Le mouvement qui conduisit les Européens du dix-neuvième siècle à explorer les richesses de leur folklore ne pouvait manquer de gagner la Hongrie, pays aux traditions orales particulièrement développées. Entre 1894 et 1896, Elek Benedek rassembla un recueil de contes qui fait toujours autorité. Dès 1898, le Hongrois Michel Klimo (Klimó Mihály), professeur de français au lycée royal de Déva, en Transsylvanie, publiait à Paris une traduction française de contes populaires tirés du recueil de Benedek et de plusieurs autres sources. Si nous republions aujourd'hui cet ouvrage, c'est qu'il témoigne à la fois d'un grand sérieux philologique et d'un style aussi vif qu'élégant. Le passé tourmenté des Magyars lui donne une couleur particulière, et l'auteur a fait suivre les contes proprement dits de légendes plus brèves plongeant dans l'histoire du pays, y compris ses rapports mythiques avec les Huns. Cependant c'est bien un univers magique qu'on découvre dans ces pages. Outre les princes, les ogres et les sorcières caractéristiques des folklores de l'Europe centrale, on trouve ici une tonalité bien spécifique, où la douceur chrétienne se mêle à la férocité des guerriers des steppes. La Hongrie y apparaît souvent prospère, heureuse, comme si elle était encore imprégnée de la nostalgie des premiers conquérants magyars et de leur émerveillement d'avoir pu s'installer dans un si beau pays. Les illustrations accompagnant ce livre reflètent parfaitement cette sensibilité hongroise si prenante. Leur auteur, Willy Pogány (1882-1955), est né à Szeged et a fait ses études à Budapest. C'est pourtant en Angleterre puis aux Etats-Unis, où il vécut à partir de 1906, qu'il connut un grand succès de peintre et de dessinateur. Il est frappant que ses réussites les plus marquantes restent les gravures qu'il réalisa pour des contes hongrois, comme si le souvenir de sa patrie perdue l'inspirait au plus profond de son âme.
Nombre de pages
256
Date de parution
06/11/2026
Poids
360g
Largeur
155mm
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EAN
9791095066811
Auteur
Pogany Willy ; Klimo Michel
Editeur
COOPERATIVE
Largeur
155
Date de parution
20261106
Nombre de pages
256,00 €
Disponibilité
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Préfaçant en 1999 "Le Voyage de Midi" de Roberto Mussapi (éd. Gallimard/L'Arpenteur), Yves Bonnefoy soulignait "l'aspect européen de l'apport du poète piémontais" né en 1952, qui s'est imposé en Italie comme un des poètes majeurs de sa génération. Dans la conquête de sa voix de poète italien né au Nord de l'Italien dans une des principales régions de la résistance au fascisme, Mussapi s'est nourri de sa passion pour les poètes de l'imaginaire irlandais (W. B. Yeats, Seamus Heaney) autant que de l'oeuvre des grands romantiques anglais qu'il a traduits (Byron, Shelley, Keats, Coleridge), des auteurs français qu'il éprouve comme fraternels, de Villon à Beckett, des grands poètes latins comme Horace et Virgile, et de toute la poésie italienne depuis Pétrarque et Dante. Proche à ses débuts de Mario Luzi et de la romancière Lalla Romano, il a déployé depuis les années 1980 une activité considérable d'éditeur, de critique, d'homme de radio, de dramaturge (on lui doit une quinzaine de pièces de théâtre), et il a même écrit plusieurs livres pour les enfants. Dans son riche parcours, que plusieurs volumes de traductions ont déjà permis de faire connaître en France depuis Lumière frontale (La Différence, 1996), ce nouveau recueil, "La Plume du Simorgh", paru chez Mondadori en 2016, a marqué une date importante. La poésie de Mussapi s'y affirme de plus en plus narrative dans son essence profonde, mais aussi dialogique, donnnant la parole à des personnages qui nous racontent leur aventure, que