Chondieul est une bourgade lorraine des années trente, mi-campagnarde, mi-industrielle. L'école publique y distribue, comme elle le peut, sa rude nourriture à tous les enfants, à ceux des ouvriers de la Verrerie comme à ceux du Tournedos, un pauvre quartier à l'écart où vivent les "charpagnats" (à l'origine : les vanniers, tresseurs de "charpagnes" ou corbeilles). Lucie Cecci, du Tournedos, reléguée parmi les cancres, n'aurait aucune chance de fréquenter Rosina Barupt, de la Verrerie. Pourtant une vive amitié, d'abord clandestine, puis scandaleuse, va les unir cette années -là, l'année du "certif". C'est que Lucie fait partager à Rosina non seulement quelques épisodes de cette vie marginale qu'elle mène librement entre son taudis et les vergers voisins, mais surtout un horrible secret, couleur de fait divers. Le récit n'est nullement macabre. Il nous est rapporté sur un ton haletant bien qu'admirablement maîtrisé par l'auteur qui a su ménager un espace d'humour, de poésie, de tendresse et préserver cette sorte de magie qui est le propre de l'adolescence.
Nombre de pages
128
Date de parution
02/02/1988
Poids
145g
Largeur
118mm
Plus d'informations
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EAN
9782070710799
Titre
La rangée des bourriques
Auteur
Perry-Bouquet Anne
Editeur
GALLIMARD
Largeur
118
Poids
145
Date de parution
19880202
Nombre de pages
128,00 €
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La sirèneComme son nom l'indiquait, Maître Jacques était chargé de tout. Au lycée Marcel-Aymé, il était à la fois concierge, proviseur, intendant, sous-intendant, conseiller principal, conseiller adjoint, infirmier, homme de peine et responsable de la sécurité. On l'appelait aussi «Compte tes os» en raison des menaces qu'il proférait à rencontre des clampins rebelles à l'informatique.C'était un petit homme sombre de cheveux, de regard et d'humeur, dont la principale occupation, au long des couloirs, était d'écouter aux portes des classes et de les ouvrir brusquement pour éprouver la jouissance d'un flagrant délit. Il était plein de mystérieuses rancunes, répétait que, réflexion faite, personne ne dévorerait plus son temps, laissant entendre qu'il l'avait jusqu'alors sacrifié par générosité folle et que désormais il s'accordait enfin la permission de penser un peu à lui.
A travers une des oeuvres emblématiques du peintre Un dimanche après-midi à l?île de la grande Jatte, la découverte de Georges Seurat, peintre français et pionnier du pointillisme et de l?impressionnisme scientifique. Un artiste hors du commun. « Vous êtes au Chicago Art Institute, dans la foule des amateurs d?art, devant l?immense tableau de Georges Seurat, Un dimanche après-midi à l?île de la grande Jatte. Et vous aimeriez bien y entrer. Comme je vous comprends ! Moi, j?y suis ». Parmi ces visiteurs se trouve une dame âgée qui se reconnaît au centre de la toile. Il s?agit de la petite fille en blanc. L?émotion est palpable? « C'est moi. Ici. C'est moi, Anaïs, j?avais cinq ans. Et ici, ma gouvernante, Mademoiselle Hortense, sous son ombrelle?» Cette vieille dame va alors vous raconter son histoire et l?histoire de ce chef d?oeuvre? « Tous les dimanches, un beau grand jeune homme s?installait face aux flâneurs. Il tirait d?une boîte, qui était sa palette, une planchette de bois, pas plus grande que mon plumier, et vite, vite, avec son pinceau, il croquait celui ou celle qu?il choisissait. C?était Monsieur Seurat. »?
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.