Le propre du féminin déroge aux généralisations élaborées par Freud pendant les premières décennies de son oeuvre. Sa singularité rompt avec le bel ensemble théorique - phallocentrique - qu'il construit à propos des hommes. Cependant, loin de faire objection, l'exception féminine confirme la règle qui régit l'univers du masculin dans le symptôme et le malaise. La " femme " occupe une place centrale, non seulement parce que la psychanalyse a été inventée grâce au discours de l'hystérique, mais aussi parce que son "continent noir" rend raison des impasses de la jouissance des hommes comme de celle des femmes. Comment la spécificité du phallus, symbole unique de la différence pure, pourrait-elle être saisie plus simplement qu'à travers le problème de la castration féminine ? Comment mieux situer la perversion spécifique au désir de l'homme que grâce à son fantasme d'une Femme Idéale ? La clef du paradis mythique dont il croit se souvenir, la plénitude originelle qui le pousse à la chasse, resteraient incompréhensibles sans la particularité de la jouissance féminine. Mais cette "exception féminine", qui fait de chaque femme un trésor précieux, se paye d'un prix exorbitant. L'aliénation pesante subie par les femmes - partout et depuis toujours - se résume à une confusion coûteuse entre cette "exception" et son "exclusion", plus ou moins violemment mise en acte, de la société des frères.
Nombre de pages
266
Date de parution
01/11/1998
Poids
300g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782700721928
Titre
L'exception féminine
Auteur
Pommier Gérard
Editeur
AUBIER
Largeur
135
Poids
300
Date de parution
19981101
Nombre de pages
266,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les recherches sur le cerveau ont tant progressé ces dernières années que la conception de l'homme en est bouleversée : le corps ne serait plus qu'une " machine " dont il suffirait de réparer les rouages en cas d'avarie ; les sentiments comme l'amour, le désir, des créations comme la poésie, ne seraient plus qu'une question d'hormones et de connexions nerveuses ; quant à l'activité psychique, les rêves, l'inconscient, les symptômes, de bons médicaments les disciplineraient. Eternel débat du corps et de l'esprit que les neuroscientifiques invitent les psychanalystes à remettre sur le métier. A tel point qu'une question se pose avec de plus en plus d'insistance : peut-il y avoir deux approches différentes, voire contradictoires, d'un même phénomène ? Ce livre fait justice de cette opposition infondée, qui doit surtout sa force à une méconnaissance des processus cérébraux et de la vie psychique. Il ne viendrait pas à l'idée d'un psychanalyste de nier l'importance des processus organiques : comment la puissance psychique se dispenserait-elle des potentialités du corps ? Dès ses débuts, la psychanalyse a subverti cette opposition grâce à l'une de ses découvertes majeures : celle de la pulsion, qui anime le psychique en même temps qu'elle intègre le somatique, et dialectise au point de l'invalider toute opposition entre le mental et le cérébral : Mais il y a plus sensationnel encore, car nombre de découvertes de la neurophysiologie apportent de l'eau au moulin de Freud. Sans l'avoir cherché, les neurosciences montrent comment le langage modélise le corps beaucoup plus profondément que le symptôme hystérique ne le laissait prévoir. Cette mise en tension du corps par le langage est si importante que nombre de résultats de la neurophysiologie ne peuvent être interprétés sans la psychanalyse. Plusieurs questions aussi essentielles que celle de la conscience, par exemple, demeurent insolubles sans le concept d'inconscient. En mesurant l'apport des neurosciences à la psychanalyse, on commence à avoir une idée plus précise de ce qu'est un " sujet ", mais aussi de ce corps dont nous sommes si conflictuellement les curieux locataires.
Il existe un agencement du désir sexuel. Il s'impose à chacun, qui y répond comme il le peut sans savoir d'où vient cette force ni ce qu'elle doit à l'amour. N'est-il pas accablant de constater que les désirs les plus profonds, qui sembleraient les plus aisés à satisfaire, parce qu'ils rencontrent presque toujours leur complice, paraissent la plupart du temps s'empêtrer dans leur propre mouvement et laisser, sinon dans l'insatisfaction, du moins dans une attente indéfiniment reconduite ...
