METIER D'ELEVE ET SENS DU TRAVAIL SCOLAIRE. 3ème édition
Perrenoud Philippe
ESF
19,51 €
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EAN :9782710110538
Aujourd'hui, les élèves sont devenus des " apprenants ". Cette concentration sur les apprentissages et donc sur la didactique qui les organise pourrait, si l'on n'y prend garde, être l'étape ultime de la dénégation du sujet : si l'apprenant n'apprend pas, s'il ne veut ou ne peut apprendre, quelle identité lui reste-t-il ? Identifier l'élève à l'apprenant, c'est empêcher de penser la distance entre le rôle que les adultes lui attribuent et ce qu'il en fait, c'est oublier que le métier d'élève est assigné aux enfants et aux adolescents comme un métier statutaire, à la manière dont un adulte est mobilisé par l'Etat dans un jury ou une armée. Juridiquement, le travail scolaire est plus proche des travaux forcés que de la profession librement choisie. Une fraction des élèves font de cette nécessité une vertu et trouvent leur compte dans la scolarisation ; d'autres résistent ouvertement et déclenchent les foudres de ceux qui leur " veulent du bien " ; d'autres encore feignent l'adhésion et jouent avec les règles. Idéalement, le métier d'élève les invite à travailler pour apprendre. En réalité, on demande aussi aux enfants et adolescents de travailler pour être occupés, pour rendre des textes, des exercices, des problèmes vérifiables, pour être évalués, pour contribuer au bon fonctionnement didactique, pour rassurer leurs maîtres et leurs parents. On les invite à suivre des routines et des règles qui visent parfois à optimiser les apprentissages et le développement intellectuel, mais parfois, plus prosaïquement, à assurer le silence, l'ordre et la discipline, à faciliter la coexistence pacifique dans un espace clos, à garantir le respect des programmes, le bon usage des moyens, l'autorité du maître. Une sociologie du métier d'élève est à la fois une sociologie du travail scolaire, de l'organisation éducative et du curriculum réel. Elle s'intéresse aux tâches et aux contraintes qu'on assigne effectivement aux élèves. Elle analyse leurs tactiques et leurs stratégies, la façon dont ils prennent des distances face aux attentes des adultes et rusent avec leur pouvoir dans la famille ou dans l'école. Elle éclaire les contenus concrets de la culture scolaire telle qu'elle est transposée et s'incarne au jour le jour dans les classes. Enfin, elle s'intéresse au sens que donnent les élèves au travail quotidien, en fonction de leur héritage culturel aussi bien que des situations dans lesquelles on les place et du pouvoir qu'on leur concède.
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Nombre de pages
207
Date de parution
17/02/1995
Poids
380g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782710110538
Titre
METIER D'ELEVE ET SENS DU TRAVAIL SCOLAIRE. 3ème édition
Auteur
Perrenoud Philippe
Editeur
ESF
Largeur
160
Poids
380
Date de parution
19950217
Nombre de pages
207,00 €
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Les pédagogies différenciées ne tournent pas le dos au projet de l'école qui reste de donner à tous une culture de base commune. Sans renoncer à diversifier tout ce qui peut l'être, leur enjeu est ailleurs : faire en sorte que tous les élèves aient un réel accès à cette culture, se l'approprient vraiment. Tenir compte des différences, c'est alors placer chaque élève dans des ? situations d'apprentissage optimales pour lui, c'est aller vers l'éducation sur mesure dont rêvait Claparède au début du siècle. Les pédagogies différenciées s'attaquent à ce défi. Si l'intention principale demeure stable, les façons de poser te problème se renouvellent : à l'enseignement individualisé, isolant l'élève face à des tâches papier-crayon, on cherche à substituer une différenciation à l'intérieur de situations didactiques complexes et ouvertes, confrontant chacun à ce qui fait obstacle, pour lui, à la construction des savoirs. On travaille sur le transfert et les compétences. On interroge la relation pédagogique, les fonctionnements de groupe, la distance culturelle, le sens il des savoirs et du travail scolaire. Parallèlement, on construit des dispositifs d'individualisation des parcours de formation, on fait éclater les limites de la classe, on organise le suivi des progressions sur plusieurs années, on crée des cycles d'apprentissage, on invente une nouvelle organisation pédagogique. Ce livre de référence a été tente de faire le point sur l'état des principaux chantiers de la pédagogie différenciée. Chacun est confronté au même dilemme : comment tenir compte des différences sans enfermer chacun dans sa singularité, son niveau, sa culture d'origine ?
