MINORITES EN ISLAM. Géographie politique et sociale
Planhol Xavier de
FLAMMARION
38,70 €
Epuisé
EAN :9782082128094
La civilisation islamique traditionnelle avait réglé d'une façon particulièrement efficace le problème des minorités religieuses. Alors qu'elles étaient généralement proscrites en Europe chrétienne, l'Islam leur avait laissé une possibilité d'existence, de fait ou de droit : les sectes musulmanes hétérodoxes qui prétendaient au pouvoir politique étant, ainsi que certaines sectes chrétiennes particulièrement turbulentes, rejetées au loin, dans des refuges montagneux ou désertiques souvent, et en tout cas dans des localisations périphériques d'où elles ne pouvaient se révéler menaçantes ; tandis que la plupart des " gens du Livre " (Chrétiens, Juifs, Zoroastriens), qui acceptaient la subordination, étaient accueillis dans la société dominante, où ils connurent parfois de remarquables réussites sociales. Ce système, fondé à la fois sur la ségrégation et le pluralisme, n'a pas résisté au grand mouvement d'occidentalisation et de modernisation, conduisant à de vastes mouvements de population et au morcellement territorial, issu de l'Europe, qui a affecté depuis près de deux siècles les pays d'Outre-Méditerranée. Naguère refoulées ou subordonnées, les minorités se sont lancés dans le jeu politique, avec parfois des succès exceptionnels leur permettant d'accéder, au moins temporairement, au pouvoir suprême (Manonites au Liban, Alaouites en Syrie), ou tout au moins de prétendre à un rôle éminent. C'est, ce sera, la source de redoutables conflits qui affectent gravement la cohésion des Etats entre lesquels est découpée cette aire culturelle, conflits qui entravent la formation de véritables nations, et sont pour le monde musulman dans son ensemble un principe majeur de faiblesse.
Nombre de pages
524
Date de parution
01/11/1998
Poids
695g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782082128094
Titre
MINORITES EN ISLAM. Géographie politique et sociale
Auteur
Planhol Xavier de
Editeur
FLAMMARION
Largeur
151
Poids
695
Date de parution
19981101
Nombre de pages
524,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Boire frais est-il bien, comme l'a dit Rabelais, le propre de l'homme? L'ancienneté et la diversité des méthodes que celui-ci a utilisées en maintes contrées du globe avant la généralisation de la glace industrielle pour rafraîchir les boissons semblent lui donner raison. Dans les régions chaudes dépourvues de hautes montagnes, des procédés élémentaires permettent de créer ou de favoriser le froid; la zone froide, elle, se prête à la récolte et même au commerce maritime de grande amplitude de la glace naturelle; les zones tempérées à hivers modérés stimulent la production de la glace hivernale; enfin, les pays méditerranéens exploitent la neige des montagnes. Extraction, transport, stockage ont justifié durant plusieurs siècles l'existence de métiers spécialisés et ont constitué des activités économiques non négligeables.Mais cette géographie zonale simple est perturbée par le goût de certaines cultures ou la réticence de certaines autres pour le rafraîchissement des boissons. Cette innovation, partie du Proche-Orient antique, a gagné l'ensemble du bassin méditerranéen et s'est ensuite répandue assez lentement: ainsi, c'est seulement après la Renaissance qu'elle a gagné la France du Nord avant de se diffuser dans le monde _ avec l'expansion européenne et le progrès du bien-être _ et de descendre du haut vers le bas de l'échelle sociale.Surtout, l'attrait pour les boissons fraîches a été très inégalement réparti dans l'espace et est resté largement ou totalement étranger à de vastes domaines géographiques (îles Britanniques, Extrême-Orient sino-japonais).Il faut s'interroger sur les raisons de ces contrastes. Entre nature et culture, c'est jusqu'aux profondeurs de l'âme humaine que nous entraînent le tiède et le frais.Xavier de Planhol, professeur émérite de géographie à l'université de Paris-Sorbonne, membre de l'Academia europaea, est l'auteur chez Fayard de deux ouvrages fondamentaux: Géographie historique de la France (1988) et Les Nations du Prophète. Manuel géographique de politique musulmane (1993).
