Sur les contreforts andins du Chili austral, aux prises avec un monde ténébreux et sauvage évoqué avec un réalisme saisissant, deux êtres s engagent aveuglément pour une vie commune sur laquelle planent l opprobre social et une accusation de crime. Leur histoire d amour a la simplicité d une tragédie ancienne. De forêts en à-pics de montagne, de scieries en chantiers de coupe, dans une longue chevauchée ils défient l adversité et se trouvent pris en étau entre la nécessité et la loi de l argent-roi établi sur l exploitation des ressources primitives. Dans un Chili intemporel fouetté par la pluie et les vents, un récit lyrique où s imbriquent l observation sociale, une évocation forte du milieu forestier et la lutte du couple pour sa survie. « Ventisquero ». Parti à grands pas, le Chef invente déjà le dessin du chemin qu il va falloir tracer pour rejoindre la piste. Du plat de la main, il frappe les arbres, cinq gros et quelques maigrichons. [...] Brèves morsures de la chaîne entaillant le pied de l arbre, à la naissance des racines. Longues séquences entrecoupées d accélérations furieuses pour se dégager lorsque l arbre menace de coincer la chaîne sous son poids. Arrêt pour une reprise de souffle, de rythme. Pétarade un peu creuse du moteur pendant que la chaîne tourne à vide avant d attaquer à pleine écorce, en un nouveau point. À l oreille, l habitué des chantiers devine les étapes de l exécution, l approche du dénouement. Silence. Long cri d alerte. Ultime coup de scie. Deuxième cri aussitôt noyé dans le craquement final. Nouveau silence pendant que vacille la cime, ses tonnes de branchages et de feuilles. Puis le fracas de la masse abattue, arrachant tout sur son passage. Et la secousse de la montagne, faisant sous les pieds trembler le sol.
Nombre de pages
236
Date de parution
01/10/2013
Poids
310g
Largeur
140mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782913904545
Titre
L'Alerce
Auteur
Pellerin Marc-Alfred
Editeur
CHAMBRE ECHOS
Largeur
140
Poids
310
Date de parution
20131001
Nombre de pages
236,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
La pelouze, Nereis en langue savante, c'est un invertébré, une sorte de mille pattes si vous voulez, qui vit dans les vases littorales. On dit que la pelouze de la Baie des Saxons est une vraie gourmandise, réputée jusqu'à Marseille. Ceux qui la ramassent, c'est les pelouzards. Compétences requises pour pelouzer? Juste ce qui faut dans la culotte pour gagner sa place dans la vase et la défendre ensuite contre ceux qui, comme ce Chtimi, vont se figurer que pour pelouzer, suffit de se pointer."Dans la Baie, on a le sens des valeurs et de l'honneur. D'habitude, personne ne s'aventure dans ce coin trop humide. Mais depuis que Madame et son mari ont débarqué pour monter des derricks, les ennuis commencent et on va sentir comme une odeur de poudre et de vase remuée.
Y avait don'point d'loi pou'c't avorton ! Des lois, il en avait jamais connu que deux. Celle du plus fort, qu'il avait dû subir jusqu'à en perdre l'envie de vivre. Celle du plus fin, qu'il avait trouvée dans la forêt. Ce soir, portant le plus beau trophée jamais braconné, Bec-de-Lièvre coupait au plus fin à travers le sous-bois délayé de lune. Derrière lui, s'ordonnait la chasse à l'homme.
Meliville, bocage normand. 215 habitants. Presque autant d'âmes. Sous les pâtures, depuis le crétacé, le gravier se fait oublier. Une fortune qui roupille. D'où l'idée d'ouvrir une carrière, de gratter la terre jusqu'à l'os. Et tant pire que ça saigne.
Comment, à raison d'un habitant pour trois kilomètres carrés, calculer le nombre de consciences à négocier pour obtenir la concession des ressources pétrolières de la République sibérienne de Sakha-Yakoutie ? On peut exclure les consciences préalablement dissoutes dans la vodka...
Paris 1960, du vendredi au lundi de Pâques. Jacques Besse, sans logis, le ventre vide, déambule, passant et repassant par Singe-des-Près, le c'ur de la ville. Marcheur halluciné, insomniaque et fragile, il sillonne les rues et nous entraîne sur un rythme cassé, heurté. Acteur et spectateur de ce parcours que ses "fiancées" viennent hanter, il est comme ivre de son texte à mesure qu'il le vit, sa faim nous tenaille, vraie faim d'amour et de reconnaissance. Mais dure et âpre est la ville, sur laquelle plane l'ombre de la guerre d'Algérie.
Un jeune paysan au printemps de sa vie plante son décor sur une terrasse de 50 hectares de prés et de pâturages, « une terrasse sur le plateau suisse la vue à l'infini, jusqu'à la mer si les Alpes n'étaient pas venues se planter devant ». Il y savoure son monde d'herbes, de forêts, de chiens, de chèvres, élève pouliches et poulains et mène un dialogue quotidien avec ses chevaux. Au fil des saisons, il vit la neige éblouissante l'hiver, la sécheresse l'été, affronte les jalousies, le travail dans la montagne et l'amour indomptable.« L'idée c'était les premiers soleils de l'année nouvelle sur la neige. Des soleils qui inversaient la peur d'être foutu. La descente de l'hiver, dans le trou de la nuit hivernale, tu touches le fond et d'un coup tu remontes expulsé en pleine ébullition de rayons, ce contraste, entre le long tuyau obscur et le jaillissement éclatant. Ces oasis d'été en plein hiver, comme des mirages aussitôt submergés par des courants glacés. Assoiffés de lumière. »
Certes, Gandebeuf doit être rangé dans un classeur à part. Entre Laforgue et Prévert, entre Complaintes et Paroles du côté de Queneau. Les rêves de Gandebeuf ont de multiples facettes. Ils sont cocasses ou (et) tendres, co(s)miques et (ou) quotidiens, désespérés ou apaisés. Il faut les classer : par vingt degrés de lassitude sud là où la sciure du mot par une délicate attention exprime son édifiante misère.
Insatiable conteur de la houle et du ressac, Jean-Pierre Gandebeuf contemple à pleines journées la lumière, d'ailleurs, le jour voyage vite. Pour notre plaisir et pour le sien, il se fait chantre de tout ce qui anime les vastes étendues d'eau changeantes : J'attends que la mer devienne bleue et mince comme du papier Ce sera mon meilleur atelier pour chanter l'aube au printemps. De Cassis à Porquerolles, de Tanger à Roscoff, son siège social c'est le ventre des calanques où dorment les galets. Cet ancien journaliste du Dauphiné Libéré est devenu le griot du peuple majestueux des amers.