Les " Lettres rituelles " inédites d'Alexandre Piny, théologien dominicain, aux religieuses annonciades de St-Eutrope près Arpajon dont d'une écriture rugueuse, et sans aménité. De toute sévérité, elles ne traitent que d'un seul sujet : l'amour pur, ses conditions, sa logique, ses accomplissements. Près de vingt ans avant Fénelon et la pleine émergence de la querelle du quiétisme, Piny avait rédigé une huitaine d'ouvrages concernant ce seul thème, et cette seule question : comment entrer en amour pur, comment s'y maintenir, jusqu'où en déployer la formule. Le pur amour pinien s'énonce comme rapport entre deux ordres d'extrême violence. Deux registres de haine sans rachat. Haine de l'amour-propre, cette identité recluse en soi, qu'il convient de radicalement ruiner. Et, dans le vertige de l'illumination de François de Sales, cette prescience de sa damnation, qui vaudra haine de Dieu dans l'éternité, étant voué à l'enfer. Le pur amour " joue " entre ces deux bordures de haine, qu'il met en relation paradoxale : étrange posture en effet, que cette pureté d'aimer, qui suppose le désastre de la créature et la perte de dieu à son terme. Piny est auteur singulier, mais aussi bien héritier de tout un argumentaire qui court au long des siècles, en rupture avec le paradigme de la charité tel que le christianisme l'a formulé jusqu'à la dérision. A partir des auteurs marquants du XVIIe, se restaure la continuité clandestine de l'énoncé d'amour pur comme rapport social entre deux haines. Impératif catégorique, il se dit comme " loi ", qui suppose science de soi, et d'autrui. En ce sens, il participe au bouleversement contemporain des principes de la connaissance, qui légitiment l'usage de la notion de loi comme rapport nécessaire entre choses définitivement désenchantées et nues. De la même façon, la " société du pur amour ", telle qu'on peut l'analyser au travers des destinataires de cette correspondance, marque l'affaiblissement du rôle des gens de finances, actifs dans les premières décennies du siècle et les réseaux de la mystique abstraite, désormais remplacés par les grands commis de l'Etat, hommes du pouvoir, en son centre ou à ses marges, mais toujours à la source même de la loi. Le pur amour vaut édit : verbe venu à son impératif, raison d'un rapport social entre sujets délestés de leur moi et de leur dieu.
Nombre de pages
510
Date de parution
26/10/2000
Poids
570g
Largeur
130mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782841371037
Titre
Lettres spirituelles. 1683-1686
Auteur
Piny Alexandre
Editeur
MILLON
Largeur
130
Poids
570
Date de parution
20001026
Nombre de pages
510,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Piny Alexandre ; Brémond Henri ; Proton Didier-Mar
« Voulez-vous aimer ? » La réponse d'Alexandre Piny ? grand spirituel dominicain du XVIIe siècle ? aux âmes ferventes doutant de leur amour pour Dieu est claire : « Si vraiment vous voulez aimer, vous aimez. » Car, contrairement aux autres vertus qui demandent une réalisation extérieure, l'amour est un acte intérieur qui procède de cette puissance intime de l'âme qu'on appelle la volonté. Faire oraison signifie aimer Dieu pratiquer l'oraison du coeur, c'est n'être là que pour y aimer son Dieu, c'est consentir, sans y consentir, aux distractions qui nous tyrannisent, c'est s'abandonner d'avance et par amour à toutes les croix qu'il lui plaira de nous envoyer, dans une remise totale et inconditionnelle de nous-mêmes entre ses mains. Deux textes d'Henri Bremond extraits de l'« Histoire littéraire du sentiment religieux » complètent et expliquent cette doctrine.
Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù A
L'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.
Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c'ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c'ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.