Extrait de l'introduction:De nouvelles compétences professionnelles pour enseignerPratique réflexive, professionnalisation, travail en équipe et par projets, autonomie et responsabilité accrues, pédagogies différenciées, centration sur les dispositifs et les situations d'apprentissage, sensibilité au rapport au savoir et à la loi, dessinent un «scénario pour un métier nouveau» (Meirieu, 1989). Il survient sur fond de crise, en un temps où les enseignants tendent à se replier sur leur classe et les pratiques qui ont fait leurs preuves. En l'état des politiques et des finances publiques des pays développés, on serait malvenu de le leur reprocher. On peut espérer pourtant que de nombreux enseignants relèveront le défi, par refus de la société duale et de l'échec scolaire qui la prépare, par désir d'enseigner et de faire apprendre en dépit de tout, ou encore, par crainte de «mourir debout, une craie à la main, au tableau noir», selon la formule d'Huberman (1989 a) lorsqu'il résume la question existentielle qui surgit à l'approche de la quarantaine dans le cycle de vie des enseignants (1989 b).Décider dans l'incertitude et agir dans l'urgence (Perrenoud, 1996 c): c'est une façon de caractériser l'expertise des enseignants, qui font un des trois métiers que Freud disait «impossibles», parce que l'apprenant résiste au savoir et à la prise en charge. Cette analyse de la nature et du fonctionnement des compétences est loin d'être achevée. L'expertise, la pensée et les compétences des enseignants font l'objet de nombreux travaux, inspirés de l'ergonomie et de l'anthropologie cognitive, de la psychologie et de la sociologie du travail, de l'analyse des pratiques.
Depuis plusieurs dizaines d'années, les sociologues ont montré comment l'Ecole, par son indifférence aux différences, transformait les inégalités sociales et culturelles en inégalités de résultats scolaires. Leurs constats sont encore valables aujourd'hui... tant la corrélation entre l'origine sociale et l'échec scolaire reste un fait majeur contre lequel viennent buter la détermination des militants pédagogiques et les réformes institutionnelles de toutes sortes. Pourtant, les outils existent pour faire mentir les statistiques et démontrer enfin que " l'échec scolaire n'est pas une fatalité " : " pédagogique de soutien ", " pédagogie différenciée ", " individualisation des parcours de formation ", mise en place de " cycles " à l'école primaire, des "études dirigées " au collège, des " modules " au lycée, etc. Mais toutes ces initiatives, qui devraient permettre à de plus en plus d'élèves de maîtriser davantage de connaissances, ne produisent pas toujours les résultats escomptés. Parfois même, les enseignants qui les ont promues se découragent et reviennent à l'enseignement collectif et frontal qu'ils avaient eux-mêmes dénoncés. Il fallait le regard d'un sociologue pour comprendre ce phénomène, analyser les résistances liées à une organisation scolaire pensée à une autre époque, et comprendre les inquiétudes de ceux qui voient dans la prise en compte des différences un risque d'injustice, de désordre ou de complication administrative. Il fallait aussi un " anthropologue des situations scolaires " pour nous aider à être plus lucides sur nos propres peurs, nos difficultés à passer à l'acte, nos réactions paradoxales à l'égard des propositions pédagogiques nouvelles. Philippe Perrenoud est tout cela à la fois. Il nous propose, dans ce livre, un ensemble de textes qui analysent les contradictions dans lesquelles se débattent aujourd'hui bien des enseignants et des établissements. Avec humour, générosité et réalisme, ce chercheur, engagé dans la formation des enseignants et la transformation des systèmes éducatifs, nous aide à comprendre et trouver des moyens pour agir.
Qui oserait encore prétendre qu'il suffit de maîtriser des savoirs pour les enseigner ? Les transformations et les crises du système éducatif exigent des enseignants, plus que jamais, de véritables compétences professionnelles. Elles sous-tendent la transposition didactique des savoirs en classe, l'organisation de situations d'apprentissage, l'analyse des difficultés des élèves, la différenciation de l'action pédagogique, la négociation d'un contrat permettant le travail scolaire quotidien dans des conditions minimales de sérénité. Elles permettent aussi de coopérer avec d'autres enseignants, de contribuer à un projet d'équipe et d'établissement, de communiquer avec les parents et la communauté locale, ou encore de piloter sa carrière et sa formation continue. L'objectif de la formation initiale ou continue est désormais de préparer les enseignants à affronter la complexité, la diversité et la mouvance des situations professionnelles auxquelles ils sont ou seront confrontés. Les " référentiels de compétences " dont se réclament les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres suffiront-ils à faire contrepoids à la tradition d'empires disciplinaires plus habitués à transmettre des savoirs qu'à développer des compétences ? Parviendra-t-on à se défaire de la tentation de croire que les compétences viennent par surcroît ? à reconnaître qu'on ne peut les construire sans inventer des dispositifs de formation ordonnés à cette fin, articulant théorie et pratique ? On travaille à de tels dispositifs dans de nombreux pays. Il reste, pour ne pas se perdre dans l'ingénierie, à élaborer des représentations communes de plus en plus fines, réalistes et explicites, du métier d'enseignant. Il faut aussi traquer ses non-dits, mettre plus méthodiquement en évidence les urgences et les incertitudes de l'action pédagogique, sa part de bricolage, de solitude, d'improvisation, de déraison, de marchandage aussi bien que de didactique et de connaissances rationnelles. C'est à ce prix qu'on identifiera les compétences requises, les savoirs savants et les savoirs d'expérience sur lesquels elles prennent appui, la façon dont elles les mobilisent à bon escient, en situation complexe. En amont de la formation, pour mieux cerner le métier auquel elle destine, ce nouveau livre de Philippe Perrenoud reprend et prolonge un certain nombre de ses travaux sur les pratiques, les savoirs, l'habitus et les compétences des enseignants.
