Le tacite, l'humain. Anthropologie politique de Fernand Deligny
Perret Catherine
SEUIL
25,00 €
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EAN :9782021452389
Le lien social se nourrit de quelque chose qui n'est pas social. Tel est le propos de cet essai d'infra-politique dans lequel la philosophe Catherine Perret, explorant la naissance de la pédopsychiatrie et l'histoire des politiques de l'enfance en France au XXe siècle, rencontre Fernand Deligny (1913-1996). De plus en plus étudié en Europe et aux Etats-Unis, Deligny est aujourd'hui encore un célèbre inconnu. Wikipédia le présente comme " un opposant farouche à la prise en charge asilaire des enfants difficiles ou délinquants et des enfants autistes ". C'est oublier qu'il fut également conteur, écrivain, cinéaste, cartographe, et que les inventions plastiques et poétiques de ce bricoleur de génie contribuent pour une large part à ses expérimentations cliniques. Dans ce livre, Catherine Perret inscrit Deligny dans l'histoire des révolutions psychiatriques qui, suite à l'" extermination douce des fous " dans les hôpitaux psychiatriques français durant la Seconde Guerre mondiale, surent faire de la folie une perspective sur l'humain et du soin psychique une pratique sociale. Les expérimentations éducatives et cliniques de Deligny, ses inventions plastiques éclairent ce qui, chez les humains, vise à la création d'un milieu : un milieu loin du langage et qui ne se laisse capter qu'en images. Catherine Perret montre que la prise en compte sans exclusive de l'humain ne dépend pas seulement de la capacité qu'auraient les sociétés à inclure de plus en plus d'individus dans le respect de leurs différences. Elle dépend aussi de leur capacité à prendre acte de la différence entre la part civilisable de l'homme et son noyau non civilisable, mais pourtant humain. C'est par là que son essai rejoint l'agenda politique de l'anthropologie contemporaine.
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Nombre de pages
361
Date de parution
06/05/2021
Poids
448g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782021452389
Titre
Le tacite, l'humain. Anthropologie politique de Fernand Deligny
ISBN
2021452387
Auteur
Perret Catherine
Editeur
SEUIL
Largeur
141
Poids
448
Date de parution
20210506
Nombre de pages
361,00 €
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Les porteurs d'ombre travaillent dans l'infra-mince " : telle est l'énigmatique définition que Marcel Duchamp donnait de l'activité artistique. L'ombre dont il est ici question est de celles qui s'opposent aux Lumières, c'est-à-dire qu'elle tombe depuis la pointe de l'archaïque, et l'art qui est pris dans son cône s'affranchit du cadre de la modernité. Les porteurs d'ombre - entendons les artistes - ne sont pas des fabricants ou des producteurs (qui feraient de l'art), mais des travailleurs qui font dans l'art (comme on fait dans la dentelle). Cette immersion, qui définit plaisamment leur activité, invalide du même coup une approche strictement esthétique de ses résultats et renvoie bien plutôt à l'anthropologie, en tant qu'elle s'intéresse aux pratiques symboliques. L'infra-mince est un néologisme qui relève d'un humour typiquement nominaliste : il suggère que l'art construit sa poétique à partir de la coupure entre les mots et les choses. Mais la définition a surtout valeur d'explication : elle nous dit que l'ombre et l'infra-mince sont portés par le même pli (on travaille dans l'infra-mince parce qu'on est porteur d'ombre et vice-versa). Catherine Perret nomme ce pli mimésis. En s'engageant ici dans une généalogie de la mimésis moderne depuis Vélazquez et Descartes jusqu'à l'art contemporain, elle dessine les contours des ombres que l'art fait tomber sur l'époque au moment où ses objets perdent leur aura.
