Pagano Giuseppe ; Daniel Guarniero ; Carraud Chris
CONFERENCE
29,00 €
Sur commande, 4 à 6 jours
EAN :9791097497576
Architecture rurale italienne est le catalogue devenu presque mythique de l'exposition que Giuseppe Pagano et Guarniero Daniel ont organisée en 1936 lors de la VIe Triennale de Milan (catalogue dont la seule édition remonte à 1936). Il ne s'agit pas d'une exposition anecdotique, ni d'un éloge déguisé des "? valeurs rurales ? " que caresserait une nostalgie ethnographique ? ; mais au contraire d'une "? enquête ? " (c'est le terme employé par les auteurs) sur les formes d'"? architecture spontanée ? " dont la rigueur fonctionnelle et l'économie de moyens sont décrites avec une attention systématique servie par un usage en ce sens pionnier de la photographie, dans le but de définir la tâche d'une architecture contemporaine rationaliste et soucieuse de sa dimension sociale. Le propos est en réalité très ambitieux et très programmatiquement réfléchi, reprenant de premières esquisses de réflexion publiées précédemment par Pagano dans quatre articles successifs de la revue Casabella, et se constituant parallèlement à deux autres expositions montées par ce dernier sur les techniques modernes de de la photographie ou de l'enquête ethnographique, celle de l'interprétation politique dans un régime appelant au "? retour à la campagne ? ", ou encore celle de notre propre lecture d'une telle tendance ou de la question d'une "? architecture dimension documentaire ou historique ? : elle est d'une ampleur ayant peu d'équivalent. L'Architecture rurale italienne est une manière de proposition et de démonstration, qui a durablement marqué des générations d'architectes - pensons à Giancarlo De Carlo, à Gio Ponti, à Ernesto Rogers ou à Vittorio Gregotti, lequel écrivait à son sujet ? : "? L'extraordinaire répertoire formel qu'[elle] faisait découvrir influença pendant de longues années l'architecture italienne dans son effort de contact avec les couches populaires ? " (V. Gregotti, Orientamenti nuovi nell'architettura italiana, Milan, Electa, 1969, p. 53). Bien des éléments ici peuvent nourrir la réflexion, que l'environnement où nous sommes rend peut-être plus inquiète encore qu'en 1936 ? ; Pagano écrivait dans l'Architecture rurale ? : "? Avec l'accroissement des connaissances techniques, avec l'influence (souvent esthétiquement pernicieuse) des experts ruraux épris d'une fausse couleur locale, avec la pudeur romantique dont firent preuve tant de constructeurs qui se crurent obligés de transformer les fermes en villas ou les hameaux industriels modernes en villages médiévaux, l'architecture rurale a failli perdre son immense valeur de construction "pure", a-stylistique, fonctionnelle. ? " On peut mesurer à chaque instant la pertinence qu'il y a aujourd'hui à reprendre de tels questionnements. Mais un autre intérêt de cet ouvrage tient à la figure de Giuseppe Pagano ? : à l'importance de son oeuvre d'architecte, de critique, de photographe, assurément, mais aussi à son histoire propre, dont Riccardo Mariani, en 1975, résumait admirablement le cours dans le titre de la longue étude qu'il lui consacrait et dont l'autre volume que nous présentons propose la traduction ? : "? Giuseppe Pagano architecte fasciste, antifasciste, martyr ? ". Le destin de Pagano, irrédentiste, fasciste, puis déçu par le fascisme au point de s'engager contre lui dans la lutte armée avant de mourir d'épuisement à Mauthausen, éclaire en effet tous les recès d'une époque difficile. Composition du volume : I. La traduction du catalogue de Pagano et Daniel de 1936, sous la forme du fac-simile de l'édition italienne. La "? Note du traducteur ? " s'explique sur les raisons de cette reprise. On peut dire cependant que ces raisons sautent aux yeux ? : la qualité de la mise en page de l'original, et celle des photographies dues pour l'essentiel à Giuseppe Pagano, sont telles qu'une présentation différente eût profondément altéré le propos des architectes. A quoi s'ajoute ce qu'on pourrait appeler la marque stylistique de l'époque, et des Quaderni della Triennale en particulier, dans la série desquels s'inscrit le volume de 1936, mais avec une singularité qui l'en distingue et qui tient à l'extrême cohérence de son propos et à la loi, pour ainsi dire, de son association avec l'image. II. Un ensemble de textes visant à mieux faire mesurer l'importance de ce catalogue et l'écho des