Le chant du signe. Dramaturgies expérimentales de l’entre-deux-guerres
Piret Pierre
CIRCE
24,00 €
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EAN :9782842425104
Rien ne relie Apollinaire, Claudel, Cocteau, Crommelynck, Ghelderode, Soumagne, Vitrac, les principaux dramaturges étudiés dans ce livre, sinon leur désir de théâtre et, plus précisément, d'expérimentation théâtrale. Leurs ?uvres ne forment en aucun cas un courant : elles ne privilégient pas des thématiques particulières et propres à l'époque, ni des procédés qui permettraient de les ramener à une esthétique commune. Elles procèdent, au contraire, de stratégies dramaturgiques aussi diverses qu'inédites, stratégies mises en ?uvre avec une radicalité telle qu'elle confine parfois à l'aporie. Aussi différentes soient-elles, ces ?uvres se répondent pourtant : Pierre Piret s'attache à montrer qu'elles radiographient une mutation civilisationnelle majeure, qui concerne le statut du signe et donc l'expérience sociale du sujet humain, et qu'elles y réagissent au travers d'innovations dramaturgiques qui, aussi gratuites ou absurdes puissent-elles parfois paraître, témoignent d'une interrogation fondamentale qui a traversé les arts de l'époque et, plus largement, les sciences humaines.Pierre Piret est professeur à la faculté de philosophie, arts et lettres et au centre d'études théâtrales de l'Université de Louvain. Son approche du théâtre s'appuie sur des concepts et modèles empruntés à la philosophie, à la psychanalyse freudo-lacanienne et à la linguistique générale.
Nombre de pages
210
Date de parution
31/05/2024
Poids
268g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782842425104
Titre
Le chant du signe. Dramaturgies expérimentales de l’entre-deux-guerres
Auteur
Piret Pierre
Editeur
CIRCE
Largeur
140
Poids
268
Date de parution
20240531
Nombre de pages
210,00 €
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Quel rapport y a-t-il entre, par exemple, l'insolite corbeille de fruits de La Cène à Emmaüs du Caravage et le geste de la fraction du pain relaté par l'évangile de Luc ? Seule une approche élargie de la notion d'" art chrétien " permet de le comprendre. On découvre alors que la relation entre " l'art " et " le christianisme " est une relation d'une plénitude à une plénitude : celle de l'activité artistique, capable de traiter les sujets chrétiens ; celle de la révélation du Verbe fait chair, qui s'effectue et se laisse impliquer dans toute oeuvre d'art. Saisir " l'esthétique de la révélation " - ; l'acte du Christ qui se rend visible - ; dans " la mise en oeuvre artistique ", tel est le propos de cet ouvrage. De l'Antiquité chrétienne à nos jours, architectes, sculpteurs, peintres, musiciens (un chapitre est consacré à la facture et à la musique d'orgue) ont magnifié et promu la demeure de Dieu et des hommes. Leurs oeuvres, au gré des styles et des formes, suivant les époques et les lieux, rendent par elles-mêmes témoignage à la vie de l'esprit et à ses engagements. Quelques exemples illustrés en attestent.
L'affirmation de Dieu a une histoire. En faire mémoire et en rendre raison, c'est honorer l'intention philosophique. Entendue initialement comme appel du logos, de l'être et de l'esprit (Héraclite, Parménide, Socrate), l'affirmation philosophique s'est orientée théologiquement (Platon, Aristote, Plotin); elle s'est laissé remodeler par la révélation chrétienne (Augustin, Denys l'Aréopagite, Anselme, Thomas d'Aquin), avant de s'exercer de manière autonome (Descartes, Spinoza, Leibniz, Pascal) et de dégager les rapports de l'histoire et de la vérité (Kant, Hegel, Blondel). La phénoménologie du XXe siècle a converti cette tradition à "l'apparaître" de la conscience (Husserl), de l'être (Heidegger), au visage d'autrui (Lévinas), à ce qui se décline comme hors de soi (Derrida). L"essence de la manifestation" n'est-elle pas aussi et d'abord l'étreinte de la Vie, du premier Vivant et de tout vivant (Henry) ?
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.