Chloé Poizat nous guide dans une création subtilement inquiétante. Les enfants poussent sur les arbres où ils seront pendus, ils sortent en fumée des cheminées ; corps décapités, têtes coupées, troncs mutilés, tout témoigne de quelque catastrophe inouïe, comme effacée de notre mémoire. Enveloppés par une horreur muette, nous nous aventurons dans le monde des cauchemars, à la rencontre de fantômes ambigus. Chien à tête de chou ou homme à tête d'escargot, fillette en feu, ces apparitions, flottent à la frontière du rêve et de la réalité, du conscient et de l'inconscient, condamnées à une errance éternelle. Bal de tête est le produit d'une contrainte que l'auteur s'est imposée à elle-même : réaliser dans des carnets de petit format un dessin par jour pendant un an. De cette volonté d'ouvrir la porte à l'inconnu, de ce désir de formes surgissant de manière presque automatique est né un cabinet de curiosités hanté par des créatures mi-bestiales, mi-humaines, issues de croisements improbables ; une parade de monstres de foire qui attendaient tapis dans l'inconscient de l'auteur qu'elle leur ouvre la porte et que leur heure advienne enfin. Dans ces carnets, Chloé Poizat a donné forme aux peurs ancestrales, aux créatures nocturnes, que nous aurions voulu oublier. On s'attend à croiser, au hasard de son univers absurde, Odilon Redon, Gourmelin, ou Virgil Finlay. Et l'ombre de Lautréamont n'est pas loin.
Nombre de pages
100
Date de parution
28/06/2012
Poids
340g
Largeur
131mm
Plus d'informations
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EAN
9782360810383
Titre
Bal de tête
Auteur
Poizat Chloé
Editeur
CORNELIUS
Largeur
131
Poids
340
Date de parution
20120628
Nombre de pages
100,00 €
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L'étymologie n'est jamais une folle du logis. De son origine (phantazo) phantasma a conservé l'idée de rendre visible, d'exposer à la vue, de montrer, d'où ces notions d'apparition, de spectre ou de fantôme. On trouve également dans le Nouveau Testament une occurrence de phantazo traduit cette fois par le mot spectacle. Et si terrifiant était ce spectacle que Moïse dit : Je suis épouvanté et tremblant (Epitre aux Hébreux, 12.24). A cet égard toutes les apparitions qui prennent ici corps, en adoptant contours, figures, couleurs, composent un spectacle tout aussi captivant que déroutant, au point que le spectacle en arrive à devenir une histoire, comme s'il pouvait exister des narrations à dessiner, des narrations de l'apparition même, dont les compositions de Chloé Poizat écriraient quelques lignes. Une histoire des formes, des modes et des matières de l'apparaître, non pas comme de simples surfaces qui ne seraient qu'apparences ou reflets, mais comme des images d'êtres débouchant de leurs plus anciennes origines, de leurs plus lointaines profondeurs.
Elles sont surréalistes et sophistiquées... Ce sont des machines à rêver, pour améliorer notre quotidien et donner envie d'en inventer. Dans ce petit livre d'art, chaque machine raconte son histoire.
Gianpaolo Pagni et Chloé Poizat sont tous les deux artistes plasticiens et illustrateurs. Ils vivent ensemble depuis vingt ans et partagent le même atelier depuis huit ans. En août 2011, ils décident d'entreprendre un travail commun sur une même feuille de papier, avec pour règle de commencer le dessin à tour de rôle. Chloé travaille au stylo-encre et Gianpaolo aux tampons. Nos pièces montées, c'est jouer avec le dessin de l'autre, le métamorphoser, se l'approprier, se défier, accepter de ne pas terminer son dessin, qu'il change de direction, qu'il soit sauvage. Une fois encore, après Bal de tête, Chloé Poizat explore son territoire peuplé de monstres et de créatures errantes. Dans ce livre, Gianpaolo Pagni les met en scène, les anime par le mouvement de la couleur et la répétition des motifs, pour en donner un sens nouveau.
Il était une fois une petite fille très gentille, presque plus gentille que toi, et si légère, si légère que, lorsqu'elle naquit, sa maman s'étonna de ne pas la sentir peser dans ses bras. Aussi l'appela-t-elle d'un nom léger : Grain-d'Aile. Un conte écrit en 1951 par Paul Eluard, de son vrai nom Eugène Grindel.
Créé en 1911 par Pierre Souvestre et Marcel Allain, Fantômas est le premier héros délibérément négatif de l'ére moderne, séduisant le public par son abscence de scrupules et son talent a faire du crime une figure de style. Mais si ce dandy du mal a marqué si durablement l'inconscient collectif de son empreinte, devenant au fil du temps la matrice d'une longue série de monstres romantiques, c'est moins pour ses crimes que pour la quête d'absolu et la dimension esthétique qu'il y insuffle. En donnant sa version intime et décalée de Fantômas, Benoît Preteseille retourne aux sources du personnage et escamote sa philosophie pour la pervertir, transformant « le crime est un Art » en « l'Art est un crime ». Enrôlant dans cette aventure son panthéon artistique personnel, il met en place un jeu de références et de fausses pistes propre a tourner en dérision l'Art, ses conventions bourgeoises et leurs disciples médiatiques. Sarcastique ou idéaliste, le Fantômas de Benoît Preteseille est le héros postmoderne par excellence, rassemblant tous ceux qui l'ont précédé, monstres ou monstres sacrés, et les détruisant d'un même geste négligent. En compagnie du lecteur, il contemple son oeuvre, anéantissement nihiliste dont les décombres disent mieux que les pamphlets l'état d'un monde peuplé de bien-pensants pas moins monstrueux que Lucifer.?
Revue de presse "A bona-fide cult hero" (New Yorker)"Clowes has explored the tedium and mystery of contemporary life with more wit and insight than most novelists or filmmakers" (The New York Times) --Ce texte fait référence à l'édition Relié .
Artiste atypique de la scène graphique contemporaine, Jean Lecointre est un véritable chirurgien du collage numérique.Puisant son inspiration dans les vieux magazines de mode, les romans-photos et la presse d'actualité, il dissèque cette matière première pour livrer des images inquiétantes, évoquant tout à la fois l'univers du David Lynch d?Eraserhead, les collages de Clovis Trouille ou les romans d'anticipation du Fleuve Noir.Déjà auteur de nombreux livres pour enfants et, avec Pierre La Police, du cultissime feuilleton « La balançoire de plasma », Jean Lecointre a regroupé et organisé dans « Greenwich » le meilleur de ses collages surréalistes pour créer un territoire inédit dans lequel les hommes-tartelettes font la cour aux femmes liquides. Satires, poésies, cauchemars, les visions de Greenwich ouvrent des abîmes d'incertitudes qui n'ont pas fini de fasciner.