préoccupations qui s'y font jour, et en même temps à présenter la figure extraordinairement singulière de Giuseppe Pagano (précisons ici que le choix de se concentrer exclusivement sur l'un des auteurs du catalogue est dicté par deux motifs ? : a. le caractère décisif de la figure de Pagano, et comme architecte, et comme photographe - il est non seulement l'auteur de presque toutes les photographies, mais ses Archives témoignent à partir des années 34-35 d'une inlassable activité de prises de vues -, et comme homme à l'itinéraire exceptionnel ? ; b. l'absence complète d'informations sur Guarniero [Werner] Daniel, qui ne semble connu qu'au seul titre de co-auteur de l'exposition, plus que du livre lui-même, du reste, dont les thèses sont si proches des articles antérieurs de Pagano parus dans Casabella, qu'il convient d'en attribuer à ce dernier la paternité exclusive.) Cette tâche nous semble d'autant plus nécessaire qu'il n'existe aucune publication sur ou de Pagano en langue française. Cet ensemble de textes est le suivant : 1. Une note du traducteur, évoquant les raisons de cette édition et proposant un premier portrait de Pagano et une évaluation de l'importance de ce catalogue (par sa beauté, assurément ? ; mais aussi par le regard anthropologique que sert la photographie, et le lien nécessaire que Pagano parvient à établir entre les formes fonctionnelles de la construction populaire et spontanée, saisie dans le développement et les transformations de son histoire, et les exigences de l'architecture moderne qu'il défend). 2. Des documents annexes, propres à l'édition française : a. Un article de Pagano sur sa propre pratique photographique, "Un chasseur d'images" (1938) b. Une notice biographique sur l'architecte, permettant de suivre les étapes de sa vie en fonction principalement des péripéties politiques de la période (Gabriella Musto, directrice du Museo Nazionale di Castel Sant'Angelo à Rome) Puis trois études ou propositions d'interprétation choisies en raison à la fois de leur caractère suggestif, de leurs divergences et de leur différence de ton, comme une manière d'invitation faite au lecteur de pénétrer plus avant dans l'entrelacs et la complexité de la période du ventennio et des motifs d'une vie - la variation des tonalités interprétatives valant question toujours ouverte en même temps qu'hommage à la richesse exceptionnelle de ce destin humain ? : c. Une étude succincte de l'ensemble de l'oeuvre, où sont notamment évoqués les diverses préoccupations sociales et architecturales de Pagano, le lien entre son rationalisme dans la conception et ce qu'il appelle "l'architecture courante" ou "? spontanée" (telle qu'il la décrit dans le livre-exposition sur l'architecture rurale), son rapport ondoyant avec le fascisme et avec les architectes officiels du régime (Antonino Saggio, professeur d'architecture à l'Université La Sapienza de Rome). d. La lettre que le grand historien de l'art et de l'architecture (qui fut aussi maire de Rome) Giulio Carlo Argan a écrite sur l'architecte dont il fut l'ami, pour le numéro spécial que lui consacra en 1975 la revue Parametro à l'occasion des trente ans de sa disparition à Mauthausen. e. Un texte tout récent, mi-biographique mi-critique, sur Pagano, qui fait comprendre l'ardeur avec laquelle on peut aujourd'hui se tourner vers cette figure en donnant à saisir la dimension d'engagement qui a parcouru l'ensemble de son existence, de l'irrédentisme se transformant en adhésion aux promesses du fascisme jusqu'à l'antifascisme de combat, à l'emprisonnement et à la mort ; on trouvera aussi dans ces pages des extraits des dernières lettres de Pagano (Alessandro Mauro, professeur d'architecture à l'Université Frédéric II de Naples). f. Enfin, des indications bibliographiques : les ouvrages portant sur Giuseppe Pagano en particulier, son architecture, sa photographie, sa situation politique et intellectuelle, sa figure propre sont très nombreux, tout comme la littérature s'intéressant à l'architecture italienne de la période ? ; il a donc paru préférable de ne pas égarer le lecteur français, et de lui proposer un choix raisonné des ouvrages et des articles les plus féconds permettant, à partir de Pagano comme architecte, comme photographe ou comme directeur de revue, de se faire une idée plus précise non seulement d'une oeuvre et de son auteur, mais de l'atmosphère morale et politique où elle est apparue.