parfois nous avions cru connaître quand ils sont célèbres, comme Marco Polo, mais dont nous découvrons la face cachée, le secret qui attendait d'être dévoilé. Aussi la jubilation de la fiction prend-elle ici volontiers a forme du texte apocryphe. La fascination pour l'Orient, proche ou lointain, aimante tout ce livre qui est comme un nouveau parcours poétique de la route de la soie sous la conduite du Simorgh, l'oiseau mythique de l'ancienne Perse qui niche dans l'arbre de la Connaissance et qui est si vieux qu'il a déjà vu trois fois la fin du monde. La quête du Simorgh par trente oiseaux pèlerins sous la conduite de la huppe formait la trame de "La Conférence des oiseaux", le récit du poète soufi du douzième siècle Farid al-Din Attar de Nichapour. A chacun des récits qui se succèdent dans ce livre, reprenant la même quête de sagesse et de beauté, Roberto Mussapi invite le lecteur à se demander quel est le véritable but du voyage. Ce recueil qui croise l'imaginaire des "Mille et Une nuits" et celui de l'Occident chrétien, est véritablement un appel à rendre au merveilleux et aux trésors de l'imagination créatrice la place qu'ils méritent dans le champ de la poésie du 21e siècle.
Ce livre a été écrit à l'aube des années 1980, par un jeune homme de vingt et un et vingt-deux ans. Les Sonnets de Germont inaugurent la publication aux éditions de la Coopérative d'une ?uvre qui a pris au fil du temps une ampleur considérable, touchant à des genres très divers ? poésie, roman, théâtre. Ce recueil de sonnets en vers libres assonancés constitue un itinéraire en trois étapes : initiation de la jeunesse à la beauté, à l'amour et à la mort. Le poète qui découvre le monde dans sa nouveauté et part à la recherche de son double amoureux est aussi une âme ancienne, où revivent des figures immémoriales dans l'attente et la certitude de la résurrection.
En 1922, Hofmannsthal publie de manière presque confidentielle Le Livre des amis, un recueil d'aphorismes qui connaîtra rapidement une diffusion beaucoup plus large que son auteur lui-même ne l'imaginait, et peut-être ne le souhaitait. Dans ces pages, le poète autrichien mêle ses propres pensées, tirées de ses carnets intimes, à celles qu'il a rencontrées chez les auteurs qu'il aime le plus. Les amis que désigne le titre sont donc aussi bien ses propres lecteurs que les écrivains de tous les temps, qui forment autour de lui une sorte de "collège invisible". Le Livre des amis est un livre magique, dont la profondeur ne se dévoile qu'avec le temps : ceux qui l'ont lu ne cessent d'y revenir. Il est peut-être aussi la meilleure initiation à l'oeuvre de Hofmannsthal, grand esprit doublement attaché à sa patrie autrichienne et à la défense de la culture européenne au lendemain de la Première Guerre mondiale.
Il parla de cette distance imperceptible et pourtant nécessaire entre la main amoureuse et la peau qu'elle caresse, entre le souffle ardent et les lèvres s'entrouvrant doucement pour le baiser. Quand l'amour passe ainsi entre deux êtres, l'espace n'est que la possibilité enivrante de se rapprocher pour s'unir. " La vie de Marc, un homme d'affaires rationnel et conventionnel, semble placée sous le signe du succès, ce qui n'empêche pas une profonde insatisfaction intérieure. Sa rencontre avec Damien le met soudain face au bonheur, mais aussi à sa fragilité. Confronté à l'injustice du destin, saura-t-il défendre son amour ? Il faudra l'intervention d'une femme pour lui ouvrir la possibilité d'une vie meilleure. Ce roman, où l'émotion et la beauté affleurent à chaque page, peut être lu aussi comme une fable sur les carences et le défaut d'harmonie du monde contemporain, et sur la manière dont il est possible à chacun d'y porter remède en changeant sa vision de la réalité.