Loin d'avoir été discréditée par les atrocités du XXe siècle, la torture est en passe de devenir, en ce début du XXIe siècle, une pratique banale: une méthode de renseignement, une technique policière et militaire, tant dans les dictatures que dans les démocraties. Pour la philosophe Catherine Perret, il est urgent de comprendre les raisons culturelles qui font aujourd'hui de la torture une technique de gouvernement des hommes de plus en plus admissible. S'appuyant sur un auteur trop oublié, Jean Améry (1912-1978), et son essai sur La Torture, la philosophe interroge les prémices de l'institution d'une torture d'Etat. Jean Améry réfléchit sur la signification de la pratique de la torture dans la culture chrétienne moderne à partir de l'expérience qu'il fit, sous le nazisme, de la torture et de l'extermination des Juifs d'Europe. Il fait ainsi sortir la torture du cadre d'exception dans lequel on la classe pour mieux l'oublier. L'opération centrale de l'essai d'Améry est l'établissement d'une relation intrinsèque entre la pratique nazie de la torture et la "Solution finale" mise au point par Hitler et son gouvernement. La torture d'un seul, livré à son bourreau, et l'extermination d'un peuple, abandonné par la communauté à l'appareil d'Etat, sont deux formes d'un même projet politique dont le nazisme est une expression, mais non l'expression unique. Le corps torturé par le nazi n'est pas le corps du torturé. C'est notre corps. Pour dire ce corps que personne avant lui n'a pensé, Jean Améry invente une langue: il met la prose du reportage au service de la philosophie. Brutale, précise jusqu'à l'âcreté, véhémente et spéculative, l'écriture du témoignage dépasse alors le témoignage. L'expérience livre un texte écorché auquel il faut rendre la peau dont on l'a arraché, un texte dont il faut, pour le lire, devenir l'enveloppe. La torture attaque enfin le lien social. Ce lien, aucune loi ne peut le décréter, même s'il doit être protégé par la loi. C'est donc en réfléchissant sur la disjonction entre le lien social qui associe les personnes et la loi qui assujettit les sujets qu'il faut chercher à redéfinir l'acte de torture. Il en va de la "démocratie" au coeur des pratiques démocratiques.
Walter Benjamin sans destin est un exercice de lecture dont la méthode est empruntée et appliquée à l'oeuvre de Walter Benjamin. Catherine Perret y pratique la citation comme une forme d'intervention destinée à surprendre l'oeuvre pour lui arracher sa vérité : à la façon d'un aveu. Cet essai montre à quel point Walter Benjamin est parvenu à s'émanciper du régime ordinaire de la philosophie occidentale dans sa conception de la mémoire, du langage et de l'art. Et, inversement, les moments où son oeuvre implose, happée par un processus de régression qui la ramène au romantisme qu'elle avait su révoquer de manière éclatante. À l'époque où cet essai a été écrit, il s'agissait d'opérer une critique indirecte des esthétiques postromantiques et de leur postulat commun l'idéalisation de l'art sous le postulat de son autonomie. Cette orientation fait son actualité aujourd'hui où l'esthétique tente encore d'affirmer sa prévalence, sous couvert de lien au politique. C'est pourquoi le texte original (revu et corrigé) est précédé d'une préface qui analyse, à partir de la relation entre la critique de Benjamin et la pensée de Marx, la force de L'oeuvre d'art à l'ère de sa reproductibilité technique à l'heure de l'information mondialisée.Catherine Perret normalienne, agrégée, docteur ès lettres, est depuis 1990 maître de conférences à l'université de Paris X Nanterre et a été, de 1995 à 2001, directrice de programme au Collège international de philosophie.
Alors qu'elle tente d'élucider le destin d'un ancêtre banni par sa famille, une femme reprend l'histoire de sa propre vie. Des années auparavant, son mari, son premier et grand amour, lui a révélé être homosexuel. Du bouleversement que ce fut dans leur existence comme des péripéties de leur émancipation respective,, rien n'est tu. Ce roman lumineux nous offre une leçon de courage, de tolérance, de curiosité aussi. Car jamais cette femme libre n'aura cessé de se réinventer, d'affirmer la puissance de ses rêves contre les conventions sociales avec une fantaisie et une délicatesse infinies.
Avant, il y avait l'enfance. Je le sais". Mais, Judith Godrèche, quelle enfant fut-elle ? Qui pour le dire ? Que lui a-t-on fait ? Et surtout qu'en a-t-elle fait ?
L'an dernier nous avons rencontré une de mes amies, Berthe. Ma fille, Mathilde, qui avait alors treize ans, connaissait Berthe, n'ignorait pas qu'elle avait été à Auschwitz. Pourtant, cet été-là, elle eut un choc en voyant son numéro sur son avant-bras gauche, tatoué d'une encre bleue un peu délavée. Ce qui m'a frappée, quand j'ai tenté de répondre à Mathilde pour lui expliquer ce qu'était Auschwitz, c'est que ses questions étaient les mêmes que celles que je me posais moi-même indéfiniment, ou qui traversent depuis plus d'un demi-siècle la réflexion des historiens et des philosophes et auxquelles il est si difficile de répondre. Car s'il m'est facile comme historienne d'expliquer comment s'est déroulé le génocide des Juifs, il reste un noyau proprement incompréhensible : pourquoi les nazis ont-ils voulu supprimer les Juifs de la planète ?
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