Nombre de pages
232
Date de parution
17/11/2023
Poids
1 126g
Largeur
223mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9791097497576
Titre
Architecture rurale italienne
Auteur
Pagano Giuseppe ; Daniel Guarniero ; Carraud Chris
Editeur
CONFERENCE
Largeur
223
Poids
1126
Date de parution
20231117
Nombre de pages
232,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Financier belge à qui l'on doit de stupéfiants succès boursiers, Jean Rondivilla dirige la société Crystal Finance Belgium. En peu de temps, il voit s'accumuler d'inquiétantes questions. Pourquoi des pirates ont-ils attaqué l'ordinateur de CFB ? Que veut Angy, la séduisante journaliste rousse ? Pourquoi des investisseurs inconnus veulent-ils racheter sa société ? Qui a tenté d'enlever Cippata, la mathématicienne qui vit aux crochets de CFB ? Et que sait vraiment la CIA ? Pour répondre à ces questions, Jean reçoit l'aide d'Hercule et Jane, deux inspecteurs de la brigade financière. Parallèlement, les autorités nationales lui demandent de contrer une offre publique d'achat inamicale sur un joyau de l'industrie belge. Mais comment faire ? C'est mission impossible ! L'équipe de CFB parviendra-t-elle à démêler un écheveau que nul n'avait imaginé ? Giuseppe Pagano est né en 1956 à Charleroi, en Belgique. Il est docteur en sciences économiques appliquées et professeur émérite de l'Université de Mons, où il a enseigné les finances publiques et la politique économique. Il participe régulièrement aux débats économiques et financiers dans les médias écrits et télévisuels. Il est passionné par l'Angleterre et sa littérature, ainsi que par les grands personnages qui ont marqué son histoire, en particulier, Churchill, Turing, Beveridge et Keynes. Il a publié plusieurs ouvrages économiques, dont une Introduction à la pensée de Keynes. Dans son premier roman intitulé Le quatrième tableau, on retrouve ses racines italiennes, son anglophilie et son intérêt pour l'univers imprévisible de la finance internationale.
Financier belge à qui l'on doit de stupéfiants succès boursiers, Jean Rondivilla dirige la société Crystal Finance Belgium. En peu de temps, il voit s'accumuler d'inquiétantes questions. Pourquoi des pirates ont-ils attaqué l'ordinateur de CFB ? Que veut Angy, la séduisante journaliste rousse ? Pourquoi des investisseurs inconnus veulent-ils racheter sa société ? Qui a tenté d'enlever Cippata, la mathématicienne qui vit aux crochets de CFB ? Et que sait vraiment la CIA ? Pour répondre à ces questions, Jean reçoit l'aide d'Hercule et Jane, deux inspecteurs de la brigade financière. Parallèlement, les autorités nationales lui demandent de contrer une offre publique d'achat inamicale sur un joyau de l'industrie belge. Mais comment faire ? C'est mission impossible ! L'équipe de CFB parviendra-t-elle à démêler un écheveau que nul n'avait imaginé ? Giuseppe Pagano est né en 1956 à Charleroi, en Belgique. Il est docteur en sciences économiques appliquées et professeur émérite de l'Université de Mons, où il a enseigné les finances publiques et la politique économique. Il participe régulièrement aux débats économiques et financiers dans les médias écrits et télévisuels. Il est passionné par l'Angleterre et sa littérature, ainsi que par les grands personnages qui ont marqué son histoire, en particulier, Churchill, Turing, Beveridge et Keynes. Il a publié plusieurs ouvrages économiques, dont une Introduction à la pensée de Keynes. Dans son premier roman intitulé Le quatrième tableau, on retrouve ses racines italiennes, son anglophilie et son intérêt pour l'univers imprévisible de la finance internationale.
