On retrouvera, dans le choix de récits qui composent ce volume, les qualités que l'auteur ne cessa de cultiver tout au long de son oeuvre : une ironie virant soudain à la mélancolie, un burlesque sur fond de nostalgie, la radiographie d'une société empêtrée dans ses conventions et que dénoncent innocemment quelques âmes simples. Ce sont les "bouffons" chers à Palazzeschi, c'est-à-dire "tous ceux qui, à la suite d'une quelconque divergence naturelle - naturelle étant pris au sens large -, éprouvent un malaise au sein de la communauté humaine ; malaise qui peut aussi bien se traduire par un comique débridé que par une noire tristesse" . Grain de folie, élément perturbateur venant gripper les rouages de la quotidienneté bourgeoise, en dénoncer toute la médiocrité. D'une écriture sinueuse, "proustienne" , par les longues analyses qui tentent de cerner les replis de l'âme humaine, ces récits prennent aussi racine dans la tradition baroque par leur goût du mélange des genres, la mise en évidence du grotesque de situations et l'hésitation constante entre le rire et l'émotion tragique.
Nombre de pages
320
Date de parution
23/02/1995
Poids
320g
Largeur
132mm
Plus d'informations
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EAN
9782070731862
Titre
Liens secrets. Et autres récits
Auteur
Palazzeschi Aldo
Editeur
GALLIMARD
Largeur
132
Poids
320
Date de parution
19950223
Nombre de pages
320,00 €
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Santa Maria a Coverciano, dans les environs de Florence. Même pas un bourg : un "pays", c'est-à-dire un noyau humain maintenu en union spirituelle par une paroisse, et non une entité administrative. C'est là que vivent les trois soeurs Materassi, brodeuses de linge fin, avec leur servante Niobé. Existence monotone, on ne peut plus paisible, ordonnée, vouée à l'immuable. Quand y surgit Remo, le fils d'une quatrième soeur, beau, lumineux, intéressé. Il bouleverse tout, réveille des appétits depuis longtemps éteints, fait circuler le désir, provoquant, par son insouciance, ruine et catastrophe.
Le Prince Valentino Core abandonne Rome, théâtre d'un amour impossible, pour une Toscane sombre et fantomatique. De sa villa de Bemualda, au décor poussiéreux et funèbre, hantée par le souvenir d'une mère suicidée, que gèrent deux gardiennes furtives, il écrit à son ami Johnny, auquel le lie une passion contrariée, une lettre chaque jour du mois de novembre. Tentative désespérée de garder les distances, ces trente missives sont traversées de présences indistinctes, empreintes d'une atmosphère embrumée, crépusculaire, ponctuées par l'apparition d'une femme aimée, dont le visage pourrait n'être que celui du délire.Un coup de théâtre ultime, dont le lecteur ne recueille l'écho qu'à travers une série de comptes rendus aussi contradictoires qu'improbables, vient ponctuer ce roman d'une "jeunesse troublée et quasi désespérée" qui se résout finalement, disait Palazzeschi, dans l'allégresse la plus intense.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.