Les désirs singuliers ne s'additionnent pas et la psychanalyse, qui traîte de la particularité de chacun, devrait se désintéresser de toute investigation " politique ". Mais le désordre secret de ces désirs singuliers n'a-t-il pas une incidence sur le tissu social ... Les travaux de Freud concernant la psychologie des foules sont encore loin d'avoir reçu toute l'attention qu'ils auraient méritée. Lorsqu'elles ne sont pas considérées comme des mythes ou de simples constructions, les thèses freudiennes ne sont guère prises en compte dans leur actualité, peut-être parce qu'on ne perçoit pas bien à quelle pratique concrète l'analyse théorique de la psychologie des foules correspondrait. Gérard Pommier tente d'éclairer les rapports de la psychanalyse et de la politique et montre que le regard de la psychanalyse peut être fécond lorsqu'il s'agit d'observer la réalité sociale.
Nombre de pages
252
Date de parution
01/11/1998
Poids
175g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782080813961
Titre
Freud apolitique ?
Auteur
Pommier Gérard
Editeur
FLAMMARION
Largeur
108
Poids
175
Date de parution
19981101
Nombre de pages
252,00 €
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Les recherches sur le cerveau ont tant progressé ces dernières années que la conception de l'homme en est bouleversée : le corps ne serait plus qu'une " machine " dont il suffirait de réparer les rouages en cas d'avarie ; les sentiments comme l'amour, le désir, des créations comme la poésie, ne seraient plus qu'une question d'hormones et de connexions nerveuses ; quant à l'activité psychique, les rêves, l'inconscient, les symptômes, de bons médicaments les disciplineraient. Eternel débat du corps et de l'esprit que les neuroscientifiques invitent les psychanalystes à remettre sur le métier. A tel point qu'une question se pose avec de plus en plus d'insistance : peut-il y avoir deux approches différentes, voire contradictoires, d'un même phénomène ? Ce livre fait justice de cette opposition infondée, qui doit surtout sa force à une méconnaissance des processus cérébraux et de la vie psychique. Il ne viendrait pas à l'idée d'un psychanalyste de nier l'importance des processus organiques : comment la puissance psychique se dispenserait-elle des potentialités du corps ? Dès ses débuts, la psychanalyse a subverti cette opposition grâce à l'une de ses découvertes majeures : celle de la pulsion, qui anime le psychique en même temps qu'elle intègre le somatique, et dialectise au point de l'invalider toute opposition entre le mental et le cérébral : Mais il y a plus sensationnel encore, car nombre de découvertes de la neurophysiologie apportent de l'eau au moulin de Freud. Sans l'avoir cherché, les neurosciences montrent comment le langage modélise le corps beaucoup plus profondément que le symptôme hystérique ne le laissait prévoir. Cette mise en tension du corps par le langage est si importante que nombre de résultats de la neurophysiologie ne peuvent être interprétés sans la psychanalyse. Plusieurs questions aussi essentielles que celle de la conscience, par exemple, demeurent insolubles sans le concept d'inconscient. En mesurant l'apport des neurosciences à la psychanalyse, on commence à avoir une idée plus précise de ce qu'est un " sujet ", mais aussi de ce corps dont nous sommes si conflictuellement les curieux locataires.
Il existe un agencement du désir sexuel. Il s'impose à chacun, qui y répond comme il le peut sans savoir d'où vient cette force ni ce qu'elle doit à l'amour. N'est-il pas accablant de constater que les désirs les plus profonds, qui sembleraient les plus aisés à satisfaire, parce qu'ils rencontrent presque toujours leur complice, paraissent la plupart du temps s'empêtrer dans leur propre mouvement et laisser, sinon dans l'insatisfaction, du moins dans une attente indéfiniment reconduite ...
Tout en montrant la continuité qui existe de Freud à Lacan, Gérard Pommier tente de dégager ce qui, dans une analyse, peut logiquement se dénouer de ce qui restera indéfini. Faire la part entre le fini et l'infini est un enjeu d'importance, qui permet de délimiter ce que l'on peut attendre de l'invention freudienne.
La somme de publications, de manuscrits et de témoignages qui concernent l'oeuvre et la vie d'Althusser en feront sans doute un cas aussi exemplaire pour l'étude de la mélancolie que Schreber, lu par Freud, le fia pour la paranoïa. Face à un philosophe qui marqua toute une génération et dont les avancées renouvelèrent radicalement le marxisme, comme celles de Lacan donnèrent à Freud sa pleine efficacité, une question majeure se pose: quelle relation folie et raison entretiennent-elles? Loin de séparer son oeuvre et son délire, et sans considérer un instant que la logique de ses thèses aurait été construite pour faire barrage à sa psychose, Althusser a cherché à élucider les points de jonction, les passes obscures, comme si la démence de l'histoire trouvait sa raison dans celle de sa propre folie. Cet ouvrage ne prétend pas interpréter ce qu'a écrit Althusser, et encore moins imaginer ce qu'il n'a pas écrit; il se propose de lire ce qu'Althusser appelait lui-même des symptômes, et d'effectuer ensuite des déductions si des recoupements suffisamment nombreux le permettent. Les conséquences en sont examinées aussi bien en auront, dans le champ du "fantasme', qu'en aval, dans celui de la"théorie', dès lors que le philosophe a donné des indications explicites qui autorisent cette démarche. Biographie de l'auteur Psychiatre et psychanalyste, ancien élève de Lacan et de Dolto, Gérard Pommier est professeur de psychopathologie à l'université de Strasbourg. Il est notamment l'auteur de L'Ordre sexuel (Aubier, 1989), Du bon usage érotique de la colère, et quelques-unes de ses conséquences (Aubier, 1994) et Comment les neurosciences démontrent la psychanalyse (Flammarion, 2004).