En 15 chapitres, l'auteur analyse les apports possibles de la pensée keynésienne aux problèmes économiques auxquels l'Union européenne se trouve confrontée. Pour chaque thème abordé, il est d'abord privilégié la vision de Keynes pour ensuite en expliquer les concepts économiques. Ces derniers sont illustrés par d'abondantes statistiques afin d'en tirer des conclusions pour l'Europe.
L'urbanité et les savoirs à l'oeuvre dans la fabrication des villes sont entrés en crise. Ces savoirs agissants - les comportements, les systèmes relationnels, les éléments cardinaux réglant la vie civile, les dispositions physiques des ensembles urbains, et tout ce qui concourt à imprégner d'urbanité et de beauté la vie privée et collective - auraient pu constituer la base d'une réflexion théorique et pratique sur la ville, et, plus généralement, sur la vie associée et la politique, en fournissant des instruments d'orientation à la société humaine soumise au changement de ses conditions historiques. Mais ce travail ne s'est pas fait, de sorte que l'héritage des villes ne suffit pas à servir de guide dans cette mutation générale. Les vestiges des villes historiques résistent, du moins en partie ? : mais la plupart d'entre eux restent muets, ou relégués dans une situation qui les rend incapables de féconder l'avenir. Les villes sont donc exposées à un double front ? : celui, dévastateur, des guerres, et celui, insidieux, de la rente immobilière, qui, par son action sélective, appauvrit peu à peu le potentiel le plus précieux des contextes urbains, qui tient à leur nature de réalités socialement complexes et de laboratoires des règles et des possibilités de la vie en commun. Ville et nature sont deux dons également menacés. Mais alors qu'on a vu s'accroître ces dernières années la conscience de l'importance de la crise climatique et des actions à mener pour la défense de la terre, la question de la défense des villes - posée avec lucidité par Giorgio La Pira dès 1954 - est totalement négligée. La dimension esthétique témoigne elle aussi de cette absence ? : dans un contexte obsédé par la recherche d'un "accomplissement individuel" , la beauté civile s'est dissoute avec l'appauvrissement des cadres relationnels. La réponse ne peut consister qu'à remettre la réalité urbaine au centre : il faut redonner aux villes le sens de l'urbanité, de l'inclusion, et d'une beauté qui interprète et manifeste la fécondité de la vie commune. Terre et ville, qui s'unissaient - et dont Cattaneo avait admirablement décrit les rapports il y a près de deux siècles -, deviennent équivalemment le lieu de la rente et de l'appauvrissement de l'expérience sensible - et de l'appauvrissement tout court d'une majorité de la population. Sans la responsabilité qu'exige la vie commune, il est vain de prétendre remédier aux excès d'un rapport au monde dévoyé.
Une méditation sur le Japon, à partir de la connaissance intime qu'a l'auteur du cinéma en général , du cinéma japonais en particulier, et des lieux du Japon qu'il a maintes fois arpentés et photographiés. Ouvrage relié (impression en foulage thermique), imprimé en deux couleurs sur Vergé 120 gr.4e de couverture : Le cinéma fascine l'auteur dès son enfance dans la Tunis des années cinquante où il découvre la porte monumentale de Rashomon, le film de Kurosawa. À quoi ouvrirait la porte d'entrée qu'est le cinéma, sinon à des interrogations aussi déroutantes que le film lui-même ? Celles-ci mènent l'auteur de Tunis à Paris, en Nouvelle-Calédonie, au Japon enfin, étrange et secret, à la poursuite de ce visage que le cinéma cherche dans les choses du monde. « Vous dites que vous ne comprenez rien à ce scénario, mais c'est le c'ur humain lui-même qui reste incompréhensible », disait Kurosawa à ses collaborateurs. On arpente les images des lieux et les lieux des images dans les pas de Giacometti peignant le visage de Yanaihara, dans ceux d'Ozu rédigeant ses Carnets au plus près du rien qui l'attire : « Une notation peut paraître banale, en première lecture. Mais elle est reprise plus loin, répétée comme un rituel (?riz avec saumon au thé vert?) ; elle rebondit, caillou lancé sur l'eau, creuse son sillon. Parfois, s'enfonce très profond. Le texte, alors, écrit son auteur plutôt qu'il n'est écrit par lui. » Le Japon est le modèle de l'archipel des images. Ce n'est pas l'auteur qu'on y retrouve mais, par lui qui s'efface, d'autres auteurs, des lieux, des secrets, une douceur suspensive et rêveuse où s?