Traces d'objets collectés le 17 mai 2017 dans une des salles de l'académie Charpentier, école d'arts appliqués française privée située à Paris. Durant l'année 1989, l'actrice Charlotte Gainsbourg a fréquenté cette école. Avec rigueur et méthode, à la façon d'un détective ou d'un scientifique, Gianpaolo Pagni enquête sur des personnages connus ou moins connus dont le dénominateur commun est l'intérêt qu'il leur porte. Une fois le suspect déterminé, il se rend sur les lieux visités ou habités par l'objet de sa recherche pour y collecter des traces imaginaires de son passage : boutons, tickets, médicaments, coton-tige, vis en acier bichromaté, verre à whisky, cassette vidéo..., la personnalité se révèle alors. Ensuite, notre enquêteur encre, tamponne et répertorie méthodiquement le fruit de ses découvertes pour en dresser un inventaire étonnant, saugrenu ou touchant... selon le personnage évoqué. Ce jeu de collecte devient alors détournement des objets du quotidien pour transformer le banal en exceptionnel. De Marcel Duchamp à Carla Bruni, de John Wayne à Rabelais, de Lionel Messi à L'Homme invisible... une trentaine de personnalités de tous horizons sont passées à la loupe. Jeu de l'insignifiance face à la renommée. Jeu entre le futile de l'objet et la précision quasi scientifique de l'enquête. Jeu de l'anodin devenu extraordinaire par sa localisation. Le propos de Gianpaolo Pagni donne l'illusion de la simplicité et nous entraîne en fait bien plus loin que nous ne l'imaginons.
Nombre de pages
146
Date de parution
09/11/2017
Poids
390g
Largeur
173mm
Plus d'informations
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EAN
9782359840872
Titre
Enquêtes au tampon
Auteur
Pagni Gianpaolo
Editeur
ESPERLUETE
Largeur
173
Poids
390
Date de parution
20171109
Nombre de pages
146,00 €
Disponibilité
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Les pâtes sont toutes constituées du même élément de base, le blé dur, mais leur goût change avec leur forme : ce qui impliquerait que ce n'est pas la matière qui est la plus importante, mais que c'est la forme. Il n'y a rien à voir entre un penne et un farfalle, entre une pâte longue et fine, et une pâte rablée et creuse ; la forme modifie le goût... À partir de la forme la plus simple le spaghetti Gianpaolo met en lumière les recettes "forcément" succulentes de sa grand-mère italienne. Hymne à la pasta, hommage au goût et au bon goût, Gianpaolo invite au régal des yeux avant celui des papilles.
Dans le "Futebol" vu par Gianpaolo Pagni, les ballons se multiplient, les joueurs prennent des couleurs, les drapeaux se donnent des airs de mosaïque. Sur le terrain, les hommes s'envolent et retrouvent leur statut de héros, à la façon grecque : dieux pour le mythe et pions pour le jeu. Le futebol, c'est l'anatomie du sport, la dissection du corps qui court par un médecin-légiste pas triste.
Lorsque Frédérique Dolphijn rencontre l'histoire des Catulas, ces in-surgés qui, dans la première moitié du XIXe siècle, se sont rebellés parce que leurs conditions de vie et leur travail ne leur permettaient plus de vivre, elle fait le lien avec ce que l'on appelle, de nos jours, les travail-leurs-pauvres. Ceux qui crient leur colère sur les ronds-points, ceux qui prennent leurs tracteurs pour manifester leur ras-le-bol d'être laissés-pour-compte, ceux qui souvent subissent l'indifférence des nantis et du plus grand nombre. En 1847, à Berzée en Belgique, des conditions climatiques désastreuses et de mauvaises récoltes engendrent un début de famine. Un groupe d'hommes et de femmes décident de changer la donne. D'abord en ten-tant d'acheter au prix juste le grain nécessaire à leur survie, puis, en der-nier recours, en se servant dans les greniers de ceux qui thésaurisent les récoltes et en déterminent le prix selon la loi de l'offre et de la demande. Les révoltés seront repoussés, arrêtés et pour certains incarcérés et jugés. Or, fait étonnant, la cour ne les condamnera pas... Frédérique Dolphijn brosse un récit tout en nuances. Les différents points de vue sont évoqués, les nantis ne sont pas que les "méchants" de l'histoire ; les insurgés ont aussi leurs failles. Si leurs vies se côtoient, le cycle des saisons et les circonstances de la vie les impactent différem-ment. C'est dans cette nuance que le récit se tisse, dans les jours qui précèdent l'insurrection elle-même, jusqu'à ses conséquences. En faisant sienne cette révolte, c'est toute une époque que l'écriture de Frédérique Dolphijn fait revivre, celle d'un siècle où chacun et chacune a sa place et est censé la tenir, jusqu'au jour où tout bascule...
