Ouvrage co-édité avec le Centre Jacque Berque (CJB) et le Centre marocains des sciences sociales (CM2S). Au début de l année 2007, l Université Hassan II Aïn Chock de Casablanca nous a donné la possibilité exceptionnelle de préfigurer ce qui devait devenir l une des rares écoles doctorales de sciences sociales ouvertes au Maroc depuis les années de plomb. Nous réunissons alors, dans une très tonique absence d académisme, des doctorants, enseignants, chercheurs, acteurs, journalistes et militants, autour de la vague ambition de donner un espace d expression et de création aux sciences sociales, avec un penchant marqué pour l anthropologie, telle qu elle est pratiquée du côté des miniaturistes, façon Clifford Geertz. La référence (plus que la révérence) à l École de Chicago s est imposée aussitôt, moins parce qu il s agirait de l ériger en courant ou tendance dont nous suivrions le modèle que comme moment créateur dans le processus de production du savoir et des compétences. L objet commun apparaît alors comme conséquence de cette référence: la métropole, qui nous irradie de sa présence autant que par le silence académique dont elle est l objet. Métropole en effet, Casablanca le devient à une vitesse qui dépasse toutes les prévisions, toutes les projections, parce que, à l identique des villes africaines ou américaines, elle est une ville en croissance exponentielle dans un dispositif urbain lui-même explosif. Comme dans toute métropole, à Casablanca aussi les citadins sont d anciens paysans venus des douars. Certes, à la différence de la Chicago de l ère industrielle, Casablanca n est pas faite de « migrants » venus de la lointaine Europe. Si les colons l ont bâtie, les paysans l ont peuplée et en quelque sorte réinventée. Voilà donc la question anthropologique: quel travail fait la ville sur ces paysans? Comment fabrique-t-elle « du citadin »? Comment se transmettent les compétences urbaines, les codes et les routines d une urbanité réinventée? Bref quels sens donner au chaos apparent...
Nombre de pages
365
Date de parution
08/02/2011
Poids
590g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811104566
Auteur
Peraldi Michel ; Tozy Mohamed
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20110208
Nombre de pages
365,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Depuis le début des années 2000, un nombre sans cesse croissant de migrants originaires d Afrique subsaharienne choisissent le Maroc pour poser leur sac. Ils sont aujourd hui plusieurs milliers à Rabat, Marrakech, Casablanca ou Tanger, qui vivent et travaillent, pour beaucoup, dans des conditions de grande précarité: ouvriers du bâtiment, prolétariat de ces nouvelles usines que sont les « call center », domestiques et hommes ou femmes de peine. Mais pour d autres, Africains eux aussi, médecins, artistes, entrepreneurs, commerçants, le Maroc offre de nouvelles opportunités économiques de promotion sociale que l Europe n offre plus. C est d abord cette nouvelle migration que ce livre analyse et décrit: ses formes urbaines et sociales, sa complexité, ses réseaux. Mais cette ethnographie est aussi une manière de faire un retour critique sur l une des légendes et des fictions politiques que construisent aujourd hui les acteurs politiques. Car pour beaucoup, médias, politiques ou ONG, ces Subsahariens ne seraient au Maroc qu en transit, attendant la meilleure occasion pour passer en Europe. Cette représentation, qui nie la réalité de leur ancrage au Maroc et amnésie le fond historique très ancien de relations entre Afrique noire et Maghreb où ces nouvelles migrations prennent forme sociale et sens, participe d une « fiction politique » du transit, si utile aux Européens pour construire une stigmatisation toujours plus manifeste des dynamiques migratoires. Cette position est ici discutée, critiquée et retournée pour proposer un renouvellement de l approche sociologique sur les migrations en les regardant du Sud.
L ouvrage dénonce les dérives et les contradictions d une décentralisation monopolisée par les élus et les techniciens au détriment des maires des petites communes et des citoyens perdus dans la complexité de l administration territoriale. L auteur, critique sur l état actuel de la réforme et de l acte III de la décentralisation, propose des pistes pour achever ce chantier de trente ans en en simplifiant les niveaux, et surtout en y réintroduisant le citoyen et une pratique plus participative de la démocratie locale.