étire l'ombre des questions.Table des matières : Table des matières Le blunt 7 « Interminablement, la pluie? » 9 I. Une approche, en archipel Giacometti et le visage de Yanaihara 17 Shohei Imamura dans la « demi-lune » 27 Le partage des mots 35 L'appel des noms 39 Chien d'aveugle 47 Flottement de la langue 53 II. L?éclat du quotidien Le salut, le regard 59 La petite fille aux chaussures rouges 61 S'orienter 65 Tokyo ? Kyoto, 2017 69 Remonter la Sumida 71 Faire revenir le jour 77 Printemps et cerisiers 93 Le jardin-miroir et le carré découpé 97 III. Vers un espace cosmique Sommeil/Éveil 105 Les pas japonais 107 L'onnagata Tamasaburô Bandô 119 La chapelle du vent 129 La danse d'Ame-no-Uzume-no-mikoto 133 Tokyo ? Ginza Six 147 Le rire des « huit millions de Kami » 151
Le recueil de Jean-Claude Thiriet procède d'une longue attention et d'une longue patience : l'histoire familiale, en effet, est d'abord dominée par l'expérience décisive de la Grande Guerre, dont ces pages se veulent le journal minutieux et précis d'un moment, initial, qui va du 31 juillet au 1er octobre 1914. Elles sont prêtées au grand-oncle de l'auteur, Raymond Grizou (1892-1968), entendant ainsi ne pas quitter le plan de la réalité, qui leur donne leur centre de gravité. Raymond Grizou était un vigneron, militant socialiste depuis son plus jeune âge et ardent défenseur de la cave coopérative locale, celle de Saint-Laurent de la Cabrerisse, dans les Corbières, ouverte en 1914, et du mouvement coopératif en général (on percevra dans ces pages le ton particulier d'humanité et le sentiment immédiat d'une communauté de vie). L?épopée personnelle de Raymond Grizou, après trois ans de service essentiellement effectué en Tunisie, débit à Charleroi en aout 1914 et se termine en occupation en Allemagne en 1919 ; il aura passé huit ans sous l'uniforme. Il est difficile de ne pas lire d'une traite ce journal des premières semaines de « sa » Grande Guerre, avec le recueillement dans la profondeur de tout ce qui y est exprimé. Chaque journée fait l'objet d'un texte ; les personnages qui y apparaissent sont des soldats ou des officiers de son régiment et sont nommément cités. Lecture captivée par cette réalité que caresse une voix intérieure « récitant » ce qui se voit, s'entend, se sent et se devine, mêlée aussi de souvenirs et de rêveries. Et parlant de la beauté du monde, de la lumière et de la nuit, dans une sorte, parfois, de balbutiement sous l'effet de l'horreur que la guerre introduit dans cette beauté comme un coin qui la fait éclater. On passe admirablement du plus grand au plus petit (ciels, forêts, rivières, nuages? contre : ?il, prénom, blessure, rambarde? « des yeux ouverts sur des ronciers, / fleurs, / fruits, /épines »). De même de l?étrange circulation d'eau (rivières, canaux, rails brillants?) qui court dans ce poème sous un ciel constellé de nuées, de fumées, piqueté d'oiseaux et de biplans. De même encore de la course éperdue de ce brancardier, soldat sans fusil, penché sur des blessures et des images tout intérieures de mains de femme? Et il va de soi que si l'on est particulièrement sensible à cette guerre et à ses souvenirs (ce qui est par bonheur assez répandu dans ce pays), on appréciera le « sens général », pour ainsi dire, la dimension de sens qu'a la dévotion-commémoration, et jusqu?à cette liste de noms à la fin, comme on passe à la Toussaint dans nos petits cimetières devant les tombes de ces hommes morts pour la patrie, et l'on a alors le c'ur qui se serre en lisant leur jeune âge sur la pierre? L?