L'EXPERIENCE CONCENTRATIONNAIRE. Essai sur le maintien de l'identité sociale
Pollak Michael
METAILIE
12,00 €
Epuisé
EAN :9782864243335
L'expérience extrême est révélatrice des constituants et des conditions de l'expérience "normale", dont le caractère familier fait écran à l'analyse. L'expérience concentrationnaire est prise ici comme révélateur de l'identité. La volonté de témoigner de beaucoup de déportés pendant la détention n'a finalement produit qu'un nombre restreint de témoignages. Le silence délibéré est sans doute l'indicateur le plus saillant du caractère doublement limite de leur expérience : limite du possible et, de ce fait, limite du dicible. Ce livre approche les récits de vie comme de véritables instruments de reconstruction de l'identité comme image de soi, pour soi et pour autrui. A partir de trois récits exemplaires - Margareta, Ruth et Myriam - l'auteur nous invite à suivre la constitution du langage de l'indicible. Attentif à l'ambiguïté de toute réalité, Michael Pollak met en question la théorie de Bruno Bettelheim, sur le même sujet, théorie trop exclusivement centrée sur les ressources morales et politiques de la personne. Sur ce sujet particulièrement difficile et douloureux, que la banalisation menace et que la sacralisation tend à dérober à l'analyse, cet ouvrage est à la fois courageux et scrupuleux. Attentif à la complexité irréductible de la réalité qu'il étudie, Michael Pollak apporte sa contribution à un débat plus général sur l'articulation de l'individuel et du social dans la constitution et le maintien de l'identité, sans parti pris, ni certitudes pré-construites.
Nombre de pages
342
Date de parution
09/02/2000
Poids
301g
Largeur
122mm
Plus d'informations
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EAN
9782864243335
Titre
L'EXPERIENCE CONCENTRATIONNAIRE. Essai sur le maintien de l'identité sociale
ISBN
2864243334
Auteur
Pollak Michael
Editeur
METAILIE
Largeur
122
Poids
301
Date de parution
20000209
Nombre de pages
342,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Vienne 1900 : une capitale provinciale au c'ur d'un empire incertain, et pourtant l'un des berceaux de la modernité. Michael Pollak a choisi de comprendre l'éblouissante fécondité de ces années décisives comme la réponse multiforme d'un milieu aux inquiétudes de l'histoire et aux tensions du présent. Saisis à travers leur biographie collective, des écrivains, des artistes tentent de résoudre dans la réflexion et dans la création les contradictions multipliées d'une identité blessée.
Vienne 1900 : une capitale provinciale au coeur d'un empire incertain, et pourtant l'un des berceaux de la modernité. Michael Pollak a choisi de comprendre l'éblouissante fécondité de ces années décisives comme la réponse multiforme d'un milieu aux inquiétudes de l'histoire et aux tensions du présent. Saisis à travers leur biographie collective, des écrivains, des artistes tentent de résoudre dans la réflexion et dans la création les contradictions multipliées d'une identité blessée.
Michael POLLAK a occupé une place à part dans la sociologie de notre temps. Mort à 43 ans en laissant une ?uvre interrompue mais d'une portée considérable, il a été un passeur qui a patiemment et savamment construit d'audacieuses passerelles entre cultures et champs scientifiques. Nous présentons ici un ouvrage formé d'extraits brièvement commentés, choisis tantôt pour leur caractère représentatif, tantôt pour leur valeur méthodologique, de manière à éclairer un large pan de la recherche socio-historique des années 1970 et 1980. Les grands thèmes qui sont abordés dans ce recueil sont : La mémoire, l'oubli et le silence ; Vienne ; La technologie et les risques nucléaires ; Le racisme, la déportation et le génocide ; L'homosexualité et le sida ; L'histoire des sciences sociales.
Le silence délibéré des rescapés des camps de concentration nazis est sans doute l'indicateur le plus saillant du caractère doublement limite de leur expérience : limite du possible et, de ce fait, limite du dicible. A partir de trois témoignages exemplaires Margareta la Viennoise, Ruth la Berlinoise et Myriam la Parisienne, qui ont vécu très différemment la déportation et le camp, l'auteur appréhende les récits de vie comme de véritables instruments de reconstruction de l'image de soi afin de mieux comprendre les relations entre survie physique et maintien de l'identité psychique et morale.