La vie d'un couple passe par de nombreuses étapes : officialiser la relation, présenter son partenaire à ses proches, vivre ensemble ou pas sous le même toit, décider d'avoir un enfant, trouver une nouvelle dynamique à l'âge de la retraite... Selon la manière dont chacun aborde ces étapes, elles peuvent renforcer le lien du couple ou, au contraire, créer des tensions. Des obstacles ou imprévus peuvent également bouleverser la vie du couple. A travers de nombreux témoignages, Ivy Daure nous montre comment traverser ces étapes avec sérénité. Un livre inspirant qui aide à mieux comprendre son couple pour vivre une relation épanouie.
Sortir satisfait et apaisé d'un entretien, d'une conversation, d'une réunion, voire d'une soirée entre amis dépend fondamentalement de notre qualité d'écoute et de la pertinence des questions qui alimentent nos échanges. Bien poser nos questions nous permet d'obtenir les informations utiles pour faire des choix et prendre les bonnes décisions. Encore faut-il savoir quelles questions poser et dans quelles circonstances, pour mettre nos interlocuteurs en position de nous répondre en confiance. Ce livre nous invite à interroger nos manières de questionner et nos habitudes d'écoute. Car écouter et questionner disent beaucoup de nous. Par ces temps de montée en puissance des conflictualités, il existe pourtant des chemins possibles pour mieux s'accorder. Certes, partager en bonne intelligence ne va pas de soi. Mais progresser et s'améliorer est une promesse réaliste. Ce livre offre de belles ressources pour avancer ensemble.
Ceci n'est pas seulement un livre. Bien sûr, le lecteur y trouvera des développements d'un grand intérêt sur le métier d'enseignant aujourd'hui. Bien sûr, il pourra en suivre le développement rigoureux tout au long des pages. Mais il pourra aussi s'en faire un véritable " compagnon de travail ", avec qui échanger tout au long de sa formation et de sa vie professionnelle. Un " compagnon " à consulter et à interroger. Un " compagnon " avec qui réfléchir aux situations auxquelles on se trouve confronté. Un " compagnon " qui invite à découvrir des propositions nouvelles, à explorer des pistes qui n'apparaissent difficiles ou inquiétantes que tant que l'on ne les a pas essayées. Un " compagnon " avec qui débattre aussi, sans préjugé ni dogmatisme, des perspectives à envisager pour progresser dans son métier, mieux faire réussir ses élèves et être plus heureux de reprendre tous les matins le chemin de la classe. François Muller connaît parfaitement de multiples innovations scolaires et a étudié longuement aussi bien leurs conditions de réussite que leurs effets. ll nous offre, avec ce nouvel ouvrage, non pas une série d'injonctions techniques ou moralisatrices, mais un formidable ensemble de ressources. Ses exemples et ses outils, ses réflexions et ses " exercices " sont là pour aider chacun et chacune à trouver sa voie. Sans avoir à tout réinventer à chaque instant. Mais sans être enjoints, non plus, à exécuter mécaniquement des instructions. Son livre est plus qu'une invitation au voyage, c'est un " compagnon de voyage ". Un voyage dans un monde et un métier où nous devons relever sans cesse de nouveaux défis. Des défis pour construire une Ecole de l'avenir. " Philippe Meirieu.
Cet ouvrage fait le lien entre les connaissances neuroscientifiques qui s'accumulent depuis plusieurs années et la formation professionnelle pour adultes. Son ambition : faire comprendre aux lecteurs ce que nous disent les neurosciences sur le fonctionnement du cerveau quand il apprend et ce que nous pouvons en tirer pour faciliter cet apprentissage en formation. L'auteure, docteure en psychologie cognitive, s'appuie sur les recherches actuelles pour relier la théorie sur le fonctionnement du cerveau avec des pratiques pédagogiques très concrètes. Elle propose aux formateurs et aux consultants, depuis la conception jusqu'à l'animation, des solutions directement applicables afin de rendre les interventions présentielles, distancielles ou blended plus impactantes, fluides et mémorisables. Aurélie Van Dijk s'appuie également sur son expérience en tant que consultante formatrice pour présenter une palette inédite d'applications : modalités pédagogiques adaptées, supports de formation innovants... De nombreux outils sont utilisés tout au long de l'ouvrage pour permettre aux lecteurs de progresser : témoignages des acteurs de terrain, cas pratiques, quiz, fiches mémo et illustrations en sketchnoting...