Ce qui caractérise de prime abord les grands marchés des villes d'Afrique noire, c'est la diversité des fonctions qu'ils assurent : micro détail, détail, demi gros et gros, zone de stockage et réexpédition, zone de services et d'artisanat... Le marché est le point de convergence des réseaux d'approvisionnement et de distribution des produits vivriers comme des produits manufacturés, ainsi que d'une bonne part des activités liées à ces réseaux. Le secteur informel y est particulièrement représenté, notamment par de forts effectifs de marchands ambulants. Ces derniers aggravent encore l'engorgement chronique de ces équipements, dont les débordements provoquent de coûteux dysfonctionnements urbains. Parallèlement, les rapports de force entre opérateurs au sein des marchés s'exacerbent et les insuffisances des entités de gestion deviennent de plus en plus patentes. Ces dynamiques (dans les réseaux de marchés comme à l'intérieur des marchés), leurs effets induits (sur l'usage des sols, les transports, la circulation...) sont autant d'éléments déterminants dans le système complexe de causalités circulaires qui régit aujourd'hui les mutations des villes africaines. Or les projets de marchés ont été souvent appréhendés, en tant que projets d'équipement public, selon les seules démarches de l'aménageur ou du gestionnaire. Cette vision restreinte est à l'origine d'un certain nombre de déboires dans les réalisations des dernières décennies : il s'avère nécessaire d'aborder le sujet avec une double entrée économique et urbaine, d'étudier les marchés sans se cantonner à leurs périmètres, en intégrant les problématiques et les circuits dans lesquels ils s'inscrivent. Cet ouvrage rend compte de telles approches : il propose, d'une part, une analyse du fonctionnement des marchés et des réseaux dans le contexte des mécanismes de transformation de la ville, et fournit, d'autre part, un canevas d'étude pour la création ou la réhabilitation de ce type d'équipements, des points de vue physique, mais aussi de l'organisation et enfin de la gestion. Le texte est illustré d'un grand nombre d'exemples et de données inédites collectées dans des villes d'Afrique francophone subsaharienne et de Madagascar.
Nombre de pages
198
Date de parution
01/11/2003
Poids
360g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782845860599
Auteur
Paulais Thierry ; Wilhelm Laurence
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20031101
Nombre de pages
198,00 €
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Pourquoi s'intéresser au Liberia, ce pays d'Afrique de taille modeste, faiblement peuplé et recouvert en majorité par la forêt tropicale ? C'est que son histoire est tout à fait singulière et riche d'enseignements. Colonie créée en 1822 par une société philanthropique américaine pour accueillir des esclaves libérés, le Liberia devenu pays indépendant a été accusé par la suite d'avoir lui-même recours à l'esclavage et a atteint la fin du vingtième siècle anéanti par plus de 20 ans de guerres civiles et de massacres. Au-delà de l'exposé des faits qui ont déterminé cette trajectoire dramatique, l'auteur tente de tracer un fil rouge au milieu des présentations parfois contradictoires de la littérature existante fondée souvent sur des approches partisanes, confessionnelles ou idéologiques. Elargissant le champ de ces investigations, ce livre cherche également à expliquer comment un pays né sous d'aussi bons auspices a-t-il pu échouer de façon aussi radicale, d'une part, à quels enjeux il est confronté dans sa reconstruction, d'autre part. Des questions qui intéressent notamment les politologues et les spécialistes du développement.
Province of Freedom. C'est le nom de la colonie à vocation agricole et marchande fondée en Afrique de l'Ouest par une association d'abolitionnistes évangéliques anglais, en 1787. La colonie, visant à accueillir d'anciens esclaves très pauvres de Londres, les "black poors" devait être gérée par un Noir et accorderait une grande place à l'autogestion et à la démocratie directe. Quatre ans plus tard, la colonie devient la Sierra Leone Company, sous une direction blanche et autoritaire, visant à accueillir les esclaves d'Amérique à qui la liberté avait été promise à condition qu'ils se joignent aux troupes loyalistes pendant la guerre d'indépendance américaine. Harry Washington, esclave fugitif de George Washington, fut l'un de ses pionniers. L'ouvrage retrace cette aventure en deux actes : acte un, la Province Liberté ; acte deux, la Compagnie de la Sierra Leone. Il replace cette histoire dans le contexte des débats qui ont animé le XVIIIe siècle, entre les penseurs des Lumières et les auteurs chrétiens abolitionnistes d'une part, et les colonialistes d'autre part. Le livre relate la reprise de la colonie de la Sierra Leone par les Anglais, provoquant ainsi le mouvement général des hinterlands et la création de colonies. Il raconte comment les puissances européennes ont instrumentalisé l'abolitionnisme afin de légitimer leur conquêtes territoriales. Tout cela débouchera sur la partition de l'Afrique lors de la conférence de Berlin, en 1884. Thierry Paulais est essayiste et a travaillé particulièrement sur l'histoire du monde atlantique et de la colonisation. Il a déjà publié un livre sur le Liberia, pays dont le passé est étroitement lié à ces thématiques. Il a un doctorat en économie et a passé la majeure partie de sa vie professionnelle à l'Agence française de développement.
D'Harry Washington, on sait peu de choses. On ignore son vrai nom, on ne connaît ni sa date, ni son lieu de naissance, ni comment il est mort. Né en Afrique, capturé, il traverse l'Atlantique dans les cales d'un navire négrier. Vendu à un planteur de la Chesapeake Bay, il est ensuite acheté par George Washington. Engagé pendant la guerre d'indépendance aux côtés des Anglais qui avaient promis la liberté aux esclaves qui combattraient dans leurs rangs, réfugié en Nouvelle-Ecosse après la défaite, il se porte ensuite volontaire pour fonder une colonie britannique au Sierra Leone et fait ainsi le voyage retour vers l'Afrique. Il participe à une insurrection contre l'administration britannique, est arrêté, jugé, expulsé de Freetown. La suite nous est inconnue. C'est à cette figure de l'esclave fugitif et à sa quête de liberté que ce livre rend hommage, à cet homme debout, combattant pour ses droits et sa liberté avec courage et un engagement hors du commun. Au travers de ce destin singulier, c'est aussi à la découverte du « Monde atlantique » que nous invite Thierry Paulais.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.