Parant Jean-Luc ; Loquet Kristell ; Cotte Arnaud d
JOCA SERIA
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EAN :9782848090344
A Boulevue, qui signifie précipitamment, est ce livre où l'on découvrira: Jean-Luc Parant projetant ses yeux sur le Lac de Grand-Lieu comme deux mains immenses et avides qui n'auraient encore jamais rien touché; le même découvrant l'argile mise à nu par le Lac comme l'intérieur de la Terre, et modelant des boules de terre et d'eau dans la nuit de ses mains; que la terre de Grand-Lieu est double: pour moitié argile et pour moitié tourbe et que Jean-Luc Parant les réunit comme sont réunis le côté jour et le côté nuit de la Terre; que de nombreux habitants, lycéens, collégiens et écoliers de Grand-Lieu ont participé à la fabrication de 32215 boules comme 32212 portraits de riverains du Lac; Jean-Luc Parant faisant la lecture de son texte A Boulevue comme s'il donnait ainsi un écho visible et intouchable à ses boules touchables et invisibles; des boules, sous vitrines, devenues visibles et intouchables et un texte sur les yeux, manuscrit de très près, devenu touchable et presque invisible: les boules et le texte sur les yeux s'étant échangé leur place comme le jour et la nuit s'échangent la leur sur la Terre; Jean-Luc Parant faisant la lecture de la suite de son texte A Boulevue, accompagné au piano par sa fille Marie-Sol comme si celle-ci avait découvert la musique des sillons que la Terre trace en tournant sur elle-même, et que Jean-Luc Parant avait su entendre et dire grâce à elle la parole du chemin que la Terre trace en tournant tout autour du soleil; que le lancement est le premier geste de l'homme; Jean-Luc Parant lançant mille et une boules dans le Lac de Grand-Lieu comme mille et une nuits rendues à son obscurité; que l'impact d'une ?uvre est aussi fragile que l'impact d'une boule à la surface de l'eau mais aussi étendu que les cercles concentriques qui s'en éloignent peu à peu.
Nombre de pages
78
Date de parution
10/01/2005
Poids
300g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9782848090344
Titre
A Boulevue
Auteur
Parant Jean-Luc ; Loquet Kristell ; Cotte Arnaud d
Editeur
JOCA SERIA
Largeur
170
Poids
300
Date de parution
20050110
Nombre de pages
78,00 €
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«Il propulse l?oeil hors de l?orbite et le voit voyant le monde : c?est qu?il traverse la matière impénétrable des yeux et de tout l?espace, est au visible ; il voit sans fin jusqu?à se voir. Et il écrit les yeux comme il substitue le visible au toucher ; la main de la nuit se rétracte dans le bras jusqu?à disparaître : elle pense et il pousse alors en elle le visible pour que les signes soient amoncellement d?yeux : il fait doublement exister l?intouchable là où commence la nuit. Et il ne fait jamais qu?appeler les yeux là où ils sont aveugles, prolonger le tout de la matière vivante pour se tenir au plus loin de la disparition.» Depuis plus de trente ans, l?oeuvre plastique et l?oeuvre poétique de Jean-Luc Parant, artiste inclassable et unique, réitèrent une même obsession qui «tourne autour» de l?oeil, du regard et plus loin de toutes les sphérités ; et le comble, c?est qu?il ne l?épuise pas cette obsession ; comme si à travers l?oeil, c?est la planète entière qui défilait, la planète ronde que l?on a sous nos pieds et celle intérieure ou objectivée, qu?on l?on a sur nos épaules. L?oeuvre de Jean-Luc Parant pourrait presque être structurée dans un immense livre unique, c?est un peu cette idée qui a présidé à la structure de ce livre qui en contient quatre. Les Yeux c?est donc quatre livres en un, quatre variations sur une même antienne, sur un même refrain qui chaque fois ajouterait du sens au refrain précédent.
Et ce texte jouit sans fin, les mots s'y tendent comme les mains se tendent pour caresser et embrasser la nuit : les signes s'accouplent avec le touchable pour presser les courbes de la terre comme les membres touchants s'unissent aux reliefs de l'obscurité pour creuser la matière et jouir en son sein. C'est la joie des yeux fermés, le déploiement des doigts amoureux de l'invisible. Les mots s'y tendent comme les yeux se tendent pour s'unir l'un l'autre et s'unir à la lumière : les signes s'accouplent entre eux et se projettent dans le feu du soleil comme les membres voyants fusionnent à la source du regard pour que naisse la vue, fusionnent avec le globe brûlant à l'extrémité du regard pour que naisse le visible. C'est la joie des yeux ouverts, le déroulement de l'oeil amoureux de son double et des yeux amoureux du visible. Et les mots glissent et s'éboulent comme sans ponctuation de la nuit au jour là où les yeux glissent et s'éboulent sans respiration, des doigts se déployant et étreignant l'obscurité aux yeux se déroulant, s'étreignant et étreignant la lumière. Parce que si les organes de la vue portent en eux la jouissance, de leur rétractation à leur déploiement, un texte sur les yeux porte l'accouplement jusque dans les mots et les yeux mêmes : des mots pénétrant la terre aux mots se pénétrant et pénétrant le soleil, et des yeux fermés dans la chair touchante aux yeux ouverts dans la chair voyante. Comme pour porter la jouissance jusqu'au vif d'elle-même dans sa traversée de la matière et du feu, de l'opacité et de la transparence.