Les rapports de l'homme et des animaux sauvages, au long de l'histoire, ont été complexes. Il a, certes, beaucoup détruit, moins toutefois qu'on ne l'a dit. Il a cherché, sans toujours y réussir, à éliminer systématiquement les grands fauves, le lion ou le tigre, l'ours ou le loup, et les a souvent fait reculer au-delà des limites du domaine qu'il se réservait. Il a massacré inconsidérément, du bison au pigeon migrateur, de l'aurochs à la saïga, ceux qu'il poursuivait pour leur chair, leur fourrure ou leurs plumes, et les a parfois conduits jusqu'à l'extinction, ou à son seuil. Il en menace un grand nombre aujourd'hui par la pression qu'il exerce sur l'environnement. Mais parallèlement s'est construit autour de lui un nouveau paysage vivant : de commensaux, de parasites, d'hôtes plus ou moins bien accueillis en fonction des services qu'ils rendent, qui viennent chercher dans son voisinage, et jusqu'au c'ur de ses villes, qu'ils envahissent de plus en plus aujourd'hui, l'abri et la nourriture, en profitant des richesses nouvelles qu'il crée ; ou d'animaux domestiques qui lui ont échappé pour retrouver la nature. Ce cortège humain ne le cède pas, en abondance et en variété, à la faune sauvage qu'il remplace. L'homme, enfin, a pris maintenant conscience de ses excès et de ses imprudences. Il a sauvé, voire ressuscité et réintégré dans leur milieu originel, de nombreuses espèces, et il dispose désormais de toutes les techniques nécessaires pour multiplier ces opérations et reconstituer le tableau primitif. Quelle place laisser à l'avenir, sur notre terre, à cet animal sauvage, plus ou moins protégé et contrôlé ? C'est tout le problème de l'aménagement global de la planète qui est ainsi posé. L'auteur, après avoir retracé, avec une immense érudition, à travers l'espace et le temps, les étapes de cette histoire complexe, le traite dans une perspective éclairée, exempte de l'alarmisme et du sentimentalisme un peu faciles qui l'encombrent trop souvent.
La France fut une oeuvre de l'Esprit. Un découpage territorial indiqué par la nature, mais précisé par une volonté politique, ne s'incarna que tardivement dans la réalité quotidienne des relations humaines. Sous son nom d'aujourd'hui, elle est née autour de l'an mil, dans un cadre géographique qui, à partir des grands axes de circulation établis par le relief et les eaux, avait été délimité et unifié par la conquête romaine. Mais la géographie restait fondée exclusivement sur quelques grands contrastes: seul le sentiment national, de longue date établi dans les pensées et dans les rêves, cimenta réellement, pendant des siècles, ce grand corps amorphe qui ne correspondait à aucune unité fonctionnelle. La France des Temps Modernes était déjà une Idée, mais ce n'était encore qu'une Idée.A cette structure simple, la Révolution Industrielle, le développement des transports et la centralisation ont substitué une géographie infiniment plus complexe, marquée par l'émergence de spécialisations agricoles et industrielles régionales, l'apparition de réseaux urbains hiérarchisés. C'est entre 1875 et 1914 qu'est atteint le maximum de diversification de l'espace français. Sous la strate culturelle supérieure, dont l'homogénéisation avait été assurée par la Contre-Réforme et les grandes routes royales, un prodigieux émiettement de la culture populaire traduit une volonté d'individualisation des moindres cantons. Les déchirures issues du traumatisme révolutionnaire aboutissent à une géographie religieuse et électorale déroutante qui sera longtemps d'une étonnante stabilité. Une et multiple, la France de cette époque exprimait par d'infinies diversités le cloisonnement des cellules naturelles et la variété des modèles sociaux face à la centralisation politique et au marché unique.Ce tableau, au XXe siècle, va se simplifier. La seconde Révolution Agricole va estomper une grande partie des spécialisations régionales, et l'essor de l'audiovisuel va réaliser une profonde unification des cultures et des comportements. On parvient à un modèle d'organisation du territoire considéré comme un tout dans une politique volontariste d'aménagement qui ne doit plus grand-chose à la disposition de l'isthme générateur de cet espace, non plus qu'aux grandes lézardes héritées du passé.Xavier de Planbol, membre de l'Académia Europaea, est professeur de géographie à l'université de Paris-Sorbonne.