Le mirage linguistique. Essai sur la modernisation intellectuelle
Pavel Thomas
MINUIT
20,10 €
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EAN :9782707311511
Il y a vingt ans, la philosophie et les sciences de l'homme tentaient de se rassembler dans un projet unique, mis sous le signe du langage. A ce projet, qu'on a appelé "le tournant linguistique", peu de gens croient encore. Mais suffit-il de rejeter d'emblée une période dont il est devenu commun de contester l'héritage ? Cet héritage, ne convient-il pas plutôt de le soumettre à un examen équitable, d'en saisir les enjeux et d'en situer les défaillances ? Retournant aux sources de l'époque structuraliste, Le mirage linguistique interroge un ensemble de textes fondateurs, qui vont de l'anthropologie à la poétique et de la phénoménologie à l'épistémologie. Leur lecture dévoile les rapports problématiques du structuralisme avec la linguistique, discipline à la fois vénérée et mal comprise, qu'on s'obstina à mettre au service de la modernisation épistémologique. Peur du retard intellectuel, mais aussi triomphe des pratiques dissipatrices, l'aventure structuraliste finit, telle l'explosion sociale de 1968, par s'épuiser dans sa propre indétermination. A l'issue du débat, et avec le retrait des concepts linguistiques, la question peut enfin être posée : quel sera le tournant suivant ?
Nombre de pages
205
Date de parution
01/03/1988
Poids
244g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782707311511
Titre
Le mirage linguistique. Essai sur la modernisation intellectuelle
Auteur
Pavel Thomas
Editeur
MINUIT
Largeur
135
Poids
244
Date de parution
19880301
Nombre de pages
205,00 €
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A l'âge classique les mondes décrits par la littérature s'éloignaient considérablement de la réalité empirique et de la vie quotidienne. On a parfois soutenu qu'en dépit de cet éloignement les oeuvres d'imagination produites au cours du dix-septième siècle reflétaient fidèlement, bien qu'en secret et à l'insu de leurs auteurs, le point de vue du groupe social auquel ceux-ci s'identifiaient. Mes analyses suggèrent qu'au contraire, dans la mesure où les univers imaginaires du Grand Siècle correspondaient parfois à des bribes de pratique sociale, cette correspondance n'était rien moins que fidèle, et que cette infidélité, qui resta toujours au centre des préoccupations des hommes de lettres, fut pour eux l'objet d'un choix et d'un calcul délibérés. La littérature du dix-septième siècle est celle d'un temps où les hommes se sentaient à bien des égards proches de leur Dieu, et cette proximité a exercé une influence déterminante sur le développement de la subjectivité moderne. Ces différentes manières d'imaginer la présence du moi - le recueillement chrétien, le modèle romain de la maîtrise de soi, et l'alliance romanesque entre le moi et la Providence - ont proposé à la société un faisceau de normes et d'idéaux qui ont joué un rôle considérable dans l'évolution des moeurs".
Résumé : Le roman, dès son apparition, ouvre dans l'histoire de l'humanité un nouvel espace : le premier, il pose l'univers comme une totalité qui transcende la multiplicité des communautés humaines. Depuis lors, il n'a cessé de se débattre avec ses présupposés. Longtemps, l'idée y a primé sur les données empiriques représentées : roman hellénistique, récit de chevalerie ou pastorale mettent en scène des héros admirables, qui défendent la norme morale dans un monde livré au désordre, alors que le roman picaresque, le récit élégiaque et la nouvelle dévoilent l'irrémédiable imperfection des êtres humains. La première grande inflexion s'opère aux XVIIIe et XIXe siècles : à la confluence des anciennes espèces narratives, le roman s'évertue désormais à associer, sous le signe de la vraisemblance, la vision idéalisatrice et l'observation de l'imperfection humaine, en sorte que l'homme se définit moins par rapport à la norme morale qu'à son milieu d'origine. A la suprématie du concept succèdent l'observation scrupuleuse du monde matériel et social et l'examen empathique de la conscience individuelle. Puis, au XXe siècle, la révolte moderniste proclame la rupture inédite entre la réalité, qui échappe à toute maîtrise, et l'individu, libéré des soucis normatifs et défini comme le sujet d'une activité sensorielle et linguistique irrépressible. Cette évolution assure au roman une nouvelle flexibilité formelle, sans pour autant changer l'objet séculaire de son intérêt : l'individu saisi dans sa difficulté d'habiter le monde.
Résumé : La Sixième Branche ? Une fondation mystérieuse. Louis Veghe, un Juif roumain installé au Canada depuis 1967. Steve Ferris, un théologien protestant, devenu présentateur de télévision. Gloss, un écrivain velléitaire, compagnon de jeunesse de Louis... Ces personnages et beaucoup d'autres, des femmes surtout, sont-ils complices ? En tout cas, d'un continent à l'autre, rescapés du communisme ou du puritanisme, ils oscillent entre le reniement et le pardon. Le roman de Thomas Pavel, dans la tradition picaresque, se joue des frontières, des croyances et des conventions. Et tisse le motif d'une dérive faite d'illusions, de remords et d'espoirs.
Le temps d'un séjour de quelques semaines dans sa maison d'enfance, la narratrice raconte ses retrouvailles avec sa famille, où, depuis trois générations, hommes et femmes ont choisi le métier de pasteur. Mais quand elle arrive, quelque chose de cet ordre ancien s'est profondément déréglé. De ses proches, elle raconte les rires, les chutes, les chants. De toutes ses forces, elle les soutient, quand leur vie ne semble plus tenir qu'à un fil.
Rencontrer une fille tatouée au Japon, sauver la vie d'un homme sur un paquebot en mer du Nord, nager avec les dauphins aux Bahamas, faire l'amour à Moscou, travailler à Dubaï, chasser les lions en Tanzanie, s'offrir une escapade amoureuse à Rome, croiser des pirates dans le golfe d'Aden, tenter sa chance au casino en Slovénie, se perdre dans la jungle de Thaïlande, faire du stop jusqu'en Floride. Le seul lien entre les personnages est l'événement vers lequel tous les regards convergent en mars 2011 : le tsunami au Japon, feuilleton médiatique donnant à tous le sentiment et l'illusion de partager le même monde. Mais si tout se fond dans la vitesse de cette globalisation où nous sommes enchaînés les uns aux autres, si chacun peut partir très loin, il reste d'abord rivé à lui-même et à ses propres histoires, dans l'anonymat.
Dionysos est là. Il arrive depuis toujours. Il vient d'ailleurs, mais il est partout; c'est qu'il est le dieu du théâtre. La tragédie qu'il met en place sera plus tragique qu'une autre, puisqu'il s'agit de lui. Il lui faut un homme qui lui résiste, à qui il puisse faire la chasse pour le prendre dans les filets du délire. Les Bacchantes sont la pièce du délire qui finit mal. Ce n'est pas l'auteur et ce qu'il a pensé qu'on cherchera, ni en deçà de lui, la langue et son rythme. L'athée s'est-il converti? Peu nous chaut. Au théâtre le poète est masqué, sous les masques de ses personnages. La vigueur de la mise en perspective dépend de sa discrétion. Telle est la règle de l'objectivité scénique. L'auteur ne délivre pas de message. La victime n'apporte pas de salut. La fête n'en répand pas moins ses lumières et ses fastes, ses fantasmagories, ses jeux de cirque, ses bouffonneries et ses horreurs. L'initiation cultuelle des mystères dionysiaques s'y est faite initiation théâtrale. La gloire est toujours douce, dira-t-on, même pour le dieu. Toute arme est bonne pour gagner, surtout celle de la dévotion.