Tout en montrant la continuité qui existe de Freud à Lacan, Gérard Pommier tente de dégager ce qui, dans une analyse, peut logiquement se dénouer de ce qui restera indéfini. Faire la part entre le fini et l'infini est un enjeu d'importance, qui permet de délimiter ce que l'on peut attendre de l'invention freudienne.
Les désirs singuliers ne s'additionnent pas et la psychanalyse, qui traîte de la particularité de chacun, devrait se désintéresser de toute investigation " politique ". Mais le désordre secret de ces désirs singuliers n'a-t-il pas une incidence sur le tissu social ... Les travaux de Freud concernant la psychologie des foules sont encore loin d'avoir reçu toute l'attention qu'ils auraient méritée. Lorsqu'elles ne sont pas considérées comme des mythes ou de simples constructions, les thèses freudiennes ne sont guère prises en compte dans leur actualité, peut-être parce qu'on ne perçoit pas bien à quelle pratique concrète l'analyse théorique de la psychologie des foules correspondrait. Gérard Pommier tente d'éclairer les rapports de la psychanalyse et de la politique et montre que le regard de la psychanalyse peut être fécond lorsqu'il s'agit d'observer la réalité sociale.
Petits dialogues familiers, naturels, presque à bâtons rompus - on les dirait parfois tenus au coin du feu : ces entretiens d'hier et d'aujourd'hui sont ceux de Gitta avec son Ange. Pour la première fois, celle qui fut le scribe des quatre Messagers avoue une intimité qu'elle n'avait jamais révélée jusqu'ici ; après avoir voulu, pendant des années, transmettre l'Enseignement d'une façon aussi rigoureuse et structurée que possible, elle nous raconte enfin à visage découvert comment elle vit, quotidiennement, la présence de son Maître intérieur. Ici se joue une pièce à deux personnages, où il n'est question que de l'essentiel ; tragique par moment, mais avec des pauses, des moments de repos souriant, des face à face tranquilles : " Je lis justement un article scientifique, et je te sens prêt à entamer une petite conversation à ce sujet... " Les grands thèmes des Entretiens s'y retrouvent, bien sûr : l'amour et la joie, la culpabilité et la peur, la naissance de l'homme de demain, la nécessité vitale du don de soi ; mais sous un éclairage différent, qui nous permet d'aller plus loin, d'y découvrir une autre nourriture. Gitta n'a jamais prétendu avoir tout saisi consciemment des paroles de vie qu'elle avait entendues : même si elle sait les Dialogues par c?ur, elle n'en comprend, comme tous les lecteurs, que ce qu'elle est capable d'intégrer, de faire sien. Avec ce nouveau livre, elle vient aujourd'hui nous faire partager ses dernières découvertes.
L'âge d'or du duel en France. ce n'est pas l'époque des mignons de Henri III. mas le siècle du fer et de la vapeur: après la Révolution française, plus besoin d'être noble pour porter l'épée et provoquer un adversaire aussi bien né que vous. Tout le monde peut se battre, et tout le monde se bat, à l'épée, au sabre, au pistolet; à propos d'un pied écrasé par mégarde, d'un article de journal venimeux, ou d'un adultère trop voyant. A force de se battre, on commence à se tuer moins: le dernier duel meurtrier connu a lieu en 1903. Et puis, après la boucherie de la Grande Guerre, le duel s'étiole, même si quelques combats ont encore lieu jusque dans les années 50 - notamment celui qui opposa Defferre à Ribière, indigné d'avoir été traité d'"abruti". Fourmillant de récits de rencontres légendaires ou méconnues, ce beau livre raconte la saga du duel sous toutes ses formes, sociales, littéraires ou politiques.
Voici naître et fleurir, à la fin d'un siècle raisonneur, le génie prophétique de William Blake. Voici s'élever les chants les plus purs qu'on ait entendus depuis le temps de Shakespeare. Dans l'Angleterre rurale et citadine de George III, son regard inspiré perçoit tour à tour "les deux états contraires de l'âme humaine" opposant à la radieuse et naïve innocence qui recouvrait jusqu'aux taches noires du ramoneur et de l'esclave, l'âpre et sombre Expérience, surprise dans les replis du coeur comme dans les stigmates de l'oppression et de la misère.