Au cours de son histoire, le clergé de cour, véritable Eglise dans l'Eglise, a été la cible de constantes critiques qui visaient surtout à disqualifier le statut et la piété de ces hommes proches du pouvoir et notamment des plus éminents d'entre eux, les prélats de cour. Il s'agissait par là de leur faire perdre le capital social et symbolique qu'ils avaient acquis en revêtant l'habit ecclésiastique. Accusés de se parer du manteau de la religion pour arriver à leurs fins, ils étaient affublés de tous les maux, de tous les péchés, de toutes les hétérodoxies. Ce livre analyse la fabrique de ces poncifs, longtemps repris par les historiens, pour les écarter et comprendre la place, l'organisation et la fonction de cette Eglise curiale clans le système politico-religieux de l'Ancien Régime. Il propose un examen synchronique et diachronique du phénomène, pour la première fois étudié de façon synthétique et problématique. L'ouvrage se place dans la perspective du temps long, à partir du cas français où le projet d'une monarchie ecclésiale s'est posé avec une particulière acuité : il envisage le clergé aulique de son avènement, à la fin du Moyen Age, jusqu'à sa profonde mutation et son lent déclin, consécutifs au Grand Siècle louis-quatorzien. Pourquoi, pendant plusieurs siècles, l'Etat dit "moderne" et les princes ont-ils éprouvé le besoin de fonder leur autorité sur l'Eglise pour se construire et s'affirmer ? En quoi, à l'inverse, cette insertion aulique du clergé a-t-elle contribué à servir les intérêts ecclésiaux, quitte à en transformer non pas tant les objectifs de christianisation de la société et du monde que les moyens d'y parvenir ? Telles sont les questions que pose ce livre et auxquelles l'auteur se propose de répondre à travers une nouvelle grille de lecture et d'interprétation de l'agencement du politique et du religieux à l'époque moderne. Ce faisant, il réexamine des concepts comme ceux de sécularisation, de confessionnalisation, de religion royale, d'engagement politique ou de sacerdoce public, qui font débat chez les historiens et plus généralement dans le champ des sciences humaines et sociales.
Date de parution
02/05/2013
Poids
720g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782876738836
Titre
LA MONARCHIE ECCLESIALE
Auteur
PIERRE BENOIST
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
155
Poids
720
Date de parution
20130502
Disponibilité
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Deux hommes incarnent la politique française au début du Grand Siècle : l'un, Richelieu, en fut l'artisan ; l'autre, le père Joseph, en fut la cheville ouvrière. Leur objectif était simple : soumettre les Grands, les rebelles huguenots et les ennemis de la France pour étendre la gloire du roi Très-Chrétien. Toute la vie de François Le Clerc du Tremblay fut placée sous le signe de la guerre. C'est ce que montre, grâce à l'exploitation d'archives inédites, vaticanes et surtout privées, le livre de Benoist Pierre, première biographie savante du capucin botté, depuis plus de soixante-dix ans. Né en 1577, en pleines guerres de Religion, puis entré dans l'ordre des capucins en 1599 après son premier fait d'armes, le père Joseph fonde une méthode d'oraison et une congrégation de moniales dévouées au Calvaire, prêche la conversion pacifique des calvinistes dans le royaume et la paix chrétienne à l'étranger, dirige les missions contre les infidèles d'Orient et les " païens " d'Amérique. Mais il s'impose également comme l'homme du coup de force, par la croisade contre les Turcs, la guerre contre les citadelles protestantes et la réorganisation manu militari de l'Europe au profit de Louis XIII. Cet héritier d'une petite noblesse de robe et d'épée illustre aussi les modes d'ascension des serviteurs de l'Etat, rouages indispensables d'un pouvoir en quête d'absolu. En reconstituant les réseaux sociaux et cléricaux, le mélange d'ambition et d'abnégation qui propulsent un homme d'Eglise et un mystique au sommet du pouvoir, Benoist Pierre éclaire le fonctionnement de l'Etat moderne et pose la question de sa sécularisation avant l'avènement des Colbert et autres Louvois.
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MIHI MINIMO OMNIUM SANCTORUM, "Moi qui suis le plus petit de tous les saints": les Minimes aimaient se référer à saint Paul pour rappeler l'humilité de leur ordre qui fut cependant l'un des plus florissants de l'époque moderne. C'est en France, tout près du château royal du Plessis-lès-Tours qu'à la fin du XVe siècle François de Paule, un ermite guérisseur de Paola en Calabre fonda son premier couvent et définit l'une des règles de vie les plus rigoristes de l'époque. C'est là aussi que le fondateur devenu prophète de cour mourut en 1507. À la fin du siècle suivant, l'ordre comptait 457 couvents dans le monde, dont plus du tiers en France, signe d'un incontestable rayonnement spirituel. Pourtant, en dépit de cette importance numérique et de la renommée de quelques grandes figures "minimes", l'historiographie a longtemps ignoré ces religieux proches des rois et des élites urbaines, impliqués dans les réseaux lettrés et scientifiques. Ce livre collectif, qui s'inscrit dans un renouveau des recherches menées en Italie sur l'influence des Minimes, est le fruit de deux colloques organisés à Tours et à Beauregard-l'Évêque en 2007, à l'occasion des Célébrations nationales du 5e centenaire de la mort de saint François de Paule. À la croisée de l'histoire, de l'histoire de l'art et de la musicologie, il tente de saisir la présence au monde, complexe et multiforme, de ces religieux engagés sur tous les fronts de la lutte confessionnelle et des grands débats de leur temps.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...