Employé de classe internationale pour hôtel de classe internationale. C'est ainsi que l'hôtel Samarcanda entend recruter un nouveau groom. Máximo, dix-sept ans, trois poils de barbe, bien décidé à sortir de l'enfance, se porte candidat. Adolescent solitaire un brin obsessionnel, passionné par la lecture de revues scientifiques et fasciné par les mécanismes de sa pensée, qu'il observe pendant des heures, il est convaincu que cette expérience sera sa véritable entrée dans le monde des adultes. Comme souvent dans les romans d'apprentissage, rien n'est conforme à ce qui était prévu, et c'est tant mieux. Passé et futur se bousculent et forment un précipité subtil et drôle, où l'on résout à la fois le mystère de l'origine tout en sautant dans l'inconnu - l'amour peut-être ? Où l'on découvre aussi que personne n'est exactement celui qu'on croit : il faut être indulgent. Et même tendre. Ce court roman époustouflant de maîtrise, splendidement écrit, est une des plus belles choses qu'il nous ait été donné de lire sur l'art délicat de grandir.
Erasmo Aragón est un journaliste salvadorien exilé au Mexique. Au début des années 1990, le gouvernement du Salvador et la guérilla entament des négociations ; il songe à regagner son pays d'origine, ce qui lui permettrait également de planter là sa femme et sa fille, qui l'énervent prodigieusement (d'autant plus qu'Eva sa femme vient de lui révéler sa liaison avec un acteur de pacotille). Hanté par des souvenirs confus, de vieilles culpabilités et la peur de ce qui l'attend au Salvador - après tout, il a toujours soutenu la guérilla - il vit dans un état second, coincé entre les vapeurs de l'alcool et les bouffées d'angoisse. Terrorisé par une douleur lancinante au foie qui l'empêcherait presque de boire si elle ne le poussait pas à se précipiter un peu plus dans la vodka tonic, il consulte don Chente Alvarado, un vieux médecin placide qui lui prescrit des séances d'hypnose censées le soulager. Au réveil, il ne se rappelle de rien. Paranoïaque, égoïste, velléitaire, le narrateur nous entraîne dans un flot de phrases délirantes, au bord de la crise de nerfs, de soirées arrosées en lendemains de cuites, obsessionnel jusqu'à la déraison, organique, désagréable. Avec ce roman brillant, Castellanos Moya continue sa grande exploration de la violence, ici incrustée au plus profond de l'individu, comme si la guerre habitait les corps bien longtemps après la fin des hostilités.
Le 9 août 1971, à Medellín, un homme d'affaires, Diego Echevarría, est enlevé. Grand admirateur de la culture allemande il avait fait construire un pastiche du château de La Rochefoucauld. Il y vivait en écoutant Wagner avec sa femme et sa fille, Isolda, qu'il veut garder à l'abri du monde. L'atmosphère de la demeure est oppressante pour l'adolescente qui trouve dans le parc comment tromper sa solitude. Elle vit dans un monde de fées, de lucioles et d'esprits des bois. La police quadrille la ville à la recherche de Diego, la télévision montre son portrait, les négociations de la rançon piétinent. Mono, l'un des ravisseurs, est obsédé par Isolda depuis l'enfance, il lui raconte les longues heures passées à la guetter, perché dans les arbres, il dit " notre " Isolda. Des menaces invisibles venues du monde extérieur se glissent silencieusement entre les arbres du parc. Inspiré de faits et de personnages réels (l'un des complices du Mono se nommait Pablo Escobar), dans une Medellín qui ne va pas tarder à basculer dans la spirale de la corruption, de la violence et du trafic de drogue, l'auteur construit, avec un remarquable sens de la tension, un conte de fées ténébreux, qui devient la chronique d'un crime et l'histoire d'une obsession amoureuse, celle du kidnappeur pour la fille de son otage. Un roman fantastique entre les frères Grimm et les frères Cohen.
Tatouage, piercing, scarifications, cutting, burning, peeling... Les marques corporelles sont à la mode et se sont débarrassées des valeurs négatives qui leur étaient associées. Que signifient-elles aujourd'hui pour les jeunes générations? Le Breton inscrit ces pratiques dans la tendance contemporaine à considérer le corps comme inachevé, un brouillon ouvert à tous les embellissements, à toutes les modifications. De même relie-t-il sa réflexion à ses recherches sur les conduites à risque, largement développées dans Passions du risque en montrant l'importance des marques corporelles dans le processus de « remise au monde », de reconstruction de soi des jeunes en difficulté. Moins ambitieux que ses livres précédents, Signes d'identité en constitue ainsi une sorte de chapitre supplémentaire particulièrement documenté. --Michel Abescat-- -- Télérama