Publié par les Editions François Maspero en 1961, quelques semaines après la nuit sanglante du 17 au 18 octobre 1961, Ratonnades à Paris, tout comme Les harkis à Paris, ouvrage publié quelques mois plus tôt, fut saisi chez l'imprimeur par la Police judiciaire sur arrêté du ministre de l'Intérieur, Roger Frey, en vertu des pouvoirs spéciaux votés au gouvernement. Cette mesure de police ne fut suivie d'aucune inculpation. Il n'y eut donc ni instruction, ni procès. Seules quelques centaines d'exemplaires de Ratonnades à Paris purent échapper à la saisie et être distribués. Ces enquêtes journalistiques, menées dans l'urgence, témoignent de la violence incroyable de la répression exercée à l'époque contre la communauté maghrébine à Paris, et que le pouvoir en place cherchait à occulter : les tortures et les exactions quotidiennes perpétrées par les forces de police supplétives (les harkis) du préfet Maurice Papon, le massacre de dizaines de participants à la manifestation pacifique convoquée par le FLN le 17 octobre 1961 et interdite par la police. A ce jour, le nombre officiel de victimes est toujours très fortement sous-estimé, comme l'a montré le procès Papon. Depuis le début des années quatre-vingt-dix, l'exigence d'une reconnaissance historique des événements de cette année 1961 se fait plus forte. En 1999, une association oeuvrant dans le sens de cette reconnaissance officielle a été créée. A un an du quarantième anniversaire du 17 octobre 1961, la réédition de ces textes - qui restaient introuvables depuis leur parution - constitue un événement. Ce livre réunissant les deux titres de Paulette Péju porte le numéro 100 de la collection "La Découverte/Poche", créée en 1996.
Nombre de pages
200
Date de parution
12/10/2000
Poids
213g
Largeur
128mm
Plus d'informations
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EAN
9782707133298
Titre
Ratonnades à Paris précédé de Les harkis à Paris
Auteur
Péju Paulette
Editeur
LA DECOUVERTE
Largeur
128
Poids
213
Date de parution
20001012
Nombre de pages
200,00 €
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A cinq mois de la fin de la guerre d'Algérie, le 17 octobre 1961, Paris a connu le plus grand massacre de gens du peuple depuis la Semaine sanglante de 1871. Des dizaines de milliers d'Algériens manifestant sans armes ont été violemment réprimés par des policiers aux ordres du préfet Maurice Papon, faisant peut-être deux cents morts. Et, pendant une trentaine d'années, ce drame a été "oublié". Pourtant, dès l'époque, des femmes et hommes courageux ont tenté de le faire connaître. En témoigne le texte inédit que Marcel et Paulette Péju devaient faire paraître à l'été 1962 et publié ici pour la première fois. Nourri de nombreux témoignages d'Algériens recueillis à chaud, sa lecture ne laisse pas indemne. Ce document est complété par La Triple Occultation d'un massacre de Gilles Manceron, qui jette une lumière neuve sur cet événement. Papon était appuyé dans le gouvernement par ceux qui désapprouvaient les choix du général de Gaulle dans les négociations en cours pour l'indépendance de l'Algérie. II a préparé et orchestré la violence de la répression en donnant aux policiers une sorte de permis de tuer. Gilles Manceron éclaire également les raisons de la longue occultation du massacre: sa dissimulation par ses organisateurs au sein de l'Etat français; l'effacement de sa mémoire au profit de celle de Charonne en février 1962; et le silence des premiers gouvernants de l'Algérie indépendante, car les organisateurs de la manifestation étaient devenus leurs opposants. Ce livre explique la logique implacable d'un événement qui correspond aux derniers feux de la folie coloniale, paroxysme d'une période où la France s'est écartée des principes hérités des plus grands moments de son histoire.
A cinq mois de la fin de la guerre d'Algérie, le 17 octobre 1961, Paris a connu le plus grand massacre de gens du peuple depuis la Semaine sanglante de 1871. Des dizaines de milliers d'Algériens manifestant sans armes ont été violemment réprimés par des policiers aux ordres du préfet Maurice Papon, faisant probablement plus de deux cents morts. Et pendant une trentaine d'années, ce drame a été " oublié ". Pourtant, dès l'époque, des femmes et hommes courageux ont tenté de le faire connaître. En témoigne le texte inédit que Marcel et Paulette Péju devaient faire paraître à l'été 1962 et publié ici. Nourri de nombreux témoignages d'Algériens recueillis à chaud, sa lecture ne laisse pas indemne. Il est complété par La triple occultation d'un massacre de l'historien Gilles Manceron, qui jette une lumière essentielle sur cet événement. Avec l'appui des ministres hostiles aux choix du général de Gaulle en Algérie, Papon a orchestré la répression en donnant aux policiers une sorte de permis de tuer. Gilles Manceron éclaire également les raisons de la longue occultation du massacre. Ce livre explique la logique implacable d'un événement qui correspond aux derniers feux de la folie coloniale. Et la postface inédite de Gilles Manceron évoque les développements survenus au cours des années 2010 concernant la mémoire de ce massacre.
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