Presque à son insu, Marrakech est un de ces lieux où le néolibéralisme s'enchante de son efficacité : un souk des possibles, cette disposition à offrir de manière socialement ouverte l'illusion de trouver ici les conditions d'un recommencement.Marrakech a déjà mille ans lorsque le corps expéditionnaire français y débarque en 1912. Délaissée par le commerce transsaharien, abandonnée des bourgeoisies commerçantes et du pouvoir, elle semble figée dans sa monumentalité. Sur ce qu'ils pensent être une terre sans maître, les militaires français projettent leur désir utopique de jouir à la fois de la grandeur du passé et d'un hédonisme esthétisé d'exotisme. Ils trouvent auprès des touristes et " villégiateurs " européens des alliés complaisants. Avec un palace, un casino et un terrain de golf, la Marrakech coloniale est inventée. Cent ans après, on y compte près de soixante-dix hôtels de luxe et trois cents de moindre qualité, deux mille chambres d'hôtes en médina, une douzaine de terrains de golf et un festival du cinéma.Ce livre enlevé, fruit d'enquêtes au long cours, est d'abord le récit généalogique de cette énigmatique montée en puissance qui est aussi la réinvention permanente d'une fantasmagorie sur fond d'orientalisme. Il propose ainsi une description fine des dispositifs d'acteurs qui l'ont fait vivre hier et de ceux qui l'assurent aujourd'hui.Mais l'auteur entend aussi questionner les fondements économiques et sociaux de cette industrie des futilités dont le tourisme participe. Presque à son insu, Marrakech est un de ces lieux où le néolibéralisme s'enchante de son efficacité : un " souk des possibles ", offrant l'illusion d'y trouver les conditions d'un recommencement. Pourtant, ne serait-ce pas aussi de ces expériences que naît quelque chose d'une ville et d'une urbanité ...Table des matières : Introduction. Marrakech : une marchandise, mais aussi une ville1907 : le meurtre fondateur du docteur Mauchamp, premier " expat " français1912 : la geste fondatrice de Lyautey à MarrakechQuand la ville offre les conditions d'un recommencementI / Le moment colonial1. 1912 : la ville conquise par les motsL'emprise de la France sur le MarocArrêt sur image, l'ethos touristique : 1) Pierre Loti au Maroc en 1889À la veille de la conquête française, la Marrakech " inventée " des voyageurs1920, la Marrakech des frères Tharaud, " immense camp de boue séchée "1933, la ville imaginaire de Camille Mauclair2. Commerce et plaisirs, l'autre ville des années 1910Le " petit peuple " des cantiniers, des palefreniers et... des prostituéesLa médina cosmopolite et commercialeUne prostitution diffuse au c'ur de la villeLe nouvel ordre urbain et la politique des caïds de LyauteyArrêt sur image, l'ethos touristique : 2) les officiers de l'armée française des années19103. L'entre-deux-guerres : les caprices font la villeLe lent développement du potentiel touristiqueGare, palaces et casino : les espoirs déçus des années 1930À l'ombre d'un ordre colonial " différent " : l'émergence de nouveaux bourgeois mobilesII / Du provincial au mondial4. De la " ville-atelier " au grand bazar, les mutations d'une médina (1970-1990)La médina, un ensemble urbain surpeuplé et délabréLes mille métiers artisanaux de la " ville-atelier "Le peuple urbain laissé en son chaudronL'émergence d'une nouvelle ville populaire dans les années 1980L'essor touristique des années 19805. L'esprit du nouveau bazarLe monde des boutiquiersArrêt sur image : l'ours et les saumonsLes " météores superbes " des années 1960 et leur héritageL'illusion de vivre des expériences sans limiteArrêt sur image : vous avez dit tolérance ...La création d'un style pour parvenus6. Années 1990 : l'émergence d'une Marrakech Ltd.Les entrepreneurs de l'authenticitéValérie Barkowski, " amoureuse du beau "La styliste Brigitte Perkins, largement imitéeRéussites et déboires de Thierry MatalonUn monde de productionLa tension entre le bazar et l'artisanat de collectionIII / L'ère néolibérale : urbanités et bifurcations7. La grande privatisation des années 2000La Marrakech de 2001, nouvelle mehalla de la monarchieUne rupture néolibérale, révélatrice des avancées du capitalisme affairisteLe triomphe d'un urbanisme mercantile8. Urbanités inquiètesEn médina aussi, le marché organise la villeLa Marrakech des années 2010 : urbanités, propriété, sécuritéLe symptôme des logements vides du " Grand Guéliz "9. Entrepreneurs et domesticitésMarrakech, une atmosphère...Parcours de vies, bifurcations professionnellesLes taxis : précarités et infamiesProstitution ou domesticité sexuelle ...La domination sociale des rapports ancillairesÉpilogue . Réinventer la société urbaine ...Une société et une économie des vanitésDes initiatives pour donner un autre sens aux lieuxAnnexe. Les petits mondes de MCA : une microsociologie des Européens de Marrakech" MCA ", un funambule de la précarité marrakchieLa diversité des " néo-Marrakchis "RemerciementsNotes.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.