Lorsque Violaine Lison reçoit en dépôt les carnets de Léonce Delaunoy, elle est frappée par la beauté et la force de l'écriture de ce jeune homme mobilisé comme brancardier lors de la Première Guerre mondiale. Malgré les horreurs de la guerre, Léonce reste proche de la nature ? décrivant comme personne les paysages, l'Yser, les oiseaux ? mais aussi de ses idéaux d'amitié. Le récit de la «guerre de Léonce» se déploie sous les yeux de Violaine. Pourtant, très vite elle sent que «quelque chose» ne va pas. Des manques apparaissent. Des incohérences. S'agit-il d'un faux, d'une retranscription ? Une forme d'enquête historique et littéraire commence? Lorsque l'autrice retrouve les carnets originaux, elle comprend que le journal de Léonce a été recopié par Paul, un ami très proche de Léonce. Mais la retranscription est lacunaire. Les parties censurées parlent de l'absurdité de la guerre, du désespoir, de l'envie de mourir, mais aussi d'une amitié amoureuse pour Herman, troisième personnage de cette histoire. Quel intérêt avait cette censure ? Faire de Léonce un héros ? Gommer l'amour porté à un autre homme ? Violaine ne tranche ni ne juge, elle tisse son récit entre les carnets, approche la vie de Léonce tout en racontant sa propre quête. Lequel de nous portera l'autre ? est un récit polyphonique, où les voix de Léonce et de Violaine s'entremêlent, se répondent et se questionnent. Cent ans les séparent, pourtant le texte de Léonce Delaunoy résonne avec une modernité frappante. Et c'est tout l'art de Violaine Lison que de nous ancrer dans le réel tout en laissant une place à l'inattendu des mots. Il en naît une rencontre rare et précieuse.
Faire ses blancs pains, au Pays des Collines, c'est pétrir le drap du lit comme pour préparer une offrande pour l'au-delà. Ce geste annonce alors que la mort est proche et que le mourant, doucement, se prépare. En trois textes qui s'enchaînent, Françoise Lison-Leroy interroge la place prise par chacun dans sa famille, les présents comme les absents, ceux à la longue vie ou les enfants partis trop tôt. Comme cette tante de deux ans, emportée par la fièvre dans un temps où la vie des enfants était plus fragile. Au cimetière du village, sa tombe côtoie celles d'autres enfants ; un respect sacré, partagé, inné, entoure ce petit coin du cimetière. Sa présence habite les pensées et les promenades de l'auteur. évocations légères, souvenirs, bribes glanées au fil des pérégrinations, mémoire de la famille... ce qui reste de vie pour ceux qui grandissent. Précédée par cet enfant, l'auteure se sent aussi portée par celle qui lui offre alors une bienveillante attention. Elle tisse un monde où les sentiments se transmettent par delà les mots. Diane Delafontaine accompagne ce texte d'images qui, elles aussi, s'ancrent au passé comme au présent. Une manière de faire le lien et de donner au texte une tonalité faite de photos anciennes et de retouches à l'encre.
Trois moments pour dérouler le temps et arpenter la mémoire : une femme nous emmène dans la maison d'une grand-mère, vers les sentiers au fond du jardin et là où tout se trouble. La marche et l'errance urbaine y réveillent le souvenir et dessinent un nouveau territoire à parcourir. Texte de passage, de prise de conscience, de renoncement à un temps idéal qui passe par le deuil ? pas seulement des proches, mais d'une idée du monde, d'une liberté de rêver. Une écriture puissante, à vif, qui nous entraîne là où le quotidien devient poésie, là où le souvenir tisse sa trame.