Et ce texte jouit sans fin, les mots s'y tendent comme les mains se tendent pour caresser et embrasser la nuit : les signes s'accouplent avec le touchable pour presser les courbes de la terre comme les membres touchants s'unissent aux reliefs de l'obscurité pour creuser la matière et jouir en son sein. C'est la joie des yeux fermés, le déploiement des doigts amoureux de l'invisible. Les mots s'y tendent comme les yeux se tendent pour s'unir l'un l'autre et s'unir à la lumière : les signes s'accouplent entre eux et se projettent dans le feu du soleil comme les membres voyants fusionnent à la source du regard pour que naisse la vue, fusionnent avec le globe brûlant à l'extrémité du regard pour que naisse le visible. C'est la joie des yeux ouverts, le déroulement de l'oeil amoureux de son double et des yeux amoureux du visible. Et les mots glissent et s'éboulent comme sans ponctuation de la nuit au jour là où les yeux glissent et s'éboulent sans respiration, des doigts se déployant et étreignant l'obscurité aux yeux se déroulant, s'étreignant et étreignant la lumière. Parce que si les organes de la vue portent en eux la jouissance, de leur rétractation à leur déploiement, un texte sur les yeux porte l'accouplement jusque dans les mots et les yeux mêmes : des mots pénétrant la terre aux mots se pénétrant et pénétrant le soleil, et des yeux fermés dans la chair touchante aux yeux ouverts dans la chair voyante. Comme pour porter la jouissance jusqu'au vif d'elle-même dans sa traversée de la matière et du feu, de l'opacité et de la transparence.
Avec ce quatrième volume se poursuit l'oeuvre unique de Jean-Luc Parant.«Ce sont les yeux qui sont venus s'écrire, habitant l'écriture, l'usant comme d'une cavité où se loger, et jusqu'à ce que la chair des mots se confonde en chair voyante.Ainsi les mots s'ouvrent et déboulent sur les pages : comme des membres en fuite, ils se précipitent hors d'eux-mêmes, tirant sur leur propre chair jusqu'à dépasser les limites de leurs corps. Et ils roulent, se déroulent intensément ; ils se tendent et s'étendent immensément - se lovant dans l'espace des lignes, se mouvant dans les creux et sur les reliefs des pages jusqu'à leurs extrémités.C'est une immense traversée jusqu'à la cime des signes et l'horizon des lignes : celle de l'écriture qui réfléchit en miroir l'immense traversée des yeux sur la terre jusqu'à l'horizon.Et les mots glissent plus avant : ils courent et roulent plus vivement, battant des paupières, s'essoufflant et cillant comme pour reprendre leur souffle. Et ils se jettent, se projettent jusqu'au vertige ; ils sautent et bondissent jusqu'à perdre pied - enjambant les pages et se déployant au-delà. Ainsi lancés et élancés, ils volent, ailés, pris de vitesse et de légèreté.C'est une infinie volée sur les pages : celle de l'écriture qui se munit d'ailes pour refléter l'infinie volée des yeux dans les cieux jusqu'au feu du soleil.Ainsi, les mots marchent jusqu'à courir, courent jusqu'à voler, pris d'ivresse, ivres d'espace et de mobilité.Or ils restent toujours perchés sur les lignes, nichés et blottis dans leurs creux : toujours suspendus et immobiles - et pourtant si infiniment mobiles : battant de l'aile infiniment comme pour rouler de la terre au soleil. Toujours sans mouvement au coeur des pages mais basculant aussi de vertige, s'étoilant et étoilant leur chair à l'infini. Tout à la fois immobiles, comme en repos dans leur nid, et mobiles jusqu'à perte de vue ; tout à l'image des yeux, si étroitement abrités dans les orbites et pourtant si immensément projetés jusque dans le soleil.Et, ainsi, écrire sur les yeux jusqu'à ce que les yeux envahissent l'écriture. Comme pour porter jusque-là la chair voyante, pour la sentir et l'éprouver jusqu'à perdre souffle, intensément jusqu'au sein des signes.»
Il s´agit ici d´une édition critique de l´Autoportrait dans un miroir convexe qui révèle John Ashbery au grand public en 1975 : le livre reçoit simultanément les trois plus prestigieux prix littéraires américains, le Pulitzer Prize for Poetry, le National Book Award for Poetry et le National Book Critics Circle Award for Poetry. L´Autoportrait dans un miroir convexe tire son nom d´un long poème, méditation métaphysique de l´auteur sur l´autoportrait réalisé en 1524 par le peintre italien Parmigianino. Il s´agit, comme dans les autres poèmes du livre, d´une partie de cache-cache du poète avec ses images, ses ombres et ses formes. Ce jeu sérieux et drôle mène parfois, au détour d´un vers, au sourire mélancolique du poète qui invite le lecteur à se regarder lui aussi dans le miroir du poème. Cette nouvelle traduction est suivie d´essais d´écrivains et universitaires qui ont côtoyé John Ashbery et ont contribué à le faire connaître en France.