Le mouvement national palestinien. Genèse et structures
Picaudou Nadine ; Rodinson Maxime
L'HARMATTAN
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EAN :9782738402950
Il parait difficile aujourd'hui de nier l'existence d'un peuple palestinien en lutte pour ses droits nationaux. Toute solution réelle à l'interminable conflit israélo-arabe devra tenir compte de ces droits. Au-delà des effervescences au jour le jour de l'actualité politique, le présent ouvrage cherche à replacer le mouvement national palestinien de ces vingt dernières années dans une longue perspective historique qui seule lui confère tout son sens. Il s'attache à démonter le mécanisme complexe des rapports palestino-arabes dont l'ambivalence est indissociable de l'évolution générale du Proche-Orient arabe au XXe siècle. Il analyse enfin, par-delà les affrontements idéologiques, les réajustements stratégiques ou les reculs du mouvement, l'affirmation, dans la diaspora palestinienne, d'un pouvoir national qui a pu restructurer un peuple conscient de lui-même et de sa volonté de vivre.
Nombre de pages
270
Date de parution
17/09/1991
Poids
374g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738402950
Titre
Le mouvement national palestinien. Genèse et structures
ISBN
273840295X
Auteur
Picaudou Nadine ; Rodinson Maxime
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
374
Date de parution
19910917
Nombre de pages
270,00 €
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Le Moyen-Orient a le triste privilège de ne pas quitter la une de l'actualité. Trop souvent synonyme de chaos et de barbarie, il décourage les analyses. Pour éviter la confrontation caricaturale entre Orient et Occident ou l'explication par les "spécificités culturelles", il importe de considérer l'histoire de cette région. Le destin du Moyen-Orient s'est joué en une décennie, au tournant du XXe siècle. 1914 : la Première Guerre mondiale éclate. 1923 : le dernier sultan ottoman fait ses adieux à Istanbul. Sur les ruines de l'Empire ottoman, communautés et nations s'éveillent. La Turquie, la Perse et l'Afghanistan accèdent à l'indépendance, aux franges d'une Russie devenue bolchevique ; le Croissant fertile se couvre de frontières ; Kurdes et Arméniens sont sacrifiés aux impératifs de la géopolitique occidentale, tandis que les chrétiens du Liban imposent leur Etat et les juifs d'Europe, un foyer national en Palestine. Précise et synthétique, cette enquête éclaire une période fondamentale pour comprendre les grands enjeux qui traversent le Moyen-Orient actuel.
Le constat semble faire chaque jour l'unanimité: l'une des pires menaces qui pèserait sur l'Occident d'aujourd'hui résiderait dans l'islam politique. Le phénomène dicterait l'avenir des sociétés musulmanes, déstabiliserait l'ordre mondial et ruinerait les valeurs attachées à l'expérience historique occidentale - comme hier, au tournant des XIXe et XXe siècles, le panislamisme avait convaincu les chancelleries d'une inéluctable confrontation entre islam et civilisation. Pour comprendre l'islam politique contemporain, il convient de revenir à ce que Nadine Picaudou définit comme le moment moderne de l'islam. Entre les années 1860 et 1930, l'islam devient un régime de croyances et de pratiques qui s'objectivent dans les univers politique et social: loin de s'accompagner d'un désenchantement du monde, la modernité musulmane rationalise le message révélé et l'émancipe de la scolastique du savoir établi. Référence disputée dans le débat public, l'islam entre dans de nouveaux dispositifs de gouvernement à l'heure où les pouvoirs sont confrontés à la nécessaire redéfinition des formes de la souveraineté, de la législation et de la légitimité. Enrôlé dans toutes les mobilisations politiques contre la domination étrangère, l'islam nourrit dans le même temps de nouveaux répertoires de l'action collective. Le moment moderne de l'islam est ainsi celui de la transformation du religieux en idéologie, préalable à toutes les politisations contemporaines.
Un livre de plus sur le Proche-Orient ? Non. A côté de l'image commune et quotidienne que nous avons de cette région - bombardements, attentats, exodes massifs de population -, Nadine Picaudou expose les ressorts et les formes spécifiques de l'action politique - les modes de construction de l'Etat et les dynamiques de mobilisation des acteurs dans le long XXe siècle. Elle s'interroge, en alternant les moments de récit avec les plages d'analyse, sur la définition même de la chose publique dans les sociétés concernées, sur le découpage d'un espace du politique dans ses rapports avec les autres instances du social : loin d'être le degré zéro du politique, la violence apparaît alors comme un instrument de négociation pour l'accès aux ressources, comme la poursuite de la politique par d'autres moyens. Cet ouvrage aide à comprendre comment et pourquoi les affrontements politiques revêtent aussi aisément le visage de fractures communautaires qui mystifient les peuples pour mieux les écraser.
L'histoire de la Palestine et de son peuple est inextricablement liée à celle de l'Etat d'Israël et à la nakba (catastrophe) de 1948. A l'heure où les historiens israéliens se penchent sur les récits fondateurs de leur pays, l'Etat palestinien n'existe toujours pas. Cette différence de statut, entre un Etat-nation et une nation sans Etat, pose un problème dans l'écriture et l'interprétation des faits historiques. Les historiens israéliens peuvent aujourd'hui "réviser" leur histoire dans la mesure où l'Etat israélien existe depuis 1948 et que les écrits se rapportant à la construction de cet Etat sont remis en cause. Pour les Palestiniens, l'enjeu est différent: avant de réviser leurs récits historiographiques, ils doivent constituer la base de leurs recherches à travers la collecte d'archives, revoir des périodes essentielles pour la constitution nationale, marquée par le désastre de 1948, pour enfin rédiger un récit historiographique fondateur d'un Etat palestinien. 1948 reste l'année de départ de l'historiographie palestinienne, car elle marque l'année de l'exil pour des milliers de Palestiniens expulsés de leur territoire. Pour se rappeler la Palestine, les récits reviennent souvent à l'avant-catastrophe. La nakba devient l'événement fondateur d'une nation dispersée. Le recours à l'histoire orale est par conséquent essentiel pour la reconstitution de la mémoire palestinienne. Dans cette optique, l'actuel ouvrage s'attache à en cerner les traces dans les camps de réfugiés de Jordanie et du Liban, parmi les Palestiniens émigrés dans d'autres pays arabes, enfin en Cisjordanie et à Gaza même où les habitants restés sur place depuis 1948 ont vu le retour des réfugiés (les returnees) après les accords d'Oslo de 1993 et la mise en place de l'autorité palestinienne. Cette exploration des multiples territoires de la mémoire palestinienne, des formes qu'elle revêt et des usages qu'elle sert, s'est nourrie de la richesse des matériaux collectés par un ensemble de jeunes chercheurs qui ont revisité le difficile terrain palestinien, armés des problématiques les plus novatrices en sciences humaines. Les études qu'ils proposent sont autant d'éléments inédits pour une histoire sociale de la mémoire palestinienne.