Archives de sciences sociales des religions N° 184, octobre-décembre 2018 : Bulletin bibliographique
Pelletier Denis
EHESS
23,00 €
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EAN :9782713227400
Dans ce Bulletin bibliographique annuel consacré à l'exploration des recherches en cours, la rubrique " L'Atelier des sciences sociales du religieux" poursuit la généalogie de nos savoirs et de nos disciplines avec une étude de Pierre Lassave sur les heurs et malheurs de la réception anglo-saxonne des Formes élémentaires de la vie religieuse, ainsi qu'un récit réflexif du sociologue Jean-Paul Willaime sur son itinéraire professionnel de Strasbourg à Paris. Neuf a notes critiques " parcourent ensuite les aires, les périodes et les courants de pensée entre constructions identitaires, espérances religieuses et articulation du religieux et du politique. Le lecteur y croisera les enjeux du genre, la question de l'hérésie et celle du pouvoir au sein des institutions religieuses. Deux textes reviennent sur la confrontation de Michel Foucault avec les Pères de l'Eglise et sur l'ceuvre de l'anthropologue Daniel Fabre, trop tôt disparu. L'Etat et les religions en France. Une sociologie historique de la laïcité, dernier livre de Philippe Portier, fait l'objet d'une "lecture croisée " qui en souligne les apports au regard d'une tradition historiographique déjà riche. Cette livraison offre enfin plus d'une centaine de comptes rendus dont les objets multiples et les perspectives variées témoignent de la vitalité de la recherche dans le champ des sciences sociales des religions.
Nombre de pages
396
Date de parution
17/01/2019
Poids
626g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782713227400
Titre
Archives de sciences sociales des religions N° 184, octobre-décembre 2018 : Bulletin bibliographique
Auteur
Pelletier Denis
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
626
Date de parution
20190117
Nombre de pages
396,00 €
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Au cours de ces dernières années, la crise économique quia secoué en priorité l'Europe du Sud, réputée majoritairement orthodoxe ou catholique, a remis à l'ordre du jour la question jadis posée par Max Weber du rapport entre les appartenances religieuses et "l'esprit du capitalisme". Certains observateurs ont aussi vu dans le mode procédural de construction de l'Union européenne l'action d'une Europe du Nord d'inspiration protestante, à laquelle ces sociétés du sud peineraient à se plier. Il n'appartient pas à une revue comme les Archives de se positionner dans ce type de débat, bien souvent réducteur. La question du rapport entre orthodoxie et économie mérite néanmoins d'être posée, y compris à l'aune de la crise présente, dans la manière dont elle constitue le fait religieux en observatoire des mutations contemporaines des sociétés de l'Europe méditerranéenne d'une part, du questionnement de la relation entre Eglise et Etat à l'épreuve de la sécularisation d'autre part. C'est l'objet de ce dossier, qui s'ouvre sur un bilan critique de la thèse wébérienne à l'épreuve de l'orthodoxie, et s'appuie sur plusieurs enquêtes de terrain conduites en Grèce, à Chypre et en Bulgarie. A ce dossier s'ajoutent trois articles consacrés aux polémiques antithéâtrales du XVIIe siècle, à la gestion par la municipalité de Bordeaux du pluralisme religieux en contexte de laïcité, aux reformulations en cours de la relation entre religion et écologie.
Depuis le tournant du millénaire, l'émergence de minorités catholiques actives, les prises de positions de l'Eglise de France comme la médiatisation de ses crises internes ont fait prendre conscience qu'il existe dans notre pays une "question catholique" . Or, dans la société la plus sécularisée d'Europe, le catholicisme est mal perçu, mal connu, voire étranger à beaucoup de Français. Par sa clarté et sa forme narrative l'explication passe par le récit, l'ouvrage de Denis Pelletier met l'histoire de ce monde singulier à la portée de tous. De la Révolution à aujourd'hui, il déconstruit les idées reçues et montre comment les différentes mémoires celle des catholiques, celle des anticléricaux, celle du roman national ont souvent déformé les réalités historiques. Un livre éclairant, à l'heure du réveil politique d'une certaine droite catholique, du traumatisme des révélations sur les clercs pédophiles, mais aussi de la redécouverte d'un patrimoine commun après l'incendie de Notre-Dame de Paris. Denis Pelletier est directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études, spécialisé dans l'histoire du catholicisme français.
Pourquoi a-t-on cru, voici trente ans, à la fin des religions en Europe ? Par quels chemins l'émotion religieuse est-elle revenue au c'ur de nos sociétés ? Comment les catholiques vivent-ils l'actualité ? Recul de la pratique religieuse, prêtres en rupture de vocation, désertion des militants : dans les années 1960 et 1970, le catholicisme français est en crise. Avec l'encyclique Humanae vitae, qui renouvelle l'interdit sur la contraception, le fossé se creuse entre Rome et les femmes. Mai 68 révèle un gauchisme chrétien qui veut la révolution dans la société et dans l'Eglise. A l'autre extrême naît la dissidence intégriste de Mgr Lefebvre. Ce livre est la première synthèse historique sur la crise catholique qui a suivi Vatican II. Il montre comment les années 1968 ont vu émerger une autre manière d'être croyant en France ; comment la crise catholique ne se sépare pas de celle de la société française à l'issue des Trente Glorieuses ; et comment, sous l'explosion de la contestation et la mobilisation des intelligences, se trame une mutation dont nous sommes les héritiers immédiats.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.