Dans Death Comes for the Archbishop, Willa Cather a porté à sa perfection l'art de la forme qu'elle défendait dans son esse " Le roman démeublé ". Considérant que " c'est l'inexplicable présence du non-dit [...] qui donne sa plus haute valeur au roman, au théâtre ou à la poésie ", elle pratique un art de l'épure et procède par " sélection " et " simplification ". Pour relater cette histoire de missionnaires français partis évangéliser les Indiens du Nouveau-Mexique au XIXe siècle, elle a conçu un récit dont la composition épouse étroitement le propos. Dans ce roman fait d'incessants voyages, il n'y a pas de chemin direct, mais des bifurcations, des embranchements, des croisements, des rencontres et parfois des obstacles ou des jalons. Les histoires se mêlent aux légendes et aux anecdotes pour former un récit polyvoque, à l'instar d'un pays composite où l'oralité tient une plus grande place que le discours écrit. Comme les fresques de Puvis de Chavannes dont elle disait s'être inspirée, Willa Cather juxtapose les scènes, avance par petites touches, sans jamais forcer le trait. En fait, comme se prêtres qui apprennent pas à pas à découvrir un pays étrange, elle remonte dans la mémoire collective pour établir une trans-mission entre deux mondes et plusieurs cultures.
Nombre de pages
119
Date de parution
01/01/1999
Poids
250g
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EAN
9782864603771
Titre
Willa Cather,"Death comes for the archbishop"
Auteur
Perrin-Chenour Marie-Claude
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
0
Poids
250
Date de parution
19990101
Nombre de pages
119,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce livre est le premier ouvrage publié en français sur un aspect de la littérature actuellement en plein essor aux Etats-Unis: les femmes écrivains. Il offre une vue d'ensemble de la littérature féminine américaine. Il intéressera toute personne voulant faire un travail de fond sur un ou plusieurs auteurs, sur un thème ou sur une période, ainsi que tout amateur de littérature (américaine ou non) désirant se familiariser avec ce pan important du paysage littéraire américain. La période de référence s'étend de la deuxième moitié du XIXe siècle jusqu'à nos jours. Les auteurs apparaissent par ordre chronologique de date de naissance. Chaque rubrique comprend une présentation biographique d'une romancière, une analyse thématique de ses principaux ouvrages, des commentaires sur leurs qualités stylistiques ainsi que sur leur éventuelle place dans une tradition littéraire. Cette présentation est suivie d'une bibliographie des ?uvres de l'auteur et d'un choix d'études critiques les concernant.
Willa Cather (1873-1947, Prix Pulitzer 1923) a connu une éclipse dont n'ont pas souffert Hemingway ou Fitzgerald, plus pris dans leur époque. Sa grandeur n'est pas moindre. La beauté de son style, qu'à l'instar de son maître Flaubert elle voulait " démeublé ", teinte ses rêves de simple harmonie. Femme volontaire, elle combat le matérialisme de son temps. Ses romans brillent de " l'aura des émotions ", du suggéré, de l'inexprimé. Ils chantent les âpretés de la Frontière, l'Amérique des aubes, l'ascèse spirituelle d'hommes et de femmes voués à l'art et à la connaissance.
La carrière de Kate Chopin (1850-1904) fut brève mais fulgurante. L'?uvre lumineuse de cette femme libre de Saint Louis est traversée d'influences multiples. Comme son maître Maupassant, elle a su "jeter un regard lucide sur la vie" ; imprégnée d'Emerson, elle apprit avec lui à "s'affranchir de la tradition". Rompant avec les courants littéraires de son époque, ses romans et nouvelles, ciselés et musicaux, donnent forme poétique à ses "impressions". Son chef-d'?uvre, L'Eveil (1899), histoire d'adultère au féminin, fit scandale. Ce fut aussi son chant du cygne.
Toute l'?uvre de Flannery O'Connor pourrait tenir dans un " as if ", inscrivant dans ses textes une position liminale, un entre-deux vacillant, instable, fluctuant, à l'interface entre une réalité décevante, peuplée d'êtres médiocres aux limitations trop humaines, et un au-delà mystérieux aussi désirable qu'inatteignable. Le point d'équilibre entre ces extrêmes n'est jamais trouvé. Et il n'est sans doute même pas souhaité puisque seule la violence produit le choc nécessaire à l'éveil des consciences endormies. Le présent ouvrage explore les deux facettes de cet univers fictionnel sans concession : la recherche inlassable de la révélation divine et les formes paradoxales de son apparition dans l'espace étriqué et étouffant d'un coin du Sud des États-Unis où se rejouent, sur un mode cruel et grinçant, les tragédies grandioses et dérisoires de la condition humaine.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.