Connaît-on vraiment Louis XIV, l'homme Louis XIV? Derrière les fastes versaillais et les portraits immortalisant la majesté du Roi-Soleil, se cache une réalité bien différente. Louis Dieudonné de Bourbon était un homme comme les autres, notamment au niveau physique. Si une tradition immémoriale lui attribue une santé exceptionnelle, c'est oublier la longue chronologie des maux qui l'ont indisposé dès son enfance et ce jusqu'à une vieillesse passée en chaise roulante dans les jardins de Versailles. Grâce à l'exceptionnel Journal de santé qu'ont tenu ses médecins et aux témoignages de nombreux courtisans, on a pu reconstituer l'histoire vivante de la santé du souverain qui a eu le règne le plus long et sans doute le plus marqué par la maladie. Goutte, fistule anale, furoncle, indigestions, migraines et bien d'autres pathologies ont ponctué la vie de ce client de choix pour les médecins de la cour. Garants de la santé de Louis XIV, les spécialistes de la saignée et du clystère ont accompagné leur patient dans une aventure scientifique et humaine hors du commun. Au quotidien, la vie du monarque était partagée entre le souci de l'Etat et celui de sa propre préservation: d'où un équilibre instable entre banquets gargantuesques et menus allégés, entre affaires sérieuses et escapades horticoles, entre prouesses physiques et repos forcés. Quand l'équilibre était rompu, quand le corps reprenait ses droits sur l'étiquette, l'information ne tardait pas à parcourir le royaume et même à franchir les frontières. De là, la monarchie s'est évertuée à célébrer avec trompettes et feux d'artifices les guérisons du roi. Voilà sans doute de quoi faire taire les rumeurs. De ces fêtes somptueuses s'est dégagée l'image d'un prince stoïque que rien ou presque ne pouvait atteindre: en 1686, à peine opéré de sa fistule à l'anus, Louis tient conseil dans son lit de souffrance. Artistes et poètes s'en souviendront longtemps. Mais l'image est peut-être trop belle pour être vraie... A mi-chemin entre microhistoire, médecine et anthropologie, cette biohistoire de Louis XIV raconte la simple vie d'un homme dont le destin fut aussi exceptionnel que banal.
Date de parution
22/11/2007
Poids
610g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782876734708
Titre
LA SANTE DE LOUIS XIV - BIOHISTOIRE DU ROI SOLEIL
Auteur
PEREZ STANIS
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
155
Poids
610
Date de parution
20071122
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Excellent danseur, chasseur infatigable, gourmand presque glouton, brillant chef de guerre, amant actif, Louis XIV a joui de la réputation d'une santé exceptionnelle. Cependant, la lecture du Journal de santé tenu par ses médecins révèle que son règne de soixante-dix ans, le plus long de la monarchie française, est aussi l'un des plus marqués par les maladies. La santé du roi subit de nombreuses pathologies (gale, blennorragie, dysenterie...) sur fond constant d'indigestions, migraines, maux de dents et attaques de goutte. Entre vie publique et vie privée s'installe un équilibre précaire, surveillé par la Cour et les trônes étrangers. Chaque guérison est brillamment célébrée, de façon à faire taire les rumeurs, et mise au service d'une propagande glorifiant un monarque que rien ne peut atteindre. La santé du Roi-Soleil est ainsi rendue à sa dimension médicale, mais aussi sociale et politique, et apparaît comme un élément déterminant dans la mise en scène du pouvoir tout au long du règne.
A la fois hommes de marbre, géants couronnés et statues de chair, les rois mouraient un jour sur la scène du pouvoir. Une accumulation de fatigue, une fièvre inattendue, une gangrène inévitable, un coup de lance mal placé et des souffrances en tout genre les ramenaient au stade d'êtres comme les autres, suspendus au jugement de médecins parfois mal inspirés. Lancettes, clystères et pilules pouvaient se succéder dans un cortège médicamenteux aux senteurs de rhubarbe, de casse et de séné. Les clercs n'étaient pas en reste avec leur formidable thérapeutique spirituelle composée d'oraisons, de lectures pieuses et de prières. Les derniers jours ne pouvaient pas passer inaperçus et rares étaient ceux qui, suite à une maladie ou à un accident, se réfugiaient dans la solitude des ermites. Leur dernier coup de majesté était là, sous le regard des médecins et des indiscrets, près de l'oreille tendue des confesseurs et des laquais, sous les larmes de proches plus ou moins sincères.
À partir de la Renaissance, l'Occident a commencé à penser le monde et les choses à partir de lignes droites, d'effets de symétrie et de plans organisés en toile d'araignée. Les savoirs et les pouvoirs se sont progressivement structurés autour d'un discours obéissant à la géométrie et à ses nombreux avatars. Un nouveau culte de l'optique et du regard s'est alors étendu à des domaines aussi divers que les arts graphiques, l'architecture ou l'urbanisme. Un Grand alignement s'est fait jour et, d'une façon insoupçonnée, il a concerné autant l'ornementation que la diplomatie, autant la morale que la pensée politique.De l'Hercule gaulois enchaînant ses sujets grâce à son éloquence jusqu'à l'invraisemblable camisole de l'agresseur de Louis XV, en passant par la cartographie et l'art des jardins, on a assisté à une nouvelle appréhension des individus, des objets et, finalement, des espaces. De ce labyrinthe de lignes directrices a résulté une multitude de rapports de force, immobilisant l'individu au centre d'un univers rendu excessivement rationnel grâce aux principes de la géométrie euclidienne. À la marge de cette vaste toile virtuelle mais réelle, le Maître veille, silencieux et observateur, attendant que son artifice piège tous ceux qui chemineraient en liberté. Un fil d'Ariane est donc nécessaire.Professeur agrégé et habilité à diriger des recherches en histoire, Stanis Perez est coordonnateur de recherche à la Maison des sciences de l'homme Paris-Nord.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...