L'histoire de la Palestine et de son peuple est inextricablement liée à celle de l'Etat d'Israël et à la nakba (catastrophe) de 1948. A l'heure où les historiens israéliens se penchent sur les récits fondateurs de leur pays, l'Etat palestinien n'existe toujours pas. Cette différence de statut, entre un Etat-nation et une nation sans Etat, pose un problème dans l'écriture et l'interprétation des faits historiques. Les historiens israéliens peuvent aujourd'hui "réviser" leur histoire dans la mesure où l'Etat israélien existe depuis 1948 et que les écrits se rapportant à la construction de cet Etat sont remis en cause. Pour les Palestiniens, l'enjeu est différent: avant de réviser leurs récits historiographiques, ils doivent constituer la base de leurs recherches à travers la collecte d'archives, revoir des périodes essentielles pour la constitution nationale, marquée par le désastre de 1948, pour enfin rédiger un récit historiographique fondateur d'un Etat palestinien. 1948 reste l'année de départ de l'historiographie palestinienne, car elle marque l'année de l'exil pour des milliers de Palestiniens expulsés de leur territoire. Pour se rappeler la Palestine, les récits reviennent souvent à l'avant-catastrophe. La nakba devient l'événement fondateur d'une nation dispersée. Le recours à l'histoire orale est par conséquent essentiel pour la reconstitution de la mémoire palestinienne. Dans cette optique, l'actuel ouvrage s'attache à en cerner les traces dans les camps de réfugiés de Jordanie et du Liban, parmi les Palestiniens émigrés dans d'autres pays arabes, enfin en Cisjordanie et à Gaza même où les habitants restés sur place depuis 1948 ont vu le retour des réfugiés (les returnees) après les accords d'Oslo de 1993 et la mise en place de l'autorité palestinienne. Cette exploration des multiples territoires de la mémoire palestinienne, des formes qu'elle revêt et des usages qu'elle sert, s'est nourrie de la richesse des matériaux collectés par un ensemble de jeunes chercheurs qui ont revisité le difficile terrain palestinien, armés des problématiques les plus novatrices en sciences humaines. Les études qu'ils proposent sont autant d'éléments inédits pour une histoire sociale de la mémoire palestinienne.
Nombre de pages
379
Date de parution
01/11/2006
Poids
610g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782845868175
Auteur
Picaudou Nadine
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20061101
Nombre de pages
379,00 €
Disponibilité
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Le Moyen-Orient a le triste privilège de ne pas quitter la une de l'actualité. Trop souvent synonyme de chaos et de barbarie, il décourage les analyses. Pour éviter la confrontation caricaturale entre Orient et Occident ou l'explication par les "spécificités culturelles", il importe de considérer l'histoire de cette région. Le destin du Moyen-Orient s'est joué en une décennie, au tournant du XXe siècle. 1914 : la Première Guerre mondiale éclate. 1923 : le dernier sultan ottoman fait ses adieux à Istanbul. Sur les ruines de l'Empire ottoman, communautés et nations s'éveillent. La Turquie, la Perse et l'Afghanistan accèdent à l'indépendance, aux franges d'une Russie devenue bolchevique ; le Croissant fertile se couvre de frontières ; Kurdes et Arméniens sont sacrifiés aux impératifs de la géopolitique occidentale, tandis que les chrétiens du Liban imposent leur Etat et les juifs d'Europe, un foyer national en Palestine. Précise et synthétique, cette enquête éclaire une période fondamentale pour comprendre les grands enjeux qui traversent le Moyen-Orient actuel.
Le constat semble faire chaque jour l'unanimité: l'une des pires menaces qui pèserait sur l'Occident d'aujourd'hui résiderait dans l'islam politique. Le phénomène dicterait l'avenir des sociétés musulmanes, déstabiliserait l'ordre mondial et ruinerait les valeurs attachées à l'expérience historique occidentale - comme hier, au tournant des XIXe et XXe siècles, le panislamisme avait convaincu les chancelleries d'une inéluctable confrontation entre islam et civilisation. Pour comprendre l'islam politique contemporain, il convient de revenir à ce que Nadine Picaudou définit comme le moment moderne de l'islam. Entre les années 1860 et 1930, l'islam devient un régime de croyances et de pratiques qui s'objectivent dans les univers politique et social: loin de s'accompagner d'un désenchantement du monde, la modernité musulmane rationalise le message révélé et l'émancipe de la scolastique du savoir établi. Référence disputée dans le débat public, l'islam entre dans de nouveaux dispositifs de gouvernement à l'heure où les pouvoirs sont confrontés à la nécessaire redéfinition des formes de la souveraineté, de la législation et de la légitimité. Enrôlé dans toutes les mobilisations politiques contre la domination étrangère, l'islam nourrit dans le même temps de nouveaux répertoires de l'action collective. Le moment moderne de l'islam est ainsi celui de la transformation du religieux en idéologie, préalable à toutes les politisations contemporaines.
Un livre de plus sur le Proche-Orient ? Non. A côté de l'image commune et quotidienne que nous avons de cette région - bombardements, attentats, exodes massifs de population -, Nadine Picaudou expose les ressorts et les formes spécifiques de l'action politique - les modes de construction de l'Etat et les dynamiques de mobilisation des acteurs dans le long XXe siècle. Elle s'interroge, en alternant les moments de récit avec les plages d'analyse, sur la définition même de la chose publique dans les sociétés concernées, sur le découpage d'un espace du politique dans ses rapports avec les autres instances du social : loin d'être le degré zéro du politique, la violence apparaît alors comme un instrument de négociation pour l'accès aux ressources, comme la poursuite de la politique par d'autres moyens. Cet ouvrage aide à comprendre comment et pourquoi les affrontements politiques revêtent aussi aisément le visage de fractures communautaires qui mystifient les peuples pour mieux les écraser.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.