LA POETIQUE DU SUBLIME DE LA FIN DES LUMIERES AU ROMANTISME.
PEYRACHE-LEBORGNE D
CHAMPION
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EAN :9782852036413
En 1757, le traité de Burke (Recherche philosophique sur l'origine de nos idées du sublime et du beau) révolutionne la sensibilité artistique en dissociant le beau et le sublime ; en 1790, la question entre dans le champ de la métaphysique avec la parution de la Critique de la faculté de juger esthétique de Kant. A partir des Ballades Lyriques, de la Préface de Cromwell ou du Cours préparatoire d'esthétique de Jean Paul, c'est en fonction d'une triple perspective (rénovation du langage poétique, constitution d'un lyrisme métaphysique et visionnaire, politisation de l'esthétique) que peut être interrogée la naissance d'un sublime romantique. L'étude de textes de Diderot et de Schiller, de Wordsworth et de Shelley, de Hugo et de Michelet, révèle à quel point, de la fin des Lumières au romantisme, la question du sublime se constitue progressivement comme une mythologie active de la création poétique. Intensivisme tragique mais aussi philosophie des «belles âmes» à la fin du XVIIIe siècle, la parole et la pensée du sublime deviennent, au sein du romantisme, les moyens d'une quête renouvelée et parfois pleine d'inquiétude sur les conditions d'une «humanité idéale», en vertu d'une «métaphysique de l'esprit», fondatrice aussi bien d'un mystère individuel que des chants de l'utopie.
Date de parution
03/05/2000
Poids
930g
Largeur
150mm
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EAN
9782852036413
Titre
LA POETIQUE DU SUBLIME DE LA FIN DES LUMIERES AU ROMANTISME.
ISBN
285203641X
Auteur
PEYRACHE-LEBORGNE D
Editeur
CHAMPION
Largeur
150
Poids
930
Date de parution
20000503
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En brouillant les normes du Beau et du Laid, le grotesque romantique fut à l'origine du formidable renouveau esthétique qui eut lieu à partir de 1800. Par le grotesque, les romantiques se sont forgé un langage spécifique en puisant dans un large réservoir d'images et de symboles venus du carnaval médiéval, des arabesques renaissantes et baroques, des grands peintres et graveurs (Bruegel, Callot, Goya), de la commedia dell?arte. Toute une typologie moderne du fou et du bouffon, de l'idiot et de l'innocent s'est élaborée à partir d'archétypes subtilement revisités par l'ironie romantique : la Narrheit médiévale et la folie-sagesse érasmienne participent à la théorisation moderne du Witz et de l'humour philosophique. Par ce biais, le Romantisme a ouvert des espaces de liberté pour la théorie de l'humour et du comique d'un côté, du beau et du sublime de l'autre. Le lien conservé avec les sources anciennes du grotesque apparaît alors comme le support de l'un des grands projets du Romantisme selon Friedrich Schlegel : l'élaboration d'une nouvelle mythologie. Dans ce cadre, l'arabesque joue un rôle déterminant. Devenue un symbole du spirituel, de la fonction de sublimation de l'imagination, cette arabesque qui a tant fasciné Friedrich Schlegel, Edgar Poe et Baudelaire, confère au grotesque romantique son pouvoir de transfiguration. Et elle le réintègre dans la sphère mouvante et élargie du Beau. Dominique Peyrache-Leborgne enseigne la littérature comparée à l'Université de Nantes. Elle est l'auteur de travaux sur les XVIIIe et XIXe siècles. A précédemment paru chez Honoré Champion, La Poétique du sublime, de la fin des Lumières au Romantisme (1997).
