temps. En douze tomes, cette grande fresque embrasse la société anglaise de 1914 à 1970, avec ses grandeurs et ses illusions.
Intrigues amoureuses, alliances matrimoniales, divorces et remariages : le dernier volet du "printemps" Nicholas Jenkins ausculte les moeurs instables d'un entre-soi londonien dont les personnages se lient en une ronde sentimentale aussi délicate que périlleuse. Alors que les protagonistes succombent à la vogue du spiritisme et font tourner les tables pour entrevoir leur destin, le narrateur accepte - après avoir été fin observateur - de prendre place dans ce beau monde.
Alors que Nicholas Jenkins envisage d'intégrer l'armée britannique pour suivre les pas de son père, le quotidien de ses amis se voit troublé par divers questionnements et phénomènes curieux. La politique internationale inquiète chaque jour davantage ; un fantôme rechigne à se laisser déloger ; enfin, le personnel de maison commence à prendre congé de ses maîtres, et ce définitivement. Heureusement, la littérature demeure, offrant un certain réconfort à Jenkins et à son entourage.
« Dans le vol onirique, si nous revenons au sol, une impulsion nouvelle nous rend aussitôt notre liberté aérienne. Nous n'avons à cet égard aucune anxiété. Nous le sentons bien, une force est en nous et nous connaissons le secret qui la déclenche. Le retour vers la terre n'est pas une chute, car nous avons la certitude de l'élasticité. Tout rêveur du vol onirique possède cette connaissance de l'élasticité. Il a aussi l'impression du bond pur, sans finalité, sans but à atteindre. En revenant vers la terre, le rêveur, nouvel Antée, retrouve une énergie facile, certaine, enivrante. » (Gaston Bachelard)
« Si le regard des choses est un peu doux, un peu grave, un peu pensif, c'est un regard de l'eau. L'examen de l'imagination nous conduit à ce paradoxe : dans l'imagination de la vision généralisée, l'eau joue un rôle inattendu. L??il véritable de la terre, c'est l'eau. Dans nos yeux, c'est l'eau qui rêve. Nos yeux ne sont-ils pas ?cette flaque inexplorée de lumière liquide que Dieu a mise au fond de nous-mêmes? ? Dans la nature, c'est encore l'eau qui voit, c'est encore l'eau qui rêve. » (Gaston Bachelard)
Chaque grand écrivain, disait Marcel Proust, écrit dans une langue étrangère. Dans la postérité du Texte inconnu (Editions de Minuit, 1948) et de L'Observance du Même, (Puyraimond, 1978), Michel Fardoulis-Lagrange poursuit avec L'Inachèvement, une expérience de la factualité ontologique du Logos menant à l'évidence sensible autant qu'à l'abstraction, au sens kandinskien. Il y a dans cette oeuvre en suspens indéfini, ouverte à maint éclairage ainsi qu'aux ombres de l'élucidation, un enjeu insondable : quand le Neutre, signe troué de l'être, appelle l'effacement de la lumière du grand midi à travers les hauts faits de l'apparence en son clair-obscur légendaire. Hubert Haddad.
À la suite d'un chagrin d'amour, Aldo se fait affecter par le gouvernement de la principauté d'Orsenna dans une forteresse sur le front des Syrtes. Il est là pour observer l'ennemi de toujours, replié sur le rivage d'en face, le Farghestan. Aldo rêve de franchir la frontière, y parvient, aidé par une patricienne, Vanessa Aldobrandi dont la famille est liée au pays ennemi. Cette aide inattendue provoquera les hostilités... Dans ce paysage de torpeur, fin d'un monde où des ennemis imaginaires se massacrent, le temps et le lieu de l'histoire restent délibérément incertains dans un récit à la première personne qui semble se situer après la chute d'Orsenna. Julien Gracq entraîne son lecteur dans un univers intemporel qui réinvente l'Histoire et donne lieu à une écriture qui s'impose avec majesté, s'enflamme au contact de l'imagination. Pour Le Rivage des Syrtes Julien Gracq obtint en 1951 le prix Goncourt, qu'il refusa.