équilibre, ici, de la fiction et de l'hommage, de la rêverie et de la réalité, redonne à la poésie sa dimension la plus poignante : école du regard, du c'ur et de l'e4e de couverture : La Grande Guerre a puissamment marqué l'histoire familiale de l'auteur ; ces pages se veulent le journal minutieux et précis de son moment initial, du 31 juillet au 1er octobre 1914. Elles sont prêtées à un grand-oncle, Raymond Grizou (1892-1968), afin de ne pas quitter le plan de la réalité vécue. Grizou était un vigneron des Corbières, militant socialiste depuis son plus jeune âge et ardent défenseur du mouvement coopératif : on percevra dans ces pages un ton particulier d'humanité et le sentiment immédiat d'une communauté de vie. Il est difficile de ne pas lire d'une traite ce journal des premières semaines de « sa » Grande Guerre, avec le recueillement appelé par la profondeur de l'expérience traversée. Chaque journée fait l'objet d'un texte ; les personnages qu'on y rencontre sont des soldats ou des officiers de son régiment et sont nommément cités. Lecture captivée par cette réalité en bataille que caresse le récitatif d'une voix intérieure évoquant ce qui se voit, s'entend et se devine, mêlée aussi de souvenirs et de rêveries. Et parlant de la beauté du monde, de la lumière et de la nuit, dans une sorte, parfois, de balbutiement imposé par l'horreur de la guerre, comme un coin qui fait éclater l'innocence des choses. L?équilibre, ici, de la fiction et de l'hommage, de la rêverie et de la réalité, redonne à la poésie sa dimension la plus poignante : école du regard, du c'ur et de l'esprit, égrenant toutes les leçons de l'expérience terrible et acceptée.
En plaçant ses pages sous le signe d'un «?pain d?épices?» délibérément dédié au Proust de la madeleine, l'auteur établit avec son lecteur une sorte de conversation sur un mode à la fois savoureux et profond, grave et badin. Ce récit où l'histoire est d'abord un rapport au monde est écrit dans une langue absolument fluide (et parfaitement imagée parfois) où l'apparente simplicité ne se refuse ni à l'humour ni à la pensée, et surtout pas à la tendresse. Et en effet on est plein d'affection pour toute cette parentèle qui défile sous nos yeux, pour les villages qu'elle fréquente, les fermes ou maisons qu'elle habite, les patois qu'elle parle, la cuisine qu'elle concocte, et pour les m'urs qu'elle transmet de génération en génération. On est touché par la délicatesse et l'intelligence avec laquelle l'auteur explore ces sortes de frontières que forment ville et campagne, instruit et non-instruit, homme et femme, français et patois, religion et superstition? touché aussi par la délicatesse et l'intelligence avec laquelle il en montre les porosités, et, plus que tout, par ce regard d'enfance qu'il introduit partout pour lever des mystères (ou bien les épaissir encore??) : ceux du passé, ceux de nos souvenirs, ceux de l?étrange travail qu'opère notre mémoire...4e de couverture : En plaçant ses pages sous le signe d'un «?pain d?épices?» délibérément dédié au Proust de la madeleine, l'auteur établit avec son lecteur une sorte de conversation sur un mode à la fois savoureux et profond, grave et badin. Ce récit où l'histoire est d'abord un rapport au monde est écrit dans une langue absolument fluide (et parfaitement imagée parfois) où l'apparente simplicité ne se refuse ni à l'humour ni à la pensée, et surtout pas à la tendresse. Et en effet on est plein d'affection pour toute cette parentèle qui défile sous nos yeux, pour les villages qu'elle fréquente, les fermes ou maisons qu'elle habite, les patois qu'elle parle, la cuisine qu'elle concocte, et pour les m'urs qu'elle transmet de génération en génération. On est touché par la délicatesse et l'intelligence avec laquelle l'auteur explore ces sortes de frontières que forment ville et campagne, instruit et non-instruit, homme et femme, français et patois, religion et superstition? touché aussi par la délicatesse et l'intelligence avec laquelle il en montre les porosités, et, plus que tout, par ce regard d'enfance qu'il introduit partout pour lever des mystères (ou bien les épaissir encore??) : ceux du passé, ceux de nos souvenirs, ceux de l?étrange travail qu'opère notre mémoire...