Lumière de l'enfance et uvre majeure du romantisme allemand, les contes de Grimm font désormais partie du patrimoine mondial de l'Unesco. Traduits dans toutes les langues ou presque, ils bénéficient d'une très large diffusion. Le but de cet ouvrage est d'interroger les aspects les plus marquants de ces reconfigurations et de cette " vie " constamment renouvelée qui fait du conte un objet infini, intemporel, absorbant les strates socio-historiques et les cultures qu'il traverse sans se laisser réduire par elles. Depuis les nombreuses réécritures réalisées par les Grimm eux-mêmes jusqu'aux adaptations pour le théâtre, l'opéra, le cinéma, et aux livres illustrés pour la jeunesse ou pour les adultes, les reconfigurations des contes présentent une variété extrême, obligeant la recherche scientifique à décloisonner ses méthodes herméneutiques. On trouvera ainsi dans cet ouvrage des enquêtes concernant la génétique des textes, encore très peu étudiée en France pour les Grimm (on commence tout juste à redécouvrir le manuscrit de 1810 et les versions d'avant 1857), ainsi que des travaux croisant l'analyse littéraire et l'histoire de l'art, la psychanalyse et l'anthropologie. Enfin, seront proposées des approches historiques et stylistiques de contes peu connus car échappant au répertoire pour la jeunesse : contes cruels, contes macabres, qui sont autant d'allégories d'une grande complexité, sans doute venues du fond des âges, superbement questionnées et remises à l'honneur, récemment, par de grands illustrateurs.
Parmi les contes en prose de Perrault, si célèbres au sein du patrimoine mondial, il en est un qui est toujours resté un peu plus discret que les autres, et qui pourtant correspond à une forme extrêmement répandue dans le monde entier : il s'agit des Fées, conte moral d'avertissement à destinée féminine, tout simple par sa structure "en miroir", que Perrault s'est plu à décliner dans un style lui-même très épuré. Sur ce canevas bien connu du Classicisme, la tradition écrite et orale, populaire et savante, a inscrit, au fil du temps, d'innombrables variations de style et de motifs. Les Grimm collectèrent et réécrivirent plusieurs variantes du conte-type, dont Frau Holle (Dame Holle) qui offre une des déclinaisons les plus riches et les plus poétiques de cette trame familière. Dame Holle croise en effet les caractéristiques génériques du conte avec celles du mythe et de la légende. En prenant pour fil directeur la comparaison des variantes et reconfigurations qui entourent les textes de Perrault et des Grimm, ce livre a cherché à rendre sensible la variété des enjeux éthiques et poétiques portés par les contes. Il a voulu donner un aperçu de l'immense réseau de récits, d'images et de symboles qui s'est créé, d'âge en âge et dans presque toutes les langues, autour de cette petite histoire qui cherchait à rappeler à ses auditeurs et à ses lecteurs combien pouvaient être grands les bienfaits de l'altruisme, de la civilité, mais aussi de la poésie. Une petite histoire sans prétention, donc, mais porteuse de "grandes espérances"...
Aucune époque n'a voué au conte autant d'amour et de science, aucune ne lui a confié tant de secrets ; aucune, somme toute, n'a su rédiger des contes aussi beaux ou aussi mûrs, aussi enfantins ou aussi capricieux que ne l'a fait l'époque des grands poètes romantiques" écrivit jadis le philologue allemand Friedrich von der Leyen. "Le romantique typique est avant tout un faiseur de contes" nous dit aussi Marthe Robert dans Roman des origines et origines du roman. Le présent ouvrage est parti de ces affirmations pour réexplorer les enchantements du merveilleux au e siècle. De genre réputé mineur à l'Age classique (qui l'a pourtant beaucoup pratiqué), le conte fut en effet repensé, à partir du Romantisme, comme une forme idéale, absolue, le canon de toute poésie. Soutenue également par l'intérêt grandissant suscité par les traditions populaires, la pratique du conte d'artiste, alliant simplicité et profondeur, poésie et allégorie, s'est ainsi développée dans toute la culture européenne. Elle fut un art privilégié par les plus grands : Tieck, Hoffmann, Pouchkine, Andersen, Nodier, Sand, Wilde... Avec